25/09/2016

Tout risquer pour sauver des vies

 

Ce soir à 19 heures, un hélicoptère a mené des exercices périlleux pour venir en aide à une personne, sans doute un parapentiste tombé en bas des parois rocheuses du Salève. 

Le Salève est la deuxième montagne la plus dangereuse de Haute-Savoie, la première étant le massif du Mont-Blanc. Chaque année, le Salève tue en moyenne un ou deux randonneurs.

 Bravo aux sauveteurs qui risquent leur vie pour en sauver d'autres. 

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Au milieu de la paroi rocheuse, l'hélicoptère n'est plus qu'un minuscule  point rouge qui est resté au moins 20 minutes sur place, à quelques mètres de la montagne !

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11/09/2016

Carnet de Mongolie- Devenir chamane et se souvenir

IMG_0008.JPGLes chamanes ne se transmettent pas leur pouvoir d’une génération à l’autre, c’est une prédisposition que l’on peut identifier très tôt chez quelqu’un qui démontre un grand respect pour la vie sous toutes ses formes, se sent très concerné par les autres, d'une  sensibilité extrême, il prête une oreille attentive, tend la main a qui en a besoin,  ressent les choses et les pressent. Dans chaque famille, on pourrait en identifier un, l'entourage familial, le reconnaît d'abord et confirme sa sagesse et son esprit d'abnégation.

On ne devient pas chamane pour se faire du bien, mais avant tout pour faire du bien aux autres et leur être entièrement dévoué et leur consacrer sa vie. Le chamane appelé renonce en général à son travail et à sa vie normale pour se dévouer entièrement aux vivants et aux esprits qui eux aussi sont différemment vivants. 

Mais une coquille vide ne peut se targuer d'être en lien avec ses racines du ciel. Celui qui n’est plus connecté avec les esprits de sa lignée n’arrivera pas à communiquer avec les esprits supposés devenir ses guides. L'initiation implique que chaque jour et cela durant trois ans, sous la houlette d’un bon professeur-chamane, l'apprenti-chamane découvre les rituels et durant cinq ans, il doit  aussi faire des offrandes aux montagnes, l'un des rituels les plus importants du chamanisme.  Or, si le  sujet n’est pas bon et le professeur peu attentif, le résultat peut s'avérer désastreux, la personne risque d’être atteinte psychiquement et devenir malade.  Les chamanes insistent sur la nécessité d’être en phase avec son environnement et très équilibré. Pour éviter cela, le chamane surveille les neufs couleurs de l’aura de son élève et s’assure qu’aucun d’entre eux ne soit affecté.

Ces esprits sont en réalité des personnes qui vivaient autrefois, souvent loin dans le passé et leur présence amène à s'interroger sur celles qui ne sont pas devenues esprits;  les âmes errantes qui n’ont pas trouvé le repos éternel et qui peuvent rester des années sans se transformer, égarer, perdues entre deux mondes, les vivants et les esprits. Morts violentes, génocides, suicides, les chamanes pensent que les vivants peuvent véritablement aider les morts à partir en paix et les aider à devenir esprits éternels. Sinon ces âmes fantomatiques divaguent et peuplent notre inconscient collectif d'une étrange présence et empêchent notre propre développement.  Dans la conception universelle chamanique, elles deviennent nos orphelines, à nous tous, nous en sommes tous responsables.  Nous tous sommes dans cet élan vital et commun  universel concernés par ces fantômes qui nous hantent, nous et notre mémoire débile. 

Les abandonner ? Ou les accompagner pour que ce passage sacré se réalise et les libère définitivement pour nous revenir sous l'aspect  de cet esprit entièrement apaisé ? Que choisit-on : un travail collectif de mémoire et de recueillement ou un lâche oubli qui relègue les fantômes aux oubliettes de notre lâcheté et de notre opportunisme ? Pour exemple, on refuse les "Réverbères  de la mémoire" car on croit parvenir par  l'oubli et la négligence à effacer les crimes du génocide arménien, on courbe l'échine par opportunisme, il en est de même pour tous les génocides délaissés. 

Cette vision chamanique induit une autre réflexion : qu'advient-il de ces âmes livrées au déni et à l'enfouissement des consciences, qu’en est-il de ces âmes troublées qui errent sans fin ? Pourquoi doivent-elles et comment peuvent-elles encore supporter l’oubli et le silence des vivants ?

L’histoire doit garder allumés ses « Réverbères de la mémoire » pour ne pas oublier ses morts et leur donner une chance de continuer leur route vers l’infini. Puissent nos âmes boire à la source claire de nos consciences.  Vous pouvez y croire, ou ne pas y croire, vous intéresser ou pas à cette dimension spirituelle comme celle que nous propose le chamanisme, mais comme pour le pari de Pascal, on peut sans risque conclure qu’on n’y gagne plus à croire qu’à douter.  Que risque-t-on à réveiller le chamane qui sommeille en chacun de nous ? Sauver nos âmes et nos consciences et se souvenir de notre lien profond  à la puissance de l'invisible. 

 

FIN DU CARNET DE VOYAGE MONGOL 

 

JE VOUS INVITE DANS LA GRANDE YOURTE

LE DIMANCHE 18 SEPTEMBRE DE 14H à 18H

JARDINS DE LOËX

Présentation de mon dernier-né "Rêveries chamanes"

illustré par Gloria Antezana

et discussions autour du chamanisme et de notre rapport à l'invisible

Ambiance conviviale/entrée libre/

Merci à l'association Mamajah de nous accueillir au coeur des jardins biologiques de son éco-entreprise solidaire.

 

http://www.mamajah.org

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09/09/2016

Carnet de Mongolie – Mystère et chamanisme (suite)

IMG_0359.JPGLa dernière rencontre fut avec une chamane de la taïga qui appartient à la tribu des éleveurs de rennes et qui vit en partie dans un tipi, très proches des Indiens d’Amérique du Nord qui pratiquent  presque les mêmes rituels et qui selon eux appartiennent au même peuple.

D’un point de vue intellectuel, je trouvai intéressant cette intemporalité, ce lien avec l’invisible où tout n’est plus qu’énergie et esprit vivant:  la montagne, la rivière, le ciel, où chaque élément ne devient que prétexte à se connecter avec les forces de l’invisible. Je songeai  à ces rituels identiques pratiqués à divers endroits de la terre, Afrique, Asie, Amérique latine et qui effacent les frontières entre les esprits et les vivants et les vivants entre ux,  entre les vivants et la nature et les animaux,  comme si l'ensemble ne formait  qu’un tout dans une systémique cosmogonique où le temps et les frontières sont effacés. 

Une vision d’un monde où tout se rencontre et se connecte ; un autre regard sur le monde et la puissance de l’invisible, côtoyer le mystère en l’acceptant pleinement, c’est un peu l’approche des Mongols et de plus en plus d’Européens qui cherchent dans le chamanisme à se reconnecter avec le monde visible et invisible qui les entoure afin de recréer le lien. 

Des rituels qui nous échappent. Pour l’imaginaire,  c’est une source infinie d'inspiration, des idées de romans pourraient en surgir, dans lesquels le réel se confondrait avec le monde éthéré.

PORTE  OUVERTE SUR UN AILLEURS 

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UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

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06/09/2016

Carnet de Mongolie – mystère et chamanisme

IMG_0048.JPGC’était un peu le but de mon voyage, découvrir en quoi consistait un chamanisme pratiqué depuis plus de 3’OOO ans.

Accompagnés par deux chamanes, dont une qui officiait et d’origine de la tribu des Darkhates, nous nous sommes retrouvés  dans une petite clairière, elles ont commencé par purifier les lieux en faisant des offrandes aux quatre points cardinaux.

La chamane a commencé à jouer de la guimbarde, puis a pris son tambour après quelques minutes, une transe survint puis de légers tremblements suivirent,  annonciateurs de  l’arrivée d’un esprit très ancien. Sa voix changea entièrement : une voix rauque, celle d’un vieil homme.  Bien que couverte par un masque et habillé de son habit de chamane orné de protections, on pouvait deviner une bouche tremblotante. L’assistante l’accueillit comme quelqu’un qui venait de très loin, "sur le cheval du vent",  puis lui offrit à boire et des cigarettes. Après cela, l’esprit demanda qui voulait poser des questions. Tour à tour, nous nous agenouillâmes, nous étions trois et nous pûmes interroger l'esprit.  Je fus surprise car très rapidement, il me donna des détails précis qui concernaient ma vie  et que nulle autre que moi pouvais  connaître.

Cette séance dura bien deux heures, j’avais plutôt envie d’interviewer l’esprit en question et surtout savoir où était la personne accueillante pendant que l’esprit était là, mais les questions trop rationnelles ne recevaient que des réponses vagues. L’esprit semblait venir d’un autre temps et parlait un vieux mongol qui remontait à  200 ans.

Les chamanes ne sont pas surpris d’appeler un esprit d’ailleurs et de parler sa langue, si vos ancêtres sont siciliens, il pourrait se mettre à parler leur langue. On m’a relaté, à plusieurs reprises et depuis la Suisse même , le cas d’une Suissesse qui s’est mise à parler une vieille langue mongole sans ne l'avoir jamais apprise.

J’étais dubitative face à cette étrange mystique, les repères devenus un peu flous, tout ceci semblait appartenir à un courant surréaliste et que cela assurément aurait pu passionner un André Breton et toute l’école des surréalistes, en quête de signes mystérieux avec l’au-delà.

La deuxième rencontre se fit avec des médecins et des psychologues qui avaient étudié dans les meilleures universités de Séoul et de Moscou. Ils utilisaient les pratiques chamaniques pour parvenir à établir un diagnostic transgénérationnel et précis des maladies, en se référant aux ancêtres et à leur énergie afin de définir sur plusieurs lignées quelles pouvaient être les fragilités communes à tous. L'esprit scientifique semblait parfaitement s'accommoder avec l'ésotérisme.

 La troisième expérience se fit dans une autre forêt au centre de la Mongolie,  après avoir roulé des heures dans la steppe. Ce jour-là, il pleuvait, lorsque  l’esprit vint, il n’avait plus envie de partir;  cela dura plus de quatre heures sous une légère pluie. Les pieds gourds, tapant légèrement le sol pour me réchauffer, trempe jusqu’aux os, je me demandai si en fin de compte,  il n’aurait pas envie de retourner chez lui dans son ciel.  Avec  inquiétude, je m'interrogeai : et si par malheur il ne repartait pas ?!! Il soliloqua  durant des heures, racontant sa vie d’autrefois, la présente dans un monde qui me paraissait étrange et incompréhensible. Il insista surtout sur la nécessité de protection de la terre et des humains, le rôle essentiel essentiel que chacun devait assurer. Le phénomène qui me paraissait le plus singulier, c’est qu’un esprit pouvait boire jusqu’à deux bouteilles de vodka et quand il partait, la personne revenue à elle, n’était absolument pas ivre.

Je rentrai dans ma yourte, gelée jusqu’à l’âme, jouer  de la guimbarde en claquant des dents. 

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UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

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04/09/2016

Burkini, face-Kini, spaghetti

la-nouvelle-tendance-en-chine-le-face-kini7.jpgPour revenir sur le sujet, nous avons beaucoup entendu parlé de burkini, mais très peu du face-kini, la grande mode en Chine, on se couvre le visage et tout le corps par crainte du soleil. En partant faire une balade à cheval, en Mongolie, j'ai vu des Coréens arrivés affublés de grandes lunettes, d'un large chapeau, d'un foulard couvrant le visage et des gants, avec pour  seul objectif , éviter le soleil. Et je vous assure, même les chevaux avaient peur, ils hennissaient d'effroi et se cabraient à la vue de tout cet  attirail. 

Garder à tout prix la peau blanche à amener des femmes mêmes à se la décolorer, comme quoi les canons esthétiques peuvent faire effet d'un burkini et soumettre encore une fois, la femme.  Derrière la nécessité d'avoir la peau blanche c'est se distinguer des paysannes qui travaillent dans les champs, c'est une forme d'ascension sociale transformée  en tendance esthétique. 

IMG_1262.JPGPuis, il y a  l'épicier italien à Genève "Saveurs d'Italie  qui lui a une autre vision de la chose, sur son rideau métallique une fresque représente une femme nageant nue dans un plat de spaghetti. 

Il y a mille et une formes de burkinisation, y compris celle de la pensée voilée. Mais sous moult  formes le corps de la femme a toujours été le lieu de toutes les guerres et de tous les types de domination. Souvenez-vous des petits pieds meurtris des asiatiques  et particulièrement en Chine bandés dès la naissance et surnommés "pieds de Lys". 

La femme couverte, la femme qui doit être mince,  la femme au long cou, la femme nue, la femme liposuccée, la femme excisée, la femme infibulée, la femme siliconée, corsetée, autant de burkinis, mais ça on ne le voit plus, on croit avoir affaire à une forme nouvelle de domination, mais non !Rien de nouveau sous le soleil! 

Cela fait depuis la nuit des temps que l'on soumet le corps de la femme. 

 

 

Mon corps m'appartient !  

 

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03/09/2016

"Doux comme le petit Jésus en culotte de velours"

IMG_1186.JPGPartie en week-end à Morteau pour un anniversaire, nous logeons avec des amis dans un petit hôtel qui donne sur une très belle vue, surtout à l’aube, quand la plaine se recouvre d’embruns fantomatiques.

Une gentille dame fait le service du matin, la coupe au carré, un visage plein et radieux, travailleuse acharnée, au contact rugueux et direct,  au franc-parler incisif. Toute guillerette, elle  vous apporte les oeufs pondus du jour du poulailler d'à côté,  après avoir couru chez elle,  cherché  les coquetiers, et raconté qu’elle ferait mille kilomètres pour manger des yaourts au mocca Silivri.  Lorsqu’elle n’y résiste plus, n'ayant ni voiture ni permis de conduire, la charmante dame va jusqu'à  monter dans un train et effectue le trajet, Morteau-La Chaux-de-Fonds, assure son plein de yaourts et s’en retourne chez elle s’en mettre plein la panse. Ah ! ces yaourts au mocca « plus doux que le petit Jésus en culotte de velours ! »,  termine-t-elle en soupirant,  au souvenir de cette douceur, fermant les yeux pour revoir en imagination ces petits trésors de gourmandise. 

 

 

Unknown-1.jpegAbsolument ravie par l’expression, j’arrête de jouer de la guimbarde et tends une oreille attentive, tandis qu’elle s’adresse à mes amis. L’un d’entre eux, dans un élan de générosité,  lui propose de lui en faire ramener, le jour-même, par d’autres personnes qui doivent venir de Genève. Ni une ni deux, un sms part pour une commande de dix gobelets mocca!

On nous les livre le soir au lieu de la fête, puis nous les ramenons à l’hôtel, tard dans la nuit.  Le matin, très tôt, j'entends quelques coups contre ma porte, toujours annonciateurs de quelque drame. On m’apprend que l’amie bienveillante s’est cassé la cheville. Allongée dans son lit, la jambe effectivement enflée, elle explique avoir voulu déposer les yaourts sur le balcon, avoir raté la marche et être finalement tombée en un fracas épouvantable.

L’ambulance arrive,  à peine quatre minutes après l’avoir appelée. Nous voilà partis pour les urgences du Centre hospitalier de Pontarlier, à patienter  dans la salle d’attente. Fort heureusement  nous avons eu la présence d'esprit et le  temps de donner les yaourts mocca à la gouvernante qui aurait été aux anges sans l’incident et qui depuis nous a appelés pour demander des nouvelles. Réponse: six semaines de plâtre. 

Assise depuis quatre heures, à voir défiler, les insolations, les accidents à vélo, les crises de calculs rénaux, je sors, reprends ma guimbarde et imagine le « petit Jésus en culotte de velours » remonter péniblement en escalade le long d’une gorge noyée dans une rivière de  mocca avec une jambe dans le plâtre. 

La voiture transformée en ambulance tous sièges couchés, je roule au pas, direction Genève, supportant les cris de la blessée, à chaque nid-de-poule, à chaque gendarme couché, à chaque virage, en laissant trotter dans ma tête rêveuse comme une ritournelle : "doux comme le petit Jésus en culotte de velours!doux comme le petit Jésus en culotte de velours!"

Quelle magnifique expression souvent utilisée pour l’excellence d’un vin !

Autre délicieuse expression :

 « Vous allez me goûter ça […] C'est un nectar, c'est un velours... Le Bon Dieu en culotte de soie ! ". Il  n’y a qu’un peuple de gourmands capables de sortir de si belles formules.

 

UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

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31/08/2016

Et si le burkini pouvait sauver des vies

353717.jpgExcusez-moi de cette petite incursion entre deux écrits sur le chamanisme, mais une réflexion qui pourrait proposer un autre regard sur le problème du burkini dans lequel s'est noyée la France en se couvrant entièrement des pieds à la tête d'un épais ridicule.

Après avoir vécu en direct le tsunami alors que j'étais au Sri Lanka  à moins de 200 mètres de l'Océan indien, le 26 décembre 2004, je fus surprise mais surtout très touchée de constater par la suite  que parmi les morts on comptait beaucoup plus de femmes et de filles et pour cause.

La plupart ne savaient pas nager et n'avaient jamais appris. En effet, on observe que les femmes et les petites filles restent habillées et au bord de l'eau, sans doute par pudeur et parce qu'elles n'ont jamais appris, elles se rafraîchissent sans s'éloigner, mais aussi le maillot de bain tel que nous le connaissons est un produit d'importation étranger qui coûte  cher. Retournée après le tsunami développer des projets microcrédits,  j'avais insisté sur la construction d'une piscine à Tangalle, au Sud du pays. Menant mon enquête, j'avais interpellé de nombreuses personnes et de m'enquérir comment elles  expliquaient que les  statistiques montraient à l'évidence cette différence, en se dandinant, gênés, d'un pied à l'autre, les hommes me répondaient que c'est parce qu'elles se trouvaient être à la maison, encore tôt le matin,  entrain de préparer le repas et faire le ménage alors que les les hommes étaient déjà hors de la maison et qu'ils ont pu courir vers les hauteurs ou nager.  Il a été difficile de leur faire admettre que les femmes ne savaient pas nager et qu'il était devenu important, voire essentielle de permettre aux filles d'apprendre la natation;  la question séparation fille-garçon se posa, naturellement. Ils finissaient par acquiescer, la tête en bas en la secouant de façon désespérée.

Nous parlons là de bouddhistes, et comme dans toute l'Inde aussi, nous parlons de gens pudiques, en France, on les déshabillerait sur la plage entre deux policiers.

Si le burkini pouvait leur permettre d'apprendre à nager et de ne pas être les premières victimes d'un tsunami, une inégalité criante face au drame,  le fameux burkini tant décrié deviendrait l'habit qui leur permettrait de sauver leur peau. Apprendre à nager est une nécessité et devrait être obligatoire surtout lorsqu'on vit en bord de mer. 

Bon, je vous laisse à cette réflexion et retourne à mes steppes mongoles , bien à vous !

En attendant un peu de musique sur Itsi Bitsi Petit Bikini, quand le bikini débarquait sur les plages 


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25/08/2016

Carnet de Mongolie - Chamanisme et puissance de l'invisible

IMG_9980.JPGLe chamanisme est considéré vieux comme le monde. Dès l'âge du bronze, des rituels chamaniques sont identifiés. Gengis Khan, figure majeure de ce mouvement spirituel pratiquait lui aussi le  Tengrisme;  une vie en phase avec l’univers, les ancêtres, et le Ciel Bleu éternel. En Mongolie, on identifie 99 divinités dont l'ultime, la centième, se compte à part, et  est dissociée des autres. Le ciel ultime, LE CIEL BLEU .

Dans tout le pays on découvre des Obo (oovo), monticules de pierres qui représentent d'anciens sanctuaires chamaniques et qui marquent un endroit considéré comme sacré, abritant des esprits  et qui ont échappé à la destruction.

Chassés par les bouddhistes, puis anéantis par le communisme, les chamanes ont pu voir ressurgir depuis les années 1990 , suite à la fin du régime communiste, et cela après plusieurs siècles de disparition, leur pratique ancestrale qui dans les régions les plus isolées ont pourtant continué à se développer, comme dans la taïga.

IMG_0007.JPGAppelés à soigner les corps et les âmes, on dénombre, 22'000 chamanes en Mongolie. Celui qui est appelé renonce à tout pour suivre sa voie. Des juges, des banquiers, des hommes d’affaires, du jour au lendemain,  peuvent être amenés à délaisser leurs charges pour vivre leur vie de chamane et cela dans l'unique but de se mettre à disposition des autres et faire le lien entre les esprits et les hommes.  

Le mot chamane  signifie « celui qui sait «  et force est de constater que l’esprit qui visite un chamane, appelé par lui , sait presque tout sur vous, c’en est même troublant.

Le chamanisme est d’autant plus aisé à pratiquer qu’il n’a pas besoin d’un lieu spécifique. Souvent, les pratiques se font,  en été,  dans les forêts pour se connecter à l’esprit des lieux et permettre d'entrer en contact avec les anciens après être entré en transe.

Les jeunes sont très attirés par ce qu’induit ce courant mystique;  il est fortement en lien avec la nature qui est le Temple Divin et dont le respect doit être absolu. Montagnes, rivières, forêts sont autant d'endroits sacrés qu'on vénère et auxquels on fait des offrandes. Une chamane me disait qu’extraire de l’or d’une rivière revient à retirer du sang des veines, si l’or est dans la rivière c’est qu’il lui est indispensable. Autant dire que les extractions minières du pays ne sont pas vues d’un bon œil.

Pour ma part, dans le prochain billet, je vous décrirai quatre rencontres avec des chamanes de groupes ethniques différents, dont les pratiques se différencient, elles, aussi. Contrairement aux pratiques chamaniques d'Amérique latine, aussi proches que celle d'Afrique,  il n'y a ni drogue, ni champignon hallucinogène. Une guimbarde, un tambour, des chants suffisent à faire venir les esprits.

Pour les chamanes,  nos racines profondes viennent du ciel, nos liens aux anciens sont essentiels. Sans ceux-ci, nous ne sommes qu’une enveloppe vide, notre « hijmor » ne peut-être qu’affecté par ce néant, notre équilibre intérieur reposant aussi sur le lien fort que nous avons avec les anciens qui nous tient en nous tirant vers le haut, nos racines du ciel sont nos piliers fondateurs. 

 

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UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

 

Crédit photo D. Chraïti

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23/08/2016

Carnet de Mongolie - Parfum de steppe

IMG_0396.JPGLa steppe sur des milliers de kilomètres recouverte d'un tendre tapis vert, - prairie herbeuse - , sur lequel les sabots des chevaux non ferrés,  résonnent, tandis qu'ils galopent plus légers que le vent. Des sousliks courent à toute vitesse se terrer dans leur trou qui brise les pattes des chevaux lancés au galop.

 

 

 

 

IMG_0254.JPGDes milans noirs , des aigles dorés aux serres puissantes et aux battements lents et profonds,  des busards cendrés au vol gracile, des faucons sacre se déploient lentement dans le ciel, un ballet aérien tout de grâce et de légèreté; leurs ailes forment des ombres sur le sol lorsque d'un coup, ils plongent vers une proie en piquant droit sur elle. Le bruit des charognards s'agitant autour d'un chien qui ronge en toute tranquillité son os et ne se laisse guère intimider, déchirent le silence. Des vautours sautillent en se dandinant sur le flanc des collines, leurs ailes posées sur le corps comme une cape d'où émerge un long cou blanc.

Des troupeaux ne cessent de traverser la piste, yaks, vaches, chèvres, moutons, chevaux se partagent des plaines infinies où le temps semble  retenir son souffle.  Le plus étonnant est le silence absolu, troublé parfois par le cri  lointain des yaks ou le hennissement des chevaux qui s'ébranlent d'un coup, par un signe qui n'appartient qu'à eux,  et partent au galop,  côte à côte, crinière au vent. De temps en temps, on croise une yourte blanche devant laquelle est posé un panneau solaire et dont la porte ouverte offre la vision d'un enfant jouant assis par terre tandis que sa mère prépare le feu d'un brasero à l'extérieur, le père attache le cheval après être arrivé à bride abattue et enlève d'un geste tranquille la selle en bois colorée,  jaune et orange, une ceinture de la même couleur autour de la taille et qui rappelle que l'homme et le cheval ne font qu'un dans ce décor puissant. 

Plus étonnante dans ces étendues désertes est cette présence forte, quasi palpable, de ce parfum aux senteurs chaudes qui s'exhalent et vous enivrent; un parfum de thym sauvage, de camomille, d'absinthe et d'ambroisie embaument l'air et le gorgent  jusqu'à satiété.

Les rivières serpentent,  argentées,  et ondoient dans une presque immobilité au milieu de l'écrin émeraude des prairies. 

 

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UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

Crédit photo D. Chraïti

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21/08/2016

Carnet de Mongolie- Fête dans la yourte

IMG_0108.JPGDans le parc national du Terelj, nous logeons dans les yourtes du Terelj lodge, 25 yourtes alignées assez proches les unes des autres. On m'a invitée à partager une yourte avec des voyageurs que je ne connais pas, chaque yourte offre quatre lits simples en bois dur, une table, un brasero.

Un car s'arrête et déverse une quarantaine de Mongols, il s'avère que ce sont les anciens élèves et le personnel d'une école qui fête ses 30 ans, ils ont à vue d'oeil entre 40  et 50 ans. Tout est mis en place dans la salle de restaurant pour les accueillir, piste de danse, karaoké, avec le couple de voyageurs, nous nous retrouvons à une table, isolée dans un coin. Les anciens élèves se lèvent et portent fréquemment des toasts en vidant des verres de vodka d'une traite. Très rapidement l'ambiance s'échauffe, des danseurs s'élancent sur la piste pour quelques pas de valse. Quand arrive la photo de classe, appelés par le photographe, tous sortent s'asseoir dans un champ parsemé d'edelweiss et de gentianes à l'arrière du bâtiment principal et poser pour la postérité. Nous les laissons à leur fête et partons rejoindre notre yourte.

A 1h30 du matin, une marée titubante déferle entre les yourtes, perçant la nuit d'éclats de rire, des cris de femmes que l'on pince ou chatouille dans la nuit, les numéros de yourtes ne sont plus que des points d'interrogation vacillant dans l'obscurité, des dizaines  de mains qui palpent la nuit en tâtonnant, en quête de serrure.  Le chemin entre elles n'est plus qu'un labyrinthe inextricable perdu dans la pénombre subtile d'une nuit de fête. Un Mongol fait erreur et s'introduit dans la nôtre, puis comme piqué par une abeille, il se jette en arrière et rate les deux  marches.

Puis ils entonnent des chants, un contralto féminin  fait écho à la montagne sur un air d'opéra, un baryton s'exerce dans la nuit, puis des chœurs, certaines voix au timbre parfait sortent du lot, les chants sont interrompus par des rires et parfois des gloussements. Il est déjà 4 heures du matin, couchée dans ma yourte, j'écoute le ramdam des fêtards. Puis, comme par magie, ils sont poussés vers le champ où se trouvent des yaks pour qu'ils puissent continuer à chanter à tue-tête.

Couchée sur un lit dur, derrière mes paupières closes, j'imagine cette fête magnifique, ce cortège chancelant sous le feu d'un ciel étoilé parsemé d'étoiles filantes qui se laissent tomber à l'horizon après avoir traversé tout le ciel, en une profonde révérence stellaire. Cette joie communicative coule sur moi comme une onde bienfaitrice, j'écris déjà mes impressions mentalement en formant des mots et des phrases. Sur le tableau noir de cette nuit blanche,  le récit se dessine, lui aussi,  à tâtons dans la pénombre. Cette fête est devenue aussi la mienne, celle de l'imaginaire en goguette. 

IMG_0158.JPGA l'aube, en sortant, je vois une armée en défaite, un Waterloo mongol,  des amies se tiennent par le bras et se dirigent l'estomac barbouillé vers les toilettes, un homme soutient son ventre en essayant de se vider , les plus hardis continuent à la vodka tandis qu'une partie de foot s'organise leur rappelant avec émotion, le temps de la cour de récréation. Une vieille dame sort la tête de sa yourte, observe le spectacle de la partie et satisfaite s'engouffre aussitôt au chaud, sans doute, une maîtresse d'autrefois qui jette un coup d'oeil attentif et ému sur sa classe d'antan, aujourd'hui, des hommes et des femmes, encore un brin indisciplinés.

 

A chaque fois que je croise  alors les Mongols de la fête, ils me font une légère courbette  en forme d'excuse  pour la nuit blanche mais semblant ajouter tout à la fois que la fête est si bonne, je souris pour leur prouver que je ne leur en tiens pas rigueur, bien au contraire !

Avec les quatre mois d'été, les Mongols paraissent profiter jour et nuit du soleil et de la lumière. 

 

UN GRAND MERCI A CYNTHIA ALTHAUS - CORRECTRICE STAGIAIRE

 

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Crédit photo D. Chraïti

09:49 Publié dans Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |