22/05/2009

A chacun son tsunami - Des cauchemars en boucle

 

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Le matin est bien là, le soleil mon meilleur ami m’invite à m’extraire du lit. Il glisse ses rayons me cherchant en vain à travers les persiennes, et tente de jouer à cache-cache, tandis que le coq  cocorique à s’arracher la voix, marquant la mesure avec la cloche tintinabulante de  l’église du village proche.
Rien n’y fait. Mes draps blancs sont épars dans le  lit, on croirait qu’une grande bataille a eu lieu.  Je reste figée, incapable de bouger, le coeur bat encore la chamade et résonne dans mes oreilles, au souvenir du cauchemar de la nuit : le tsunami. Dans cette nuit atroce et comme bien d'autres, je vois de longs couloirs aux portes nombreuses et  sens la vague déferlante se rapprocher détruisant tout sur son passage, je ne sais plus où les enfants dorment, je me sens perdue, je ne sais plus où aller, l'angoisse monte.

Aur réveil, les épaules sont lourdes, chargées d’un poids colossal, une profonde tristesse m’assaille. Je retiens mon souffle espérant pour quelques minutes m’éclipser de la vie. M’annoncer partie pour quelques secondes, laisser comme dans les hôtels à l'attention des femmes de ménage, le panneau suspendu à la porte de  ma vie avec écrit dessus "Absente pour un moment" revenir plus tard : ne plus rien sentir, ne plus rien penser, ne plus rien dire.


Hier, j'observai  la Méditerrannée, assise dans une chaise longue sur une petite plage privée de Théoule. Pendant des heures,  je regarde la mer, j’écoute le ressac de l’eau, flux et reflux des vaguelettes qui viennent mourir discrètes sur les cailloux. Les images de mon enfance  ressurgissent de mes souvenirs les plus enfouis.  Je me  revois, petite, me rendre tous les jours au bord de la grande bleue, à cloche-pied.   Mai  maison blanchie à la chaux et aux volets turquoises se situait  à 500 mètres de la plage. Mon seau à la main, je marchai  pieds nus en pleurant parce que l’asphalte étiat trop chaude, mais j’y courrai à la mer avec une joie si débordante et sans cesse renouvelée. Ici,  le même bleu,  la même mer.

Maintenant, la  mer de mon enfance, m’interpelle, je l’observe avec  suspicion. Peu importe que ce ne soit pas l'Océan, ces grandes flaques d'eau sont simplement et potentiellement dangereuses, maintenant je le sais. La Méditerranée est devenue à mes yeux, une mère qu’on aurait adorée, douce et aimante et qui se montrerait capable de la plus grande cruauté. Je la surveille sans cesse du coin de l’oeil, évite de lui tourner le dos. En attente du prochain coup qui viendra, à l’improviste, sans crier gare,  bouleverser votre vie.

 

 

 

 

10:31 Publié dans Voyages | Tags : tsunami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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