153727

Regards croisés

  • Moral suprême pour nage extrême

    Imprimer

    IMG_20190803_141441.jpgIls l'ont fait et ils ont réussi. Victor Mellerín et Sergio Bianchini, surnommés les deux moustachus ont réalisé un exploit, le 3 août, à savoir, la   traversée en 28 heures de 75 km de nage, au départ du Château de Chillon direction Genève Bain des Pâquis. Un relais continu entre les deux nageurs équipés d'une loupiote sur la tête pour s'éclairer et être repéré par le bateau qui les suit a permis cette folle traversée effectuée de jour et de nuit.

    Tous deux se sont jetés à l'eau pour une cause, la   recherche du cancer de la prostate, du cancer des testicules et de la prévention de suicide chez le jeunes. Les dons récoltés ont été versés à la Fondation Movember.

    Conditions météorologiques, entraînement, condition physique, courants marins autant de défis à relever, mais le plus important c'est ce qui se passe au niveau du mental et là ça devient passionnant, n'importe quel coach d'entreprise pourrait reprendre ces fondamentaux pour réussir.

    A ma question, quelles sont les conditions mentales qu'il faut regrouper pour relever de tels défis, Sergio Bianchini commence par un large sourire et son visage s'illumine. Il répond.

    Un moral d'acier, une détermination à toute épreuve, un principe de réalité, une bonne évaluation des risques, un objectif clair de ce qu'on veut atteindre, une pensée positive et pendant qu'on nage chasser toute idée négative qui pourrait vous couper dans votre élan, du type : "je vais jamais y arriver, j'ai mal partout, je ne suis pas assez entraîné, l'eau est trop froide, trop chaude" surtout ne pas écouter la petite voix qui aurait toujours tendance à se plaindre ! II faut un mental infaillible, le moindre relâchement et vous jetez l'éponge et parfois c'est dur, l'hypothermie atteint le nageur alors saisi de diarrhée et de vomissement, mais vous continuez coûte que coûte. Vous croisez des tortues qui nagent évidemment plus vite que vous et des dauphins à l'aube en bande qui semblent converser gentiment entre eux tandis que vous les dépassez à la nage.

    Sergio Bianchini, n'en est pas à son premier coup et comptabilise de nombreuses performances telles que la traversée du détroit de Gibraltar de Tarifa en Espagne à Cires Point au Maroc soit 16,3 km sur une durée de 4,40 ou la traversée du Fleuve Uruguay dans son pays d'origine, 100 km dans des conditions difficiles avec une chaleur extérieure à 40 degrés et une eau à 28 , craignant l'hyperthermie, il ne nagera que 50 km sur les recommandations du médecin. Mais encore, le trajet effectué par Papillon de son vrai nom, Henri Charrière,  le bagnard qui s'est sauvé des Iles du Salut pour rejoindre la ville de Kourou en Guyane, 6 heures pour 16km.

    L'entraînement se fait tout au long de l'année, entre 25 et 30 kilomètres de nage par semaine entre la piscine et le lac. Vélo, marche, une bonne condition physique s'impose et une hygiène de vie irréprochable.

    La cause et le sens de cet effort aident beaucoup, aider les autres est un but qui donne des aile pour pas dire des bras dans ce cas. Le prochain défi sera à nouveau la traversée du détroit de Gibraltar pour lutter contre le cancer du sein.

    Forcer son être à se surpasser dans l'effort pour une belle cause, quoi de plus beau ? Bravo à nos deux nageurs Victor Mellerín et Sergio Bianchini.

    IMG_20190803_135023.jpg

    IMG_20190803_141150.jpg

    IMG_20190803_141441.jpg

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Deux oursons et leur mère froidement abattus

    Imprimer


    IMG_1494.JPGA Coquitlam dans la périphérie de Vancouver,  c’est la consternation. Deux oursons et leur mère ont été abattus par des gardiens de l’environnement sous le regard médusé des habitants. Trois résidents ont essayé d’intervenir et ont été arrêtés pour obstruction à une décision d’un représentant officiel et leurs portables qui filmaient la scène saisis. 

    Une chasse à l’ours qui aura duré six semaines selon l’agent, un résident confirme qu’il cohabite pacifiquement avec les ours depuis trois ans.

    La méthode choque tout le monde en Colombie-Britannique et de se demander s’il n’y aurait pas eu une autre alternative que leur massacre. L’officier se justifie en précisant que les petits et leur mère s’étaient habitués à fouiller dans les poubelles et se nourrir ainsi, les renvoyer dans la nature n’aurait pas permis leur survie, le choix s’est ainsi porté sur leur élimination.

    Une pétition circule pour dénoncer cette tuerie. Mais reste entière la question de la co-habitation humaine et animale dans une logique de construction et de déboisement massif. On voit ce phénomène apparaître aussi en Sibérie avec les tigres qui voient leur étendue de terre diminuer ou  des ours qui font les poubelles dans les villes du Nord. Faut-il les tuer pour autant lorsqu’on a empiété ou réduit leur territoire?

    *photo prise par une résidente et que je remercie

     

    Témoignages

    https://globalnews.ca/news/5707009/3-arrested-bears-killed-coquitlam/

     

    La pétition

    Https://www.thepetitionsite.com/enca/242/028/609/mummy-bear-with-two-cubs-got-killed-in-coquitlam-british-Colombia

    Lire la suite

    Lien permanent 1 commentaire
  • La nouvelle de l'été - La leçon

    Imprimer

    mer.jpgMon invitée Iris Mizrahi. 

    Elle nage toujours plus loin, s’éloigne de la plage en direction de l’horizon. Le sable ondoie à l’infini sans la moindre aspérité dans une eau limpide et vide, tout au plus un poisson égaré à la recherche d’un rocher, pas une algue, pas un corail, rien d’autre que le dessin régulier du courant sous-marin sous son corps entraîné. Elle s’éloigne jusqu’à ce qu’il la perde de vue, qu’il se redresse de son linge et scrute la mer, sans réelle inquiétude, à peine une légère morsure à l’égo. Une de plus. Il a un avis sur tout. Surtout sur ce qu’il ne connaît pas. Elle a cessé de le contrarier, laisse couler sa logorrhée jusqu’à ce qu’elle se tarisse d’elle-même.

    - Regarde.

    Ses éclaboussures dérangent la quiétude du lagon. Qu’importe, il lui donne une leçon de natation. Elle sait qu’il ne tient pas la distance malgré une plastique honorable. Il se lève même la nuit pour fumer. Plus rien ne s’imprime durablement dans une mémoire traitre abîmée par les somnifères dont il s’auto-prescrit la posologie. Un complexe inavoué qu’il contourne habilement en s’instruisant à la superficie, juste ce qu’il faut pour impressionner les impressionnables. Il n’y est jamais parvenu avec elle. Il se rassied sur son linge quand enfin il l’aperçoit nageant en sens inverse, lentement, régulièrement, ondulant discrètement comme un poisson-chat jusqu’à ce que son corps effleure les galets.

    - J’ai trouvé une épave au loin.

    Les épaves le font rêver, presqu’un talon d’Achille. Il la questionne pour en connaître l’endroit exact, quelque part tout droit, c’est assez loin mais tu devrais. Elle l’encourage à peine, pas besoin d’insister, elle sait qu’il se jettera à l’eau, qu’il relèvera le défi. Et il plonge. Ses battements de bras et de jambes sont plus spectaculaires qu’efficaces. Elle lève de temps à autre les yeux de son livre, scrute l’avancée du nageur en souriant. A cette distance, il doit déjà être à bout de forces. Lorsqu’il gesticule pour lui demander si c’est encore loin elle lui fait signe de continuer encore, nage encore, c’est beaucoup plus loin, continue. Et il continue de s’enfoncer dans l’horizon jusqu’au point de disparaître, puis réapparaître et disparaître à nouveau en tournant autour d’un cercle imaginaire, comme si quelque chose d’exceptionnel captait durablement son attention. Il espère au moins qu’elle l’observe, effectue encore plusieurs rondes sur l’horizon dans un douloureux effort puis revient vers la plage avec l’énergie d’un noyé. Il ne montre rien de son exténuation. Affiche le masque de celui qui a découvert un trésor enfoui dans les tréfonds.

    - Tu l’as trouvée ?

    - Oui !

    Il la décrit dans les moindres détails, la proue brisée, le mât encore fièrement dressé, les nuées de poissons dorés tétant les pointes des coraux incrustés dans le bois. Elle l’écoute, ravie, au diapason de son émerveillement feint.

    Au fond du lagon, il n’y a aucune épave.

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • La nage solidaire

    Imprimer

    IMG-20190710-WA0015.jpgDeux nageurs, Sergio Bianchini (photo à gauche) et Victor Merellin se lancent le défi fou de parcourir à la nage la distance de 75 km dans le lac Léman du  château de Chillon (à côté de Montreux dans le canton de Vaud)  aux Bains des Pâquis (à Genève).

     

     

     

     

    IMG-20190710-WA0014.jpgVictor Merellin (photo à gauche) est un nageur et triathlète français de 29 ans, habitué des longues distances. Il a à son actif les traversées du Lac Léman,  du lac de Morat et du  Détroit de Gibraltar.

    Sergio Bianchini, nageur genevois de 54 ans, n'en est pas non plus à son premier défi de taille, puisque au cours de ces dernières années, il a effectué plusieurs nages solidaires  longues distances en eau libre en faveur d'associations actives dans la santé dont les plus emblématiques sont les suivantes :   50 km en 2018 dans le Rio Uruguay, 35km en 2017 pour réaliser la double traversée du Léman, (Genève Thonon Nyon),  16 km en 2016 pour traversée du Détroit de Gibraltar, 16km en 2016 pour relier, en Guyane française, les Iles du Salut à Kouru (premier Suisse à le réaliser), 35 km  en 2014 pour traverser la Manche par relais.

     Cette fois-ci, Victor et Sergio, n'hésitent pas à se jeter à l'eau en faveur de la Fondation  "Movember" (voir  leur page Facebook " deux moustachus traversent le Léman")  qui œuvre contre le suicide des jeunes et en faveur de la recherche contre les cancers touchant les hommes (le cancer des testicules et de la prostate en particulier : s'agissant de ce dernier,  6100 nouveaux cas sont recensés chaque années en Suisse).

    A l'occasion de cet évènement,   sportifs de haut niveau, ils souhaitent faire de la prévention et sensibiliser les hommes, ainsi que les milieux concernés.

    Le départ en maillot de bain plutôt qu'en combinaison  est prévu entre le 29 juillet et le 2 août 2019 (en fonction des conditions météo)  au château de Chillon; la traversée durera non-stop environ 24 heures et se terminera aux Bains des Pâquis à Genève.

    Pour les soutenir et les suivre en temps réel :

    ch.movember.com/fr/donate/details?memberld=13318777

    Http://share.garmin.com/aquaman

    GPS en temps réel) (activé le jour du départ)

    http://www.facebook.com/pg/Deux-moustachus-traversent-le-Léman-660241617752842/posts/

                

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Quand la synchronicité fait un pied de nez au hasard

    Imprimer

    images.jpgUn événement semble nous attendre au coin de la rue depuis des années ou des gens que l'on rencontre dans des situations improbables et qui donne un sens à ce qui nous arrive.

    A travers plusieurs récits vrais de mon essai sur les  Histoires de synchronicité, je vous invite à partager ce moment ensemble et écouter aussi les récits des autres participants. 

    Selon Carl Gustav Young la synchronicité présuppose un a priori par rapport à la conscience humaine, un sens  qui en apparence se trouve à l'extérieur  de  l'être  humain, tandis que  Teilhard de  Chardin  cite notre capacité  à  nous resserrer tous ensemble dans une  étreinte qui tend  à  nous  parfaire chacun en nous liant organiquement à tous les autres à  la fois, évoluons-nous dans cette  noosphère qu'il décrit ,dans cette collectivité harmonisée des consciences?

     

    Rendez-vous

    DIMANCHE 7 juillet 2019 de 11h à 16h

    Food for peace/LO'13'TO

    Rue des Gare 17-19 (TPG Cornavin)

    1201 Genève

    0001.jpg

    0001.jpg

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • TGV – « Accident de personne »

    Imprimer

    Unknown-2.jpegComme l'écrivait, l’auteur chilien Roberto Bolaño , en littérature il nous faut plonger dans le réalisme viscéral et ne pas craindre de traiter des sujets qui dérangent.

    Mardi, lors d’un aller Genève-Paris en fin de journée, le train s’arrête au milieu de nulle part et annonce, « accident de personne », un « groupe de gens sur les voies », 45 minutes de retard, ½ après la voix d’un steward qui se veut la plus neutre possible corrige le tir et lâche 1H30, une clameur s’élève du wagon, tous sont exaspérés et peu après comme pour clore en beauté, le steward sans frémir annonce un « retard indéterminé » et à ce point-là, ce sont des cris qui s’élèvent, des gens furieux qui bondissent de leur siège pour courir au bar en se disant que mieux vaut au moins manger et boire  quelque chose avant qu'il n'y ait plus rien , certains vont jusqu’à dire « il ne reste plus qu’à se saouler ». Puis la voix du  steward continue et  nous invite à remplir le formulaire G30 en ligne dans les 60 jours pour un remboursement en raison du retard.

    Dans la queue pour le bar, j’aperçois une philippine que j’avais renseignée sur le quai à Genève et qui avec son mari, trimballaient à eux deux,  six énormes valises. A-t-elle acheté des chaussures, lui demandai-je un brin narquois? Sans penser à Imelda Marcos et ses 400 paires de chaussures, elle me répond « a lot », un tas de chaussures. J’en étais sûre ! Puis une syndicaliste congolaise de Brazzaville venue à la célébration des  100 ans de l'OIT, à Genève,  me fait remarquer que la Suisse a le taux de chômage le plus bas du monde grâce à l'argent planqué par tous les mafieux et certains présidents véreux  du monde y compris africains souligne-t-elle, elle inspire profondément en me disant cela, satisfaite de sa sortie. Plusieurs autour de nous hochent la tête en signe d'acquiescement ou de réprobation.

    Puis chacun s’enquiert de la signification précise de : «accident de personne », on traduit en anglais par "suicide on the tracks" ça a le mérite d'être plus clair. C’est simple c’est un suicide comme d’hab ! répondent plusieurs personnes. Le TGV n’arrive jamais à l’heure à cause des gens qui se couchent sur la voie, soupire un autre. Une femme suggère que sans doute ce sont des Manouches qui volent du cuivre, un ingénieur rétorque : « il n’y a pas de cuivre sur les rails ! » - alors sur les fils électriques dit-elle plus timidement ! Et tenter d'imaginer comment ils volent ce cuivre sans se faire électrocuter.

    Quand le contrôleur passe, il rassure plusieurs personnes en précisant que ce n’est pas nous qui avons tué le suicidé ! C’est le train précédent et du coup on s’arrête ! lâche-t-il. Puis, je m’étonne que malgré tout, le mort ne pose problème à personne, le plus important c’est d’arriver à l’heure ! Et si le train allait moins vite, il est certain qu’on resterait encore dans une forme à dimension humaine, le train roulerait plus lentement, il aurait le temps de freiner, mais la haute technologie semble avoir totalement effacé la possibilité même de sauver une vie et de prendre le temps de s'en préoccuper. Le trajet Paris-Genève est parcouru à 320 km/heures pour une durée totale de 3h08 et voilà pas qu’un malheureux freine cette performance par son geste désespéré. Le trajet a été réalisé en 5heures. Les SNCF ont mis en place la procédure en cas d’accident de personne, le tout chronométré à 2h30.

    • la circulation est interrompue dans les 2 sens
    • les pompiers, la police ou la gendarmerie sont appelés
    • un Officier de Police Judiciaire (OPJ) est avisé, et se rend sur place
    • Si la personne est blessée, elle est évacuée par les pompiers. L’OPJ mène une enquête, effectue les premières constatations et auditionne les témoins.
    • Si la victime est décédée, les pompes funèbres sont sollicitées. Par mesure de sécurité, le trafic reste interrompu pendant la présence des différents intervenants. Sur les lignes à grande vitesse, 3 heures en moyenne sont nécessaires ; sur les autres lignes, le délai moyen est de 2 heures.
    • Le conducteur du train impliqué est relevé de son service et un accompagnement psychologique lui est proposé.

    Et une fois qu’on a lu tout ça, la seule question qui demeure est non pas de se demander pourquoi on arrive souvent en retard avec un TGV ou d'autres trains mais pourquoi autant de personnes se suicident ? Cette forme de suicide atteint un 10% en Suisse, soit 115 désespérés par an, un article dans l’Illustré parle de stabilité avec 143suicides par rail et 14 blessés graves en 2018, avec une moyenne de 115 cas chaque année depuis 2013.

    Et de me souvenir de ce ministre du transport zimbabwéen qui haranguait ses auditeurs à la télévision : »Mais arrêtez de vous suicider sur mes voies : Faites donc ça chez vous ! » et qui a choqué une partie de l’opinion publique.

     

    Comment prévenir ces actes désespérés ? Sans doute plus de liens sociaux, plus d’écoute, plus d’anticipation, plus de solidarité et moins de solitude.

    Paix de l'âme à tous ceux et toutes celles qui se sont couchés sur une voie de rail pour en finir.On garde une pensée émue en pensant à eux.

     

    CFF la mort en face

    https://www.illustre.ch/magazine/cff-mort-face

     

    Lire la suite

    Lien permanent 37 commentaires
  • Jamais sans ma mère 

    Imprimer

    Unknown-3.jpegCe qui devait arriver est finalement arrivé ! Le fils adopté en devenant père à son tour s’interroge, quel arbre généalogique transmettre à sa descendance, que dire ? Quelque chose le trouble, il ne s’est jamais senti aussi peu en phase avec lui-même, une crise d’identité le frappe. Il a sans doute vu le film inspiré d’une histoire vraie « Lion » qui raconte le périple de cet enfant adopté par une famille australienne et qui retrouve sa mère biologique en Inde. Un film bouleversant et qui a dû l’émouvoir avec tout le flot de questions sur son propre parcours.

    Il décide alors de se rendre au centre d’adoption et demande son dossier. Tout y est, sa date de naissance, le nom de sa mère, l’acte d’adoption. Elle vient d’un pays de l’Est et s’excuse longuement dans une lettre maladroite de l’avoir abandonné, issue d’une famille religieuse, elle ne pouvait montrer à tous  qu'elle  était enceinte sans être mariée - ou portait le  fruit d'un viol ?  Pour son bien à lui, elle prit cette décision de le confier à une famille après son accouchement.

    Son nom, son prénom, tout y est. Il suffit de remonter la piste. Grâce aux réseaux sociaux et aux amis qui connaissent son pays d’origine, en moins de 24h, il la retrouve. Elle a émigré et vit aux Etats-Unis avec son mari et peut-être ses enfants ? Le fils se tourmente, s’interroge, comment procéder. Il tient fermement, entre ses doigts,  son numéro de téléphone sur un bout de papier plié et déplié mille fois . La première fois, il compose le numéro puis abandonne, la deuxième fois, il entend la voix de sa mère et raccroche en retenant sa respiration.

    Deux semaines passent, il a perdu du poids, il ne mange plus, dort à peine. Comment s’y prendre. Puis, il décide de lui envoyer un texto, en Anglais.

    Et nous d’imaginer cette femme qui a refait sa vie, qui n’a jamais rien dit ni à son mari, ni à ses enfants et voir débarquer 30 ans plus tard un magnifique gaillard,  beau comme Apollon, à l’esprit vif. Il arrive comme un orage dans sa vie tranquille, sa présence risque de tout chambouler, de réveiller de vieux démons, des souvenirs qu'on croyait endormis à tout jamais. Son mari rentrant à la fin de la journée  lui demande si tout s'est bien passé, qu'elle a l'air préoccupé! et elle de répondre:  "Non, Non, honey, tout va bien ! Juste un peu fatiguée." .... Ou d'imaginer qu'elle attend avec impatience ce fils qu'elle n'a  jamais revu et le serrer longuement dans ses bras.......Ou en  le voyant, le supplier à genoux de pardonner son abandon ! Mille scenarii défilent dans l'imaginaire de cette  rencontre mère-fils et on espère un happy end, parce qu'on aime les contes de fées. 

    La réponse tombe tranchante comme la lame d'un couteau, un coup douloureux, profond et qui fait mal.  Dès  la réception  du  sms, elle lui répond immédiatement.  Elle admet être sa mère biologique, mais l’invite à en rester là. Inutile d’essayer d’aller plus loin et de prendre contact avec elle. La déception, puis la colère, le fils abandonné se sent rejeté une deuxième fois.

    Toutes mes envolées romanesques tombent comme un soufflé raté. Je reste perplexe. On a envie de lui dire : « Mais acceptez Madame, de rencontrer au moins une fois votre fils, une seule fois, votre enfant, donnez-lui une chance de lui donner le contexte de sa naissance, d’expliquer pourquoi il a fallu renoncer à lui, qui était son père biologique ? » - Il a le droit de savoir et de comprendre qui il est. 

    A mon avis, elle ne résistera pas, c’est elle qui demandera à le rencontrer. Si elle a laissé une lettre, c’est qu’elle savait qu’il remonterait le courant et arriverait jusqu’à elle. On imagine le choc qu’elle a dû recevoir à la lecture du texto : »C’est moi, c’est ton fils ! I am your son !»

    Des battements de cœur à profusion, un affolement sur le qu’en-dira-ton. Comment expliquer ce secret révélé au grand jour, ce coup de tonnerre dans son petit quotidien réglé comme une horloge. Puis, elle va peu à peu s’habituer à l'idée , se souvenir du bébé, de la tendresse de sa peau, de ses grands yeux noirs, de l’esquisse d’un sourire.

    Elle n’y tiendra pas ! On parie ? On n’oublie jamais son enfant, même celui qu’on n’a pas voulu. Et se souvenir aussi que les parents d’adoption ont tout donné, ils se sont entièrement investis dans leur rôle, ils ont aimé ce garçon, l’ont élevé, c’est le leur. Ils doivent craindre le déroulement de l’histoire de cette rencontre pour autant qu’ils le sachent et pour autant qu'il y ait une suite.

    La suite………….un jour………..peut-être, bientôt ou jamais………….

     

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent 4 commentaires
  • La grève des femmes - Un défilé du 14 juin 2019 inoubliable

    Imprimer

    J'y étais ! Un défilé sans précédent, des slogans pleins d'humour et pleins de sens. Les femmes et les hommes  solidaires se sont mobilisés en masse. 20'000 personnes à Genève.

    Et maintenant on fait quoi, qu'est ce qui restera de la grève des femmes? Le combat, voilà ce qui reste. Ni gauche, ni droite, en avant toutes. Ce sont les fondements du système qu'il faut revoir et qui reposent sur une conception patriarcale de la société, un système éculé. On continue à se battre, au quotidien, jour après jour, chacune à son niveau puis toutes ensemble. Pour ma part, fonctionnaire à l'Etat de Genève, j'ai fait grève et demande depuis plus d'un an,  une égalité de salaire par rapport à mes homologues masculins et que l'on me refuse systématiquement sous mille prétextes plus fallacieux les uns que les autres et naturellement je résisterai pour obtenir gain de cause et rester exemplaire pour les générations à venir.

    Mon slogan :"-20%, pourtant c'est pas les soldes. Egalité salariale!" - Ce ne sont pas les soldes saisonnières, mais on brade le travail des femmes tout au long de l'année.

    La Suisse est le dernier bastion à la traîne sur l'égalité hommes- femmes et le dernier pays en Europe à avoir accordé le droit de vote aux femmes. Il y a du travail sur la planche et il faut s'y mettre pour le plus grand bien et des femmes et des hommes. 

    Après le 14 juin, le travail sur l'égalité continue au quotidien et partout !

     

    DSC02057 (1).jpg

     

    DSC02012.jpg

     

    DSC02070.jpg

    DSC02085.jpg

    DSC02089.jpg

    DSC02049.jpg

     

    DSC02094.jpg

    Et le policier goguenard de lui répondre :"Je n'ai pas assez bu pour comprendre ce que vous me dites", elle avait un peu forcé sur la bière semble-t-il.

     

    DSC02092 (1).jpg

    DSC02015.jpg

    DSC02031.jpg

    DSC02011.jpg

    DSC02061.jpg

    Lire la suite

    Lien permanent 6 commentaires
  • « Faux réfugiés syriens » pour un vrai Ramadan

    Imprimer

    Unknown-2.jpegAnnemasse ploie sous les familles de mendiants « syriens » placés dans les carrefours, aux feux rouges, à la sortie des épiceries orientales et qui en réalité sont des rroms déguisés en réfugiés syriens portant des pancartes en carton avec la mention« SOS Syriens » ou « famille syrienne –Faim- Aidez-nous «  et chaque année c’est la même histoire. Ils viennent du Nord de la France, de Roubaix en particulier, selon le témoignage d’un policier.

    Dès le premier jour du Ramadan, les rroms mendiants se préparent au « carnaval », ils sortent tout le déguisement oriental ; je vois une jeune fille à la sortie d’un magasin oriental qui mendie avec son enfant, les yeux exagérément noirs cerclés de Khôl, on la croirait sortie d’une revue de mode. Plus loin ailleurs, une famille entière se tient devant un autre magasin, l’homme a hésité entre la casquette et le keffieh, finalement il porte les deux et on ne sait pas d’où il sort ça, il porte un pagne autour de son jeans, il a dû voir une photo sur internet d’un homme sorti du hammam avec un linge autour des hanches. Ils ont reçu assez de victuailles pour ripailler pendant quelques mois.

    Chaque client qui sort du magasin oriental leur donne à manger et de l’argent, certains leur ont apporté des habits. Leurs cabas sont pleins à craquer ! Zakhat oblige, l'aumône est le troisième pilier de la religion, chaque musulman donne selon son cœur mais la recommandation est entre 5 et 7 euros pour des mendiants. Ceux que je vois en face de moi, doivent déjà atteindre les 500 euros pour la journée et ceci depuis le début du Ramadan, soit le 6 mai. Le 4 juin, on verra des centaines de « réfugiés syriens » car c’est le dernier jour du jeûne et la distribution de cadeaux; Noël avant l’heure pour les Rroms évangélistes.

    Je fais remarquer au vendeur la scène, il hausse les épaules en disant ce sont de « faux réfugiés » mais de « vrais pauvres » alors c’est kif-kif, tu donnes,  dit-il en  esquissant un sourire un peu las,  marqué par le jeûne.

    Certains sont embarqués au poste avec tout ce qu’ils ont récupéré mais plus encore. A Paris et ailleurs,  de vrais Syriens les pourchassent, les maudissant de rajouter à leur malheur en se faisant passer pour eux et profiter de leur misère de réfugiés et du même coup attenter à leur dignité car mendier dans la culture syrienne est considéré comme honteux et tabou.

    Alors qu’en penser ? Faut-il différencier les misères entre des vrais réfugiés syriens et  de vrais rroms qui mendient sous le couvert de « faux syriens » et qui trichent et qui en ont besoin et se dire qu’on n’attend ni Ramadan ni Noël pour être généreux ? Qu’on a encore tous les autres jours de l’année pour lutter contre la faim dans le monde et éradiquer la pauvreté et son corollaire, la mendicité ?

    « Fais l'aumône ne serait-ce qu'avec la moitié d'une datte car il y a aucune différence pour toi que tu la gardes ou que tu la donnes. En effet si tu es affamé cette moitié de datte ne va pas apaiser ta faim et si tu es rassasié tu n'en a pas besoin. »

    رمضان مبارك

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent 11 commentaires
  • Un looping loupé

    Imprimer

    images.jpegHier , c'était la fête des voisins, un moment sympathique et détendu durant lequel je réalise avec un brin d'étonnement  que mes  voisins sont de plus en plus jeunes. Ma tortilla avait naturellement cramé, j'ai eu la mauvaise idée de la mettre en route sur la plaque en vitrocéramique et d'aller piquer un petit somme; l'odeur de brûlé m'a extirpée d'un rêve joyeux. Trop tard, les pommes de terre avaient viré au noir intense, mais un voisin à l'empathie incommensurable en piochant dans la noirceur volcanique de mon plat conclut en souriant :  votre tortilla a un bon goût de sieste !

    Puis, tout en sifflant des verres depuis notre jardin commun proche du Salève, nous voilà, au moment le plus improbable, devenus  témoins d'un accident. Tandis qu'on observait un parapentiste faire un looping insensé, sa voile part en torche, il tombe dans le vide, nous poussons des cris durant une fraction de seconde, puis le parachute de secours s'ouvre, les pompiers qui nous accompagnent déclarent que le parachute servira juste à amortir le choc mais il n'est pas directionnel. En effet, 20 minutes  après une ambulance toute sirène déployée grimpe la route  à vive allure, puis un hélicoptère suivra et emmènera sans doute le blessé  au centre de traumatologie de l'hôpital d' Annecy. A-t-il survécu ?

    On s'étonne et on débat sur le nombre d'accidents au Salève où des hélicoptère interviennent au moins une fois par semaine en été;  chutes, accidents de parapente, marcheurs imprudents.  Le pompier confirme qu'on récupère des gens blessés partis faire le sommet du Salève en tong. Il y a quelques jours, je voyais des sauveteurs faire un exercice de sauvetage qui consistait à savoir comment accrocher un brancard à une corde et faire coulisser le blessé le long de la falaise.  Et de leur dire: il faudrait avant tout ne pas oublier d'apprendre aux gens à respecter la montagne, puis un homme très sûr de lui me répond d'un ton arrogant:  la montagne est faite pour être gravie !  et de lui rétorquer : Oui mais pas n'importe comment! 

    Et de rappeler ce que disait l'alpiniste Edward Whymper qui réussit la première ascension du Cervin:

    "Grimpez si vous le voulez, mais n'oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans prudence, et qu'un seul moment de négligence peut détruire une vie entière de bonheur. N'agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas. Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin"

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent 3 commentaires