27/05/2009

Urgent- Cherche un job !



CurricuJésus.jpglum vitae

 

Nom : Jésus fils de Joseph et de Marie
Né :  - 8 ans 
Lieu : Bethlehem
Contact : télépathie


Mon objectif de carrière Améliorer le Monde


Ecole
Fréquentation des docteurs en sagesse dans le temple
de Jérusalem
Expériences professionnelles
Miracles et Guérisons
L’eau changée en vin – Délivrance d’un démoniaque –
Guérison du fils d’un officier du roi – Guérison de l’infirme de Béthesda – Guérison d’un lépreux – Une pêche miraculeuse – Résurrection du fils d’une veuve – Résurrection de Lazare – Délivrance d’un enfant démoniaque suicidaire – Apaiser une tempête – Guérison d’un paralytique – Nourrir 5 000 hommes, etc.

An 22 – Plusieurs mois à écouter des discussions au temple
et visiter des écoles de rabbins
AN 23 – Tour de la Méditerranée – Séjour à Rome de 6
mois
An 24 – Préparation de la caravane en vue de départ pour
Damas à dos de chameau.
An 25 – Retour à Jérusalem

Langues parlées :
Araméen (langue maternelle)
Hébreu (parlé et écrit)
Grec (notions)
Latin (notions)

Moyens de transport :
Ane, barque de pêcheur, chameau
Loisirs
Voyager, lire, discuter de spiritualité et de philosophie
Libre de suite

Si Jésus devait se présenter pour un emploi, il serait refusé d’emblée. Cheveux longs, type trop arabe, trop de trous dans le CV, bouge trop souvent. Il finirait chômeur  ou à l’assistance publique.

copyright Publibook.fr

 

Trou dans le CV ou Vue sur la mer

http://www.publibook.com/boutique2006/detail-4506-PB.html

21:54 Publié dans Solidarité | Tags : chômage, trou dans le cv | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

A chacun son tsunami- Le retour à Genève ou la troisième vague

images.jpg

A l’aéroport de Colombo de nombreuses photos sont épinglées par des familles de touristes disparus. Un couple de parents âgés vient d’arriver de France, probablement pour chercher leur enfant ou petit-enfant, on remarque qu’ils n’avaient jamais certainement voyagé aussi loin. Ils parlent à peine l’Anglais. Ils ont déjà l’air totalement perdu. Je les plains en me demandant ce qu’ils vont découvrir précisément, peut-être le savent-ils déjà.

Dans l’avion qui nous ramène en Suisse via la France, des sapeurs pompiers,  une quinzaine voyagent avec nous. Ils sont épuisés. De leur carrière, ils n’avaient jamais vu cela.  Ils sont intervenus près de Trincomalee dans le nord est du Sri Lanka, ils ont assisté des gens d’un village qui avait reçu de plein fouet une vague haute de 12 mètres. Une femme sapeuse-pompier compare cela à un immeuble qui se serait effondré sur le village, plus de la moité des gens sont morts, faisant du coup  un nombre incroyable d’orphelins,  de nombreuses autres personnes sont  blessése au niveau des hanches et des jambes surtout.

Fermer les oreilles, les yeux, je ne veux plus rien entendre, plus rien savoir …… C’en est  trop, trop de tout.

Le retour sera pour nous comme une  troisième vague. Après le 26 décembre , les gens ont surconsommé  des images d’horreur, spectaculaires. Je suis surprise de constater combien nous avons été plus réactifs qu'eux en rapport à ce qui nous est arrivé. A Genève, les personnes que je croise et qui nous regardent un peu comme des bêtes de cirque et qui nous  interrogent sans égards  ont l’air plus marquées que nous autres qui pourtant avions vécu ce drame au Sri Lanka. Ils ont subi l’évènement, nous l’avons affronté :  en cela résidait toute la différence.

Après quelques jours, nous finissons par être fatigués de répondre aux mêmes questions, répétitives, les enfants aussi montrent des signes d'agacement, un grand sentiment de lassitude nous envahit, un rien m’épuise. Je me couche tôt, je dors mal.

Chacun reprend ses activités, école, travail. Mais cette sensation de flottement ne me lâche plus tout à fait, une distance légère,  la vie se déroule   à travers l'écume des vagues, une impression de flotter, un peu cotonneuse pas tout à fait inconfortable. Les nuits sont remplies de mêmes cauchemars:  courir, se perdre , ne plus savoir où sont les  enfants tandis que l’Océan nous fonce dessus.

Quatre mois de ce sentiment étrange, puis un à mon tout grand étonnement, de la façon la plus inattendue comme ces choses-là arrivent, un jour surprise ! Un tsunami de type inattendu, sentimental celui-là  !  Je croise un homme que je connaissais mais de très loin, néanmoins  sa sensibilité et son intelligence ne m'avaient pas échappées, il passe devant moi, je suis en grande discussion avec quelqu'un d'autre, je souris tout en parlant.  Lui est entouré de gens, je regarde distraite ce groupe avancer, arrivé à ma hauteur, mon regard s'accroche au sien, velours brun, je plonge délicieusement dans  ses yeux; tangue, bouleversée. Et voilà que la vie vient me chercher, si délicieuse, elle  se met à courir avec passion dans mes veines, l'émotion me submerge, le coeur bat la chamade, sacré atterrissage .  Quel beau retour à la vie !

FIN


Epilogue : par la suite, nous lancerons une association d'aide au micro-crédit Tangage et je retournerai deux fois dans ce cadre au Sri-Lanka. Nos amis ont participé financièrement à la réalisation de petits projets qui avaient pour but de racheter les outils de travail:  filets de pêche, bateaux, tuk-tuk, machines à coudre...etc

10:24 Publié dans Voyages | Tags : sri lanka, tsunami | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

26/05/2009

A chacun son tsunami - Parents, amis, connaissances, la folle angoisse

 

images.jpg

A peine trois heures après le tsunami, les appels nous proviennent de nos parents inquiets. Il est très tôt en Europe le décalage est d'environ  - 5h 30. A l'aube,  ma mère  tôt levée venait d'entendre une information stupéfiante à la radio, elle m'envoie aussitôt un sms auquel je réponds deux heures plus tard en la rappelant, puis elle prévient aussitôt ma grand-mère qui avait aussi entendu parler d'un truc qui porte un "nom compliqué japonais" dans la région où nous nous trouvions. En réalité, c'est de la Suisse que je devais apprendre le drame qui s'était produit en Asie du Sud Est, nous n'avions pas encore réalisé l'ampleur des dégâts et des conséquences du tsunami, même pas au niveau du Sri Lanka. On pensait, que seul le sud du Sri Lanka, là où nous nous trouvions, était touché par la vague. Quel choc devant l'étendue des dégâts à une telle échelle !

 

Nous étions sur la route pour Kandi lorsque je parviens à joindre ma mère sur mon portable en zone à faible réseau, lorsqu'elle entendit ma voix, j'ai senti un long silence dû au soulagement de m'avoir au bout du fil. Je lui ai expliqué brièvement que nous avions réchappés et que nous étions saufs. Puis, les parents, amis,  gens ne se contentaient pas de savoir que vous alliez bien, ils voulaient véritablement vous avoir au bout du fil et entendre votre voix et s'assurer  que c'était bien vous.

A partir de ce jour, les portables ne cesseront de  sonner,  jour et nuit,  chez tous les touristes tout au long de la journée. Parents, amis, collègues de bureau, enseignants d'enfants . Nous passions notre journée à rassurer tout le monde et expliquer le déroulement des choses. Le soir même arrivée à l'hôtel, je voyai une allemande qui ne pouvait pas répondre au téléphone sans éclater en sanglots et sa famille assurément la rappelait des dizaines de fois jusqu'à ce qu'elle puisse enfin se reprendre et raconter ce qui s'était réellement passé.

Les espaces internet étaient pris d'assaut, la ville de Kandi était submergée d'arrivée de touristes inattendus et qui avaient fui les côtes sinistrées. Dans les réceptions d'hôtel c'était une agitation sans précédent. Bien évidemment les gens n'avaient pas réservé, les chambres étaient prises d'assaut.  Dans tous les hall,  la télévision donnait des images en continu du tsunami, si bien qu'épuisés par cette ambiance surmédiatisée, le  stress des sonneries de portable, de gens qui pleurent, qui parlent fort,  nous avions opté pour louer une maisonnette en attendant de savoir ce qu'il fallait faire. La maison d'une artiste peintre, par bonheur.

L'aéroport de Colombo se transformait en hôpital de personnes à rapatrier, les Autrichiens  mettaient à disposition gratuit un avion pour aider les gens à quitter le pays et nous, on ne savait plus trop s'il était préférable de rester ou  de partir. On optera pour la deuxième solution, laisser partir ceux qui étaient blessés d'abord.

Dans la journée, la France parvenait à envoyer le numéro vert à contacter au Sri  Lanka  sur tous les portables français de ses ressortissants français. Nous étions impressionnés par la rapidité d'action. Les Français et d'autres pays européens faisaient afficher sur les devantures de lieux internet des informations concernant leurs ressortissants. Quant à la Suisse vous oubliez, inexistante.  Calmy Rey me répondra par la suite que la Suisse ne pouvait  pas intervenir sur le modèle français en raison de la loi plus restrictive sur la protection des données.

Dès les premiers jours  dans Kandi, tous les lieux publics, banques, commerces, écoles affichaient la photo de leurs morts avec l'annonce de leur  disparition. Pas un endroit n'avait son ou ses morts;  la ville entière se transformait en cimetière, les vacances scolaires y étaient pour beaucoup, tant de gens étaient partis sur la côte  et qui n'en reviendraient jamais ……………………………………..……….……..

17:15 Publié dans Voyages | Tags : sri lanka | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

A chacun son tsunami - Passer par le conduit de la cheminée

images.jpg

Elle s'appelle Ishanka, c'est un minuscule bout de femme qui est assise sur un lit  dans une pièce très simple. Elle m'a carrément entraînée chez elle de force pour m'offrir à boire. Ses trois enfants sont assis dans  un vieux canapé en face de nous, ils sont figés, pas un trait sur leur visage froid et impassible. Je suis étonnée de les voir si "retirés."  Ils écoutent leur mère raconter pour la  énième fois son histoire de tsunami. Elle vient de Galle, la vague est arrivée en trombes  dans leur demeure,  les enfants se sont enfuis en sachant qu'ils avaient laissé leur mère derrière eux  tandis que l'eau s'engouffrait dans leur maison dans un fracas terrible. Elle se réfugie dans la cheminée très large et se retrouve portée en haut du conduit   et elle redescend avec le retrait  de la vague. Les enfants terrifiés et croyant leur mère morte, la voient sortir indemne de chez eux. Sur un ton hystérique, elle décrit cette scène qui me paraît surréaliste tandis que je constate avec efffroi que les enfants sont atrocement atteints et choqués.

Il bégaie depuis le tsunami et se plaint "Maintenant ma femme me déteste, elle dit que nos deux enfants sont morts noyés par ma faute." Il avait décidé de rester quelques jours chez ses parents qui vivaient au bord de l'Océan à Galle , elle n'y tenait pas particulièrement, il a insisté, elle a cédé. Le tsunami les emportera,  ses parents et ses enfants. La femme le lui reproche tous les jours :"Je ne voulais pas, c'est toi qui as insisté"

Des scène de ce type par milliers, avec à  chaque fois un individu touché et choqué, chacun a vécu son "évènement traumatisant". Beaucoup de personnes âgées mourront de crise cardiaque peu de temps après le tsunami, aphasie, bégaiement, apathie complète, dépression, alcoolisme, toutes la gamme des maux qui sont des manifestations du choc post-traumatique. Et tous les dégâts collatéraux qui découleront de cette tragédie.

Pourquoi raconter encore cela direz-vous ?  Pour la simple raison qu'il y a encore beaucoup à dire, aujourd'hui, loin de la surmédiatisation et autant de leçons à retenir sur ce qui s'est produit.

 

07:25 Publié dans Voyages | Tags : tsunami, sri lanka | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/05/2009

A chacun son tsunami - La nature est-elle si cruelle ou sommes-nous si dénaturés ?

 

images.jpg

La première nuit après le tsunami fut très  mouvementée. On s'endort épuisé et moins d'une heure après on a les yeux grands ouverts. Au moment de se coucher ma fille se met à pleurer, elle se souvient avoir laissé sa poupée dans le bungalow. Elle sanglote en se lamentant :" j'ai laissé ma poupée se noyer, je suis une mauvaise maman" et à nous de la convaincre et de lui démontrer qu'on l'avait  seulement oubliée dans la précipitation du départ mais qu'elle sera assurément adoptée par une enfant sri lankaise qui sera très heureuse de s'en occuper de sa poupée "Vanessa"

 

Au milieu de la nuit je réfléchis et m'interroge :  la  nature peut-elle tuer autant de personnes sans prévenir ?  Je passe tout en revue et admets qu'il y avait de forts signes avant-coureurs de tsunami,  mais en ce qui me concerne je n'étais pas apte à mettre un nom sur ce qui se produisait. J'ai identifié les maux sans pouvoir poser de diagnostic, mais n'importe quel scientifique qui aurait repéré les signes de  la veille déjà entre 15h30 et 17h30 aurait pu décrire exactement ce qui se passait et dire quelle était la cause précise des manifestations visibles :  à savoir un tremblement de terre sous-marin.

 

Le 25 décembre entre  15h30 et 17h30 , c'est-à-dire  le jour d'avant, j'était assise sur la plage de Tangalle, entrain de laisser tranquillement le sable glisser entre mes doigts. . Un bruit  étrange sous moi qui m'a étonnée. Mais j'étais à peine sûre de l'avoir senti. Normalement une horde de 4 ou 5 chiens couleur sable se baladaient ensemble, ils se sont enfuis peu de temps après ce boum souterrain, et un seul qui est resté s'est mis à pousser des hurlements pareil à un loup.

Finalement, les filles  jouaient  à plonger dans les vagues en compagnie d'une sage-femme française venue au Sri Lanka en voyage de noces. Pas très finaude à ce jeu de cache-cache avec les vagues en général, lorsque je me baignai je  les surveillai de très près   et étudiai le moment précis de plonger profondément  sous la vague pour repasser de l'autre côté . Mais ce jour-là impossible, elles étaient secouées, brisées, cassées comme de l'eau dans un verre qu'on secouerait fortement. Je suis immédiatement sortie de l'eau, puis  ensuite un homme s'est mis à dériver avec son surf sur lequel il était couché.

 

A partir de ce moment, je suis restée debout à surveiller les baigneuses et très inquiète je leur ai dit de sortir de l'eau, à la sage-femme également.  Vous sortez de l'eau immédiatement ! Elles étaient surprises, mais je leur ai dit " vous ne voyez pas que l'Océan est bizarre aujourd'hui."

 

Certes, la théorie du complot on la connaît tous, mais je puis affirmer qu'avec une bonne communication ad hoc, on aurait épargné des milliers de vie et que les phénomènes nombreux sont apparus bien avant. Ose-t-on le dire ? Si oui, on sera obligé de constater le déficit d'information et l'incapacité à réagir rapidement et qui aurait épargné tant de souffrances .

 

Je confirme persiste et signe que la veille nous avions déjà des signes anticipateurs du désastre.

 

16:39 Publié dans Voyages | Tags : tsunami | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

A chacun son tsunami- Les deux roseaux de Tangalle

 

images.jpg

Ils sont assis côte à côte, ils forment un couple, ils mesurent environ 1m95 et 1m97 et me font penser à deux roseaux fragilisés par la tempête. Ils habitent dans un village au Sud de Tangalle, le Français est longiligne et très souriant, l'Allemand, costumier de décors de films,  tout aussi mince a un beau visage harmonieux mais sérieux. Dès les premières minutes, ils me racontent l'horreur du tsunami. Tandis que le Français parle, l'Allemand reste silencieux mais suit intensément ce que dit son ami. Le Français, peintre, raconte avoir à peine entamé sa tartine lorsqu'il voit la vague arriver. Ils s'enfuient et se réfugient dans une maison en construction plus loin, ils sont restés là , recroquevillés , toute la journée à trembler de peur. Le Français se penche vers moi, avec une grande pudeur de sentiments je deviens le réceptacle de ses émotions, je l'écoute en hochant la tête entièrement concentrée sur ce qu'il me raconte. Parfois, il interrompt son récit, il inspire longuement, la gorge serrée, il est gêné de me balancer tout son flot de craintes, de peurs, sa voix tremble légèrement,  je me penche encore davantage vers lui et j'acquiesce et l'encourage à continuer :"Je ressens exactement ce que vous me dites ! Continuez ..." Il soupire puis lâche "ça m'a fait du bien de vous parler, on sent que vous comprenez ce que je vous raconte !"- Oh ! oui, bien sûr que je le comprends et ô combien " je le sais aussi bien que lui pour l'avoir vécu, ce manque d'écoute attentive, cet instant où les interlocuteurs veulent coller à tout prix votre récit aux images qu'ils ont vues en boucle et qui du reste étaient loin de la réalité parce qu'entièrement et uniquement mortifères.

En réalité, au coeur du drame les gens s'entr'aidaient, se tenaient par la main, par les épaules, se consolaient. Quelques heures après le tsunami, le pays tout entier s'organisait pour envoyer des vivres, des médicaments. Les étudiants de fac de médecine de première année,  dès le lendemain,  avaient improvisé des stands, les plus avancés foncaient vers le Sud prêter main forte. De longues files d'attente se créaient devant les pharmacies où tout le monde achetait des médicaments de première urgence pour les collectes. J'ai même vu un mendiant cul-de-jatte faire la queue pour acheter du désinfectant pour contribuer lui aussi à sa manière avec les quelques pièces qu'il avait réussi à mendier. Nous étions dans une dynamique plus saine et plus constructive que le téléspectateur qui engloutissait les images au kilomètre de façon morbide jusqu'à l'écoeurement, passif, lui-même victime d'une surmédiatisation d'images-chocs qui finissaient par créer une apathie émotionnelle encore plus grande que ceux qui avaient vécu la tragédie en question.

Chacun  racontait avec une telle urgence, avec un tel  besoin irrésistible de se libérer  ce qu'il avait vécu sans pouvoir même avoir la force d'écouter l'autre, sans entendre le vécu de chacun si différent par rapport à  ce qui s'était produit.  Il y a eu autant de réactions différentes pour un seul événement. Chacun réagissait en fonction de son vécu, de son passé, de sa capacité de résistance émotionnelle, psychologique, de son histoire, de sa capacité à survivre.

Il y a eu autant de tsunamis que d'individus touchés par le drame.

 

Durant 3 jours, il leur a été  impossible de contacter leurs proches et ceci en raison d'un problème de réseau. Leurs parents quant à eux appelaient partout craignant le pire. Ils ne rentreront à Paris qu' un mois plus tard. Le Français a perdu depuis 10 kg - il est maigre- l'Allemand  admet avoir aussi pendant des mois fait des cauchemars. Puis de retour de France, il faut en sus confronter l’incompréhension, expliquer le choc,  personne ne peut vraiment partager avec eux ce qu'ils ont vécu.  Ils y renoncent et même décident alors de fuir les images atroces qui défileront pendant des semaines.
Plus tard, lors d'une nouvelle alerte au tsunami annoncée à la TV française, ils se trouvaient être alors au 5 ème étage d'un immeuble à Montmarte, instinctivement ils ont regardé par la fenêtre pour voir si l'eau ne montait pas jusque vers eux.

09:59 Publié dans Genève | Tags : sri lanka, tsunami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/05/2009

A chacun son tsunami - Une grand-mère sauvée par ses petits-enfants

 

unawatuna-beach_xm.jpg

A Unawatuna située au Sud de Galle ,  Dan un Zürichois vivant entre la Suisse et le Sri Lanka  me raconte son tsunami. Il était sur la terrasse lorsqu'il a vu l'eau arriver dans leur jardin qui ne donne pas directement sur l'Océan. Il court, réunit les 16 personnes  qui vivent dans leur guesthouse  -  une magnifique demeure coloniale - et dont la plupart sont des touristes. Ils  se réfugient tous sur la colline.

Pendant ce temps, l'eau monte inexorablement, charrie des frigos, des tables, des portes, même un générateur de 200 kg au bas mot. Une grand-mère n'arrive pas à les suivre dans leur course effrénée, ses petits-enfants l'attendent. Elle reste paralysée de peur sur un pont qui commence aussi à être submergé d'eau, les petits-enfants,  deux garçons et une fille qui doivent avoir entre 8 et 12 ans , sont décidés à ne  pas abandonner la grand-mère qui leur commande de partir.  Ils refusent d’obtempérer et s’accroche à elle pour la décider de quitter le pont auquel elle s’agrippe désespérement. Dan rebrousse chemin, enlève sa chemise et plonge, il attrappe une table et les invite à s'y accrocher. Les petits-enfants arrivent à persuader leur grand-mère qui ne sait pas nager d'entrer dans l'eau et de s'accrocher à la table que leur tend Dan. Il réussira à les  emmener  de l'autre côte de la rive.
Ils passeront la nuit sur la colline avec  300 autres personnes. Sans eau, sans nourriture, des hélicoptères passent au-dessus de leur tête. Ils font des signes désespérés pour demander des vivres, rien. Les hélicoptères  s'éloignent dans un bruit assourdissant.
Le lendemain, après une nuit à dormir dehors, bouffés par les moustiques, ils redescendent et découvrent avec stupeur une vision dantesque. La maison est détruite, les meubles balayés. A ce choc, vient s'ajouter celui des vols, leur meilleur employé a fracturé le coffre, ce sont des collègues qui l’ont vu faire tandis que l’eau entrait dans la pièce.

Un  vieux monsieur qui est tour à tour, portier, gardien de nuit, jardinier, bénisseur,  sa tâche consiste aussi à bénir les lieux le soir, à l'aide  un encensoir, il parcourt les pièces et les bénit en  murmurant des prières supposées vous protéger et protéger l'endroit. Ce petit monsieur de 1m50 portait un uniforme de capitaine de bateau tout blanc à épaulettes jaunes et une casquette à visière jaune également. Toujours sur le pont, en l'occurrence la terrasse de la guesthouse,  à aller et venir, aux aguets, il  déambulait  fièrement dans  son costume. Il est choqué et n’a pas encore réalisé  que ses deux uniformes de capitaine sont partis emportés par le tsunami. Il est dégoûté de voir que l'Océan ne respecte rien ni personne, même pas les galons de son uniforme, symboles de force et de pouvoir.

08:43 Publié dans Voyages | Tags : tsunami, sri lanka | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

23/05/2009

A chacun son tsunami - Le train fantôme d'Hikkaduwa


train01.jpgLe soir après des heures de route, on  arrivait enfin  à Kandi.  A l’hôtel, on tomba nez-à-nez avec  des touristes belges qui se trouvaient être dans la même résidence que nous,  à Palm Paradise. Ils nous tombèrent dans les bras, soulagés de nous voir tous présents. Eux-mêmes qui étaient partis tôt ce matin-là avaient plongé, à Hikkaduwa, ville au bord de l'Océan,  hors des fenêtres du train*  en marche qui les menait à Colombo et qui fut frappé par la vague mortelle, faisant  mille cinq cents morts d’un coup. On imagine aisément l'horreur, le train se trouvait être à moins de cinq  mètres de la mer. Nous paraissions tous être dans un état d’excitation étrange, surréel. Nous nous serrions dans les bras, émus, en silence comme des frères, alors que nous étions jusque là quasiment que des inconnus,  les uns pour les autres .

Les premières images que je vis à la télévision et qui par la suite tourneront en boucle pendant des semaines et qui me firent découvrir l'étendue des dégâts dans une bonne partie de l'Asie du Sud Est,   me faisaient  frémir et surtout avoir cette impression si étrange après avoir entendu le nombre de morts, impression qui consistait à n'avoir pas survécu à une telle catastrophe, je m'imaginai encore être vivante alors que j'étais certainement morte............ je me pincai pour être  sûre de n'être pas noyée, cette sensation de ne plus être de ce monde  restera pendant des semaines. Quel doute affreux !


*LE TRAIN FANTÔME D'HIKKADUWA

Ce qu'il adviendra de ce train par la suite
Il est resté là durant des mois, les vitres brisées, tout rouillé au milieu d'un camp de réfugiés, victimes du tsunami. La vie , ma foi, reprenant son bonhomme de chemin, et la curiosité aidant, Sri lankais et touristes s'arrêtaient voir ce train fantôme. Une espèce de musée s'est organisé naturellement et spontanément avec ticket d'entrée, visite, parking et buvette le tout improvisé par les gens du camp.

Les autorités d'Hikkaduwa ont décidé que c'était manqué de décence que de transformer ce train en site touristique incontournable sur la route menant vers le sud. Donc, ils l' ont déplacé,  malgré la farouche résistance des guides improvisés et l'ont stationné sur une plate-forme de la gare d'Hikkaduwa.

Je racontai ceci à un Sri Lankais à Colombo et nous faisions  un parallèle avec Pompéi, site touristique où on paie pour voir  des gens figés par la lave rattrapés dans leur course folle par cette rivière de feu.
Conclusion :  ceci n'est   que question de temps.

11:40 Publié dans Voyages | Tags : sri lanka, tsunami, hikkaduwa, train fantôme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

A chacun son tsunami- Tristesse et désolation

DSCF0014.JPG

S’enfuir vers  les hauteurs le plus vite possible, tandis que nous laissons derrière nous des hurlements de terreur, des craquements épouvantables. Comme un seule personne,  nous nous enfuyons vers la sortie de la résidence située en haut d’une pente, loin de la mer. Le gardien  n’a encore rien vu, seuls les cris  des gens paniqués lui parviennent. On lui ordonne d’ouvrir le portail lourd en fer de l’entrée, il hésite, surpris  de  nous voir fuir ainsi. Puis effaré, il quitte son poste et court voir ce qui se passe.

Je supplie mes enfants de grimper le plus vite possible vers le haut du chemin, loin de l'Océan,  et de m'attendre dans un restaurant qu'elles connaissaient pour y avoir mangé des pizzas,  à l'angle du chemin qui donne sur la route. La petite est agrippée  à sa soeur qui  la tient sur ses hanches, l'enfant pleure, elle a peur.  Je reviens vers les bungalows, tout  le monde  court dans tous les sens. Les femmes, des touristes, sautent par la fenêtre  avec leurs enfants dans les bras, elles sont pour certaines nues, elles errent sans trop savoir où aller. Les Srilankais hésitent quelques secondes, ils sont timides de devoir confronter cette nudité, finalement ils s'élancent dans les bungalows et aident les gens à en sortir.


Cinq minutes après, nous  retournions sur les lieux  chercher nos affaires. Mais on ne savait plus où les emmener, le chauffeur paniqué est parti rejoindre sa famille dans la ville proche. La mer s’était entretemps retirée mais plus que de coutume, laissant une plage incroyablement dévastée, des bungalows explosés, des milliers d’objets flottaient au loin. Des tables, des toits en tôle, des cases, des troncs d’arbres. A ce moment-là, nous n'avions pas encore compris que des milliers de gens étaient morts, emportés par l'eau ou frappés ou écrasés par des objets qui s'étaient effondrés sur eux:  arbres, maison, tôle, murs.

Entre les bungalows,  des  hommes et des femmes errent, fantômatiques, évanescents. D'autres, sur la plage essayent de récupérer leurs quelques biens. Nous les aidons tant bien que mal. Un Anglais assis sur un tronc, plaisantait la voix mal assurée. Sa femme à ses côtés tenait en tremblant leur enfant, un petit rouquin d’un an environ. Et il nous racontait ce qu'il s'était dit en voyant l'eau monter dans sa chambre “Eh John ! tu ferais mieux d’arrêter de fumer des joints, lorsque j'ai vu l'eau entrer jusqu’au plafond !”  Il dit tout cela sur un ton pince-sans -rire. Je ne puis m’empêcher de rire, d’un rire nerveux.  Un Australien, nous dit que certains parlent d'un tremblement de terre en Indonésie, on ne sait pas très bien , voire pas du tout ce qui s'est produit. Mais quel spectacle lugubre cet Océan qui charrie des tonnes d'objets que l'eau a arrachés, happés, engloutis. Tout flotte pêle-mêle avec des corps certainement parmi les objets, mais impossible d'identifier quoi que ce soit.  Des centaines de bateau du port de Tangalle ont été drainés vers le large lorsque la mer s'est retirée.

On se regroupe un peu, presque collés les uns aux autres comme pour prévenir, tous ensemble un nouveau malheur. Un gars, tout essouflé, nous annonce qu’il y a déjà de nombreux morts à Tangalle, la grande ville, la plus proche, des corps flottent dans la ville.    Je constate qu’il n’y a plus de barrières entre les gens. Nous sommes plusieurs assis sur ce tronc, au bord de l’Océan,  les uns contre les autres à reprendre notre souffle et faire les premiers commentaires, à confronter nos informations. Le réceptionniste surpris dans son sommeil porte un boxer très large à fleurs, il photographie les dégâts. Nous sommes tous là, tandis que la vague se prépare à revenir, mais nous l’ignorons encore.

Deux jeunes français âgés d’environ 22 ans  sont en état de choc. Dans un geste d’automates, ils plient et replient leur tente. La jeune fille au visage poupin est très pâle, elle tremble,  elle ne cesse de répéter qu’elle n’a plus d’argent, plus de passeport, plus rien. Je la prends dans mes bras et la réconforte en la berçant :"Allez mon petit, tu es en vie et c'est le principal!" . Elle est totalement rigide, les yeux hagards et elle ne cesse de répéter les mêmes choses :"J'ai perdu mon argent, mon passeport, mon portable!" Je lui promets de lui donner un coup de pouce et lui tends quelques billets. Deux femmes homo que nous avions déjà repérées les jours précédents quittent la résidence, elles se tiennent par la main, toutes deux portent des bandanas identiques sur la tête, elles traînent leur valise à roulettes.  Je leur demande où elles vont comme ça, en guise de réponse, elles haussent les épaules, elles ne le savent pas. Juste partir au plus vite.  Hormis la situation, elles ont l'air trop sympa, je les aurais bien photographiées en d'autres circonstances. Bonne chance les nanas !
Mais en même temps tout paraît si irréel, nous ne savons plus par quel bout commencer dans ce chantier éclaté, ce capharnaüm indescriptible.

Puis au bout de quelques minutes en me ressaisissant un peu, je finis par m'étonner vraiment  de  cette mer  si  retirée, si affreusement et si étrangement loin.  Après avoir demandé à un Srilankais s’il avait déjà vu ça, il me confirmait :  Jamais ! en baissant  la tête d’un air consterné et tragique et qui pour nous signifiait "OUI" alors qu'en réalité cela signifiait "NON".  Je me mis à appeler très fort les autres  qui étaient retournés sur la plage,  loin de là où je me trouvai et qui  aidaient les gens,  en leur criant qu'il fallait partir immédiatement. 20 minutes après la deuxième vague devait revenir tout aussi meurtrière.

Aussitôt, nous quittons la plage.   Partie rechercher mes filles, je constatai avec stupeur qu'elles n'étaient pas à l'endroit que je leur avais indiqué. En courant aves mes tongs sur le chemin caillouteux qui menait vers la route principale et bordée de maisons, j’appelai les enfants en me disant qu’il ne fallait surtout pas craquer, la mer était revenue et je ne savais pas où elles se trouvaient, seraient-elles retournées vers la plage nous chercher ?  Un homme devenu fou hurle  "Elle revient, elle revient"  En mon for intérieur, je m’ordonnai : "Sois forte ! Ne panique pas ! Ce n’est pas le moment de craquer ! Tiens bon ! " J’inspirai profondément entre deux appels. Vous n’avez pas vu deux filles blanches ? Vous n’avez pas vu mes enfants ? demandai-je à toutes les personnes que je croisai et qui assurément n'avaient pas le temps de m'écouter, elles-mêmes si paniquées.

Le stress était si fort, la pression était telle que j'étais tentée de tout abandonner et de laisser les choses se faire, m'asseoir au bord du chemin, prendre ma tête entre les mains et renoncer  : "Allez la vague, prends-moi et qu'on en parle plus !"  Beaucoup ont dû renoncer à se battre ainsi  : abandonner parce que la pression intérieure était trop violente, quasi inhumaine,  à supporter.  Lâcher pour que ça se passe le plus vite possible, ne surtout plus sentir cette tension insupportable.

Puis , les deux enfants sortent d’une maison. La petite sanglote encore, elle est toujours rivée sur les hanches de sa soeur.   Des femmes les avaient quasiment happées pour leur demander d’expliquer ce qui s’était passé, car étant loin de la mer  elles n'avaient rien pu voir et voulaient tout  savoir.     Elles avaient offert un verre d’eau aux enfants.  Je poussai un ouf de soulagement. Puis un chauffeur de van s’arrête à ma hauteur :" t’as besoin d’aide pour partir ? - Quelle chance ! Je l'engageai aussitôt pour nous ramener vers le Nord, quitter au plus vite cet endroit maudit.  Quelques heures plus tard, l’armée interdisit tout usage du pétrole pour déplacement individuel. Et les gens qui ont dû rester  de force à  Tangalle,  pendant une semaine souffrirent de faim, de soif, de  l’odeur de putréfaction des corps qui se répandait dans toute la ville sinistrée.

Le chauffeur s’était déjà renseigné sur les conditions des routes, en partie déjà détruites le long de la côte. Nous devions nous rendre vers le centre du pays , à Kandi.   Sur la route qui menait vers le centre du pays,  dans les villages,  la voiture était  sans cesse arrêtée par des gens inquiets et qui avaient de la famille au bord de l’Océan. Ils sortaient tous des maisons, se regroupaient, s’interrogeaient. Que s’est-il passé ? D’autant plus que c’étaient les vacances scolaires. Nombreux sont ceux qui partaient au bord de la mer: élèves, enseignants, familles entières composées de dix ou douze personnes et qui disparurent tous ensemble. Seul un qui parfois malade avait dû rester avait eu la vie sauve grâce à une mauvaise fièvre qui le clouait au lit. Des camions, des ambulances, des familles inquiètes conduisaient à toute trombe pour rejoindre les côtes sud.

 

11:34 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/05/2009

A chacun son tsunami - Des cauchemars en boucle

 

images.jpg

Le matin est bien là, le soleil mon meilleur ami m’invite à m’extraire du lit. Il glisse ses rayons me cherchant en vain à travers les persiennes, et tente de jouer à cache-cache, tandis que le coq  cocorique à s’arracher la voix, marquant la mesure avec la cloche tintinabulante de  l’église du village proche.
Rien n’y fait. Mes draps blancs sont épars dans le  lit, on croirait qu’une grande bataille a eu lieu.  Je reste figée, incapable de bouger, le coeur bat encore la chamade et résonne dans mes oreilles, au souvenir du cauchemar de la nuit : le tsunami. Dans cette nuit atroce et comme bien d'autres, je vois de longs couloirs aux portes nombreuses et  sens la vague déferlante se rapprocher détruisant tout sur son passage, je ne sais plus où les enfants dorment, je me sens perdue, je ne sais plus où aller, l'angoisse monte.

Aur réveil, les épaules sont lourdes, chargées d’un poids colossal, une profonde tristesse m’assaille. Je retiens mon souffle espérant pour quelques minutes m’éclipser de la vie. M’annoncer partie pour quelques secondes, laisser comme dans les hôtels à l'attention des femmes de ménage, le panneau suspendu à la porte de  ma vie avec écrit dessus "Absente pour un moment" revenir plus tard : ne plus rien sentir, ne plus rien penser, ne plus rien dire.


Hier, j'observai  la Méditerrannée, assise dans une chaise longue sur une petite plage privée de Théoule. Pendant des heures,  je regarde la mer, j’écoute le ressac de l’eau, flux et reflux des vaguelettes qui viennent mourir discrètes sur les cailloux. Les images de mon enfance  ressurgissent de mes souvenirs les plus enfouis.  Je me  revois, petite, me rendre tous les jours au bord de la grande bleue, à cloche-pied.   Mai  maison blanchie à la chaux et aux volets turquoises se situait  à 500 mètres de la plage. Mon seau à la main, je marchai  pieds nus en pleurant parce que l’asphalte étiat trop chaude, mais j’y courrai à la mer avec une joie si débordante et sans cesse renouvelée. Ici,  le même bleu,  la même mer.

Maintenant, la  mer de mon enfance, m’interpelle, je l’observe avec  suspicion. Peu importe que ce ne soit pas l'Océan, ces grandes flaques d'eau sont simplement et potentiellement dangereuses, maintenant je le sais. La Méditerranée est devenue à mes yeux, une mère qu’on aurait adorée, douce et aimante et qui se montrerait capable de la plus grande cruauté. Je la surveille sans cesse du coin de l’oeil, évite de lui tourner le dos. En attente du prochain coup qui viendra, à l’improviste, sans crier gare,  bouleverser votre vie.

 

 

 

 

10:31 Publié dans Voyages | Tags : tsunami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |