24/05/2009

A chacun son tsunami - Une grand-mère sauvée par ses petits-enfants

 

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A Unawatuna située au Sud de Galle ,  Dan un Zürichois vivant entre la Suisse et le Sri Lanka  me raconte son tsunami. Il était sur la terrasse lorsqu'il a vu l'eau arriver dans leur jardin qui ne donne pas directement sur l'Océan. Il court, réunit les 16 personnes  qui vivent dans leur guesthouse  -  une magnifique demeure coloniale - et dont la plupart sont des touristes. Ils  se réfugient tous sur la colline.

Pendant ce temps, l'eau monte inexorablement, charrie des frigos, des tables, des portes, même un générateur de 200 kg au bas mot. Une grand-mère n'arrive pas à les suivre dans leur course effrénée, ses petits-enfants l'attendent. Elle reste paralysée de peur sur un pont qui commence aussi à être submergé d'eau, les petits-enfants,  deux garçons et une fille qui doivent avoir entre 8 et 12 ans , sont décidés à ne  pas abandonner la grand-mère qui leur commande de partir.  Ils refusent d’obtempérer et s’accroche à elle pour la décider de quitter le pont auquel elle s’agrippe désespérement. Dan rebrousse chemin, enlève sa chemise et plonge, il attrappe une table et les invite à s'y accrocher. Les petits-enfants arrivent à persuader leur grand-mère qui ne sait pas nager d'entrer dans l'eau et de s'accrocher à la table que leur tend Dan. Il réussira à les  emmener  de l'autre côte de la rive.
Ils passeront la nuit sur la colline avec  300 autres personnes. Sans eau, sans nourriture, des hélicoptères passent au-dessus de leur tête. Ils font des signes désespérés pour demander des vivres, rien. Les hélicoptères  s'éloignent dans un bruit assourdissant.
Le lendemain, après une nuit à dormir dehors, bouffés par les moustiques, ils redescendent et découvrent avec stupeur une vision dantesque. La maison est détruite, les meubles balayés. A ce choc, vient s'ajouter celui des vols, leur meilleur employé a fracturé le coffre, ce sont des collègues qui l’ont vu faire tandis que l’eau entrait dans la pièce.

Un  vieux monsieur qui est tour à tour, portier, gardien de nuit, jardinier, bénisseur,  sa tâche consiste aussi à bénir les lieux le soir, à l'aide  un encensoir, il parcourt les pièces et les bénit en  murmurant des prières supposées vous protéger et protéger l'endroit. Ce petit monsieur de 1m50 portait un uniforme de capitaine de bateau tout blanc à épaulettes jaunes et une casquette à visière jaune également. Toujours sur le pont, en l'occurrence la terrasse de la guesthouse,  à aller et venir, aux aguets, il  déambulait  fièrement dans  son costume. Il est choqué et n’a pas encore réalisé  que ses deux uniformes de capitaine sont partis emportés par le tsunami. Il est dégoûté de voir que l'Océan ne respecte rien ni personne, même pas les galons de son uniforme, symboles de force et de pouvoir.

08:43 Publié dans Voyages | Tags : tsunami, sri lanka | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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