23/05/2009

A chacun son tsunami - Le train fantôme d'Hikkaduwa


train01.jpgLe soir après des heures de route, on  arrivait enfin  à Kandi.  A l’hôtel, on tomba nez-à-nez avec  des touristes belges qui se trouvaient être dans la même résidence que nous,  à Palm Paradise. Ils nous tombèrent dans les bras, soulagés de nous voir tous présents. Eux-mêmes qui étaient partis tôt ce matin-là avaient plongé, à Hikkaduwa, ville au bord de l'Océan,  hors des fenêtres du train*  en marche qui les menait à Colombo et qui fut frappé par la vague mortelle, faisant  mille cinq cents morts d’un coup. On imagine aisément l'horreur, le train se trouvait être à moins de cinq  mètres de la mer. Nous paraissions tous être dans un état d’excitation étrange, surréel. Nous nous serrions dans les bras, émus, en silence comme des frères, alors que nous étions jusque là quasiment que des inconnus,  les uns pour les autres .

Les premières images que je vis à la télévision et qui par la suite tourneront en boucle pendant des semaines et qui me firent découvrir l'étendue des dégâts dans une bonne partie de l'Asie du Sud Est,   me faisaient  frémir et surtout avoir cette impression si étrange après avoir entendu le nombre de morts, impression qui consistait à n'avoir pas survécu à une telle catastrophe, je m'imaginai encore être vivante alors que j'étais certainement morte............ je me pincai pour être  sûre de n'être pas noyée, cette sensation de ne plus être de ce monde  restera pendant des semaines. Quel doute affreux !


*LE TRAIN FANTÔME D'HIKKADUWA

Ce qu'il adviendra de ce train par la suite
Il est resté là durant des mois, les vitres brisées, tout rouillé au milieu d'un camp de réfugiés, victimes du tsunami. La vie , ma foi, reprenant son bonhomme de chemin, et la curiosité aidant, Sri lankais et touristes s'arrêtaient voir ce train fantôme. Une espèce de musée s'est organisé naturellement et spontanément avec ticket d'entrée, visite, parking et buvette le tout improvisé par les gens du camp.

Les autorités d'Hikkaduwa ont décidé que c'était manqué de décence que de transformer ce train en site touristique incontournable sur la route menant vers le sud. Donc, ils l' ont déplacé,  malgré la farouche résistance des guides improvisés et l'ont stationné sur une plate-forme de la gare d'Hikkaduwa.

Je racontai ceci à un Sri Lankais à Colombo et nous faisions  un parallèle avec Pompéi, site touristique où on paie pour voir  des gens figés par la lave rattrapés dans leur course folle par cette rivière de feu.
Conclusion :  ceci n'est   que question de temps.

11:40 Publié dans Voyages | Tags : sri lanka, tsunami, hikkaduwa, train fantôme | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

Commentaires

J'ai eu le bonheur de prendre en 1976 ce petit train brinquebalant sur la côte d'Hikkaduwa. On disait encore "Ceylan". Hikkaduwa n'était pas envahi par les surfeurs et pas une "plage branchée", rien qu'une longue langue de sable aux coraux magiques, aux eaux superbes, aux chants d'oiseaux sortant des palmiers balançants, aux lodges rustiques où l'on vous offrait en famille un plat de riz à la noix de coco et au poisson frais pêché, et une case rustique ouvrant sur le coucher de soleil.
La vague meurtrière a fait des atrocités, sur ces plages ou dans ce train.
Hikkaduwa restera pour moi la plage où m'a amené ce train, fantôme maintenant.
La vague a pris tant de vie qu'il est dérisoire et indécent de regretter un train. Il reste simplement l'image d'un bonheur ancien.
Je pense toujours aux disparus du tsunami. N'oubliez pas.

Écrit par : michelle | 19/01/2010

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