15/08/2017

Moïse, le premier ingénieur électricien

 

denderah1.jpgMon invité – Joshua Gabriel Saada est né en Tunisie où il y a obtenu un bac technique délivré par le Ministère tunisien de l'éducation. Ingénieur expert en Israël dans les centrales électriques, il voyage dans de nombreux pays pour des interventions techniques en qualité de consultant, il est  également conférencier à ses heures.

 "Je veux vous expliquer ce que signifie l'électricité pour moi.

En passant de la civilisation grecque à notre époque, en partant même encore plus tôt depuis la civilisation égyptienne ou même on pourrait dire depuis la nuit des temps, l'homme a toujours prêté attention aux forces naturelles en furie, et spécialement au feu,- sa source de survie - qui apparaissait après une foudre ou une décharge d'électricité statique dans le ciel. On interprétait cela comme la colère des Dieux, un grondement effroyable né du claquage de l'arc électrique qui crée un vacarme assourdissant en raison de la perforation des couches d'air isolante.  

Nos ancêtre associaient ces phénomènes naturels à la puissance divine : invisibles, inodores, incolores, intouchables et s'abattant à chaque fois que les humains manquaient de respect pour Dieu .... Les tribus hébraïque en Egypte et les philosophes égyptiens du Pharaon avaient observé cette curiosité et ont même essayé d'emmagasiner une partie de cette puissance étrange.

Aidés par les alchimistes du pharaon, ils ont construit le premier stockage d'électricité sans faire de distinction entre l'électricité statique et le courant continu.

Les archéologues affirment qu'ils ont trouvé des jarres dans les fouilles ressemblant à de vulgaires batteries et qui étaient utilisées pour illuminer par échauffement de métal soit par infrarouge, le travail de construction des Pyramides, sans doute préférable à des torches qui auraient consommé l'oxygène et rendu la vie des artistes et maçons infernale .

Des millénaires ont passé en employant ce système d'éclairage.

L'archéologie a identifié cette fresque représentant un objet comme la première batterie tout simplement et retenu comme Lampes de Denderah, une preuve irréfutable de l'existence de torches éclairantes; une découverte archéologique sur l'histoire de l'électricité négligée et qui n'a pas reçu l'attention qu'elle méritait.

Pour une reproduction de la pile électrique égyptienne ou celles de Mésopotamie d'Irak datant de la même période, il était nécessaire d'avoir un pot, un bâton de charbon produit avec un tronc d'arbre brûlé immergé dans du jus de raisin ou de citron avec un collier de fer ou de cuivre, qui servait d'ancre de levage pour cette batterie archaïque. Tous ces alchimistes et ces philosophes ne savaient pas qu'ils avaient créé la première batterie de capacité remarquable, des piles dont la mesure d'unité se nommera ampère / heure. Le dispositif mystérieux devait trouver là sa source.

J'aime rappeler qu'aucune trace de suie ou de fumée n'ont été trouvées sur les fresques des pyramides ou sur les cloisons, les couloirs et surtout les plafonds. Je suppose que la batterie est née seulement après avoir qu'accidentellement une pièce métallique ait été touchée, quand un court-circuit se produisit entre le collier métallique et le bâton de charbon immergé dans le jus de raisin ou de citron créant une étincelle moins intense mais semblable à la décharge électrique provoquée par la foudre.

Comme toutes les découvertes trouvées fortuitement, une découverte en entraîne une autre et plus rien ne saurait arrêter la curiosité humaine sur des siècles.

Je suppose que nos ancêtres ont fait un lien entre les deux électrodes de la batterie qui provoqua accidentellement le chauffage de la pièce et qui a engendré des rayons infrarouges qui illuminent l'obscurité des pièces. Il leur fallait construire le monde des morts dans les pyramides, et ce but était important, des prêtres proches des Pharaons et dont c'était le devoir.

Cette découverte se prolongea durant mille ans sans évolution majeure et ce jusqu'à la civilisation grecque.

L'exode des Hébreux conduit par Moïse est aussi éclairante à ce sujet.

Une Intuition appelé en ce temps-là une prophétie est venue à Moïse pour sauver le Tabernacle qui contenait les tables de la loi écrite à l'aide du doigt de Dieu et comment le protéger et le sécuriser au moment où y fut déposée, la table des Dix commandements.

Moïse se souvint du stockage des mystérieuse Lampes de Denderah en Égypte et essaya de produire de l'éclairage pour travailler dans les chambres obscure des Pyramides. Il décida de stoker l'électricité et d'utiliser cette source peu connue.

De là à poser la question à mon auditoire curieux et avide de connaissance : Savez-vous qui est le premier ingénieur de l'histoire de d'humanité? J'enchaînai aussitôt : vous n'êtes pas obligé de trouver la réponse, voici la réponse :

Le premier ingénieur électricien était Moïse!

Il eut l'Intuition ou a été touché par la prophétie pour la construction d'un condensateur pour stocker l'énergie électrique et rendre le Tabernacle intouchable, par peur d'un choc électrique, qui aurait entraîné la mort si on parvenait à le toucher.

En tant qu'ingénieur, je dois vérifier mes sources et pour cela il me suffit de me rapporter à la bible.

Fondé sur une source authentique d'un livre qui n'a pas changé d'un point ou d'une virgule depuis sa première édition et pour asseoir mon hypothèse, je m'appuie sur la description parfait dans le Livre biblique de l'Exode, spécifiquement Exode 25-31 et 35-40 de la construction du Tabernacle. Pour étayer ma thèse, je pourrais ajouter qu'en dehors des arguments bibliques, nous savons aujourd'hui grâce aux relevés météorologiques que le désert du Sinaï est chargé d'un potentiel d'électricité statique élevé, que la sécheresse et les vents violents et poussiéreux facilitent la formation d'un champ électrostatique. Moïse utilisa également la protection contre l'électrochoc quand il relia les porteurs de l'arc " le Tabernacle" à la terre par des chaînes métallique attachées à la base de l'arche avant les brancards de portage ,eux aussi recouverts de métal et les chaînes entouraient le tour de hanches des porteurs qui se sentirent protégés et cela était vraiment une protection parfaite quand les chaînes traînaient par terre. D’où vient le nom de mise à la terre. Les porteurs de l'arc (Tabernacle) se voyaient en sécurité grâce à la force divine et le faisaient en toute confiance et en toute sécurité.

C'est assez clair! C'était le premier condensateur! Oui! L'arc a été le premier condensateur électrique construit par les humains dans le monde

 Il y a d'autres condensateurs construits par la nature quand le monde et l'univers ont été créés. Prenons comme premier et simple exemple, les nuages ​​autour de notre globe composés de vapeur d'eau, comme nous le savons l'eau pure est un isolant mais les nuages ​​contaminés par les particules de poussière sont transformés en élément conducteur. Particules de toutes provenances et spécialement des volcans. ​​La contamination est en parfait équilibre évitant les pluies acides! Ou inverse! Les nuages ​​sont d'une surface énorme transformée en électrode (comme l'anode ou la cathode dépend de la polarité des particules cumulée dans les nuages)!

Lorsque les nuages ​​rencontrent d'autres charges positives ou négatives, nous avons obtenu une décharge électrique statique (Lightning) par différents potentiels de charges!

Le flux de potentiel statique vers le sol. Lorsque la décharge est entre les nuages ​​et le sol ou à partir du sol dépendent des charges négatives ou positives entre les nuages ​​et le sol, même pour une grande distance, la foudre n'a pas de problèmes avec le potentiel de milliards de volts. (En raison de l'immense surface des nuages). Ainsi, si on mesure un kilomètre entre les deux potentiels nous aurons besoin de millions de volts (statique) créant un échange d'ion (arc électrique)

L'évolution a amené les Grecques à donner un nom significatif à ce phénomène gigantesque. Les Grecques et les Egyptiens ont associé ce phénomène à un acte de punition en raison du mécontentement : " Zeus inflige ses explosion violente à ses mécréants "

 Aristote - Professeur d'Alexandre le Grand, remarqua que l'ambre a la caractéristique de produire et se charger de potentiel statique, une fois frotté à d'autres matières en les attirant sous forme de particules d'après leurs polarité (nous pouvons observer des aimants pour se souvenir de la polarité Nord//Sud, (les particules, elles aussi ont une polarité Nord/Sud semblable à un aimant.

Aristote appela ce phénomène par le nom de l'ambre en grec : "ELECTRA". Le philosophe a pour la première fois nommé Electre le phénomène "Electricité" , enfin un nom fut trouvé pour nommer cet étrange phénomène."

 

 ENGLISH VERSION 

 

I need elucidating what's mean for me electricity!

From the Greek Civilization to our civilization tough time and even into dark time!

From the shady time of Egypt Civilization to Great philosopher Greek civilization! Human paid attention for lighting power and to the fire which appeared after discharge of static electricity.

Our ancestor attached to the phenomenon divine power, imperceptible, with no smells, with no colors, unattainable and beating every time Humans lacked respect for God ….

Hebrew tribe in Egypt and they're philosophe after several time watching this Curiosity and Tried to store a part of this strange power ,After several fiasco in catching even the impact of foreign particle from the ground or burned trees!

Human helped by Farrow alchemists' and member of clergy for religious target, trying using this strange power in building pyramids! This important target preparing, constructing & Decorate the world of death for the Divinity in life "Pharaoh " they look for a system able illuminating system for Pyramid corridors and decorate the deaf rooms of Pharaoh Crypt.

They do not know the final target, built the first electricity storage! First battery!

They do not make difference between Static Electricity and Continuous Current. Archeologist affirms they found in Iraqi Jars into excavation looking similar to vulgar jars aged three thousand years! And use it as batteries vessel …I want remind Dandhera lamp in Egypt

Approved discovery of the first batteries simply we need a reproduction by trial and error! Dandhera lamps are what could be defined as perfect real Parts, namely one or more historical, archaeological or paleontological objects found in a historical period totally foreign to the objects for restauration of this antic discovery, this antic object.

we need a Jar, a stick of coal produced by a burned trunk tree immersed into Grape or lemon juice and iron or cooper collar, served as lifting anchor for this archaic battery's! But all of these alchemist and philosopher did not know that they had created the first battery of large capacity! The Capacity of Batteries measured by a unity called Ampere/Hour! The Magic device start his life

I like remind no traces of soot or smoke were found on the frescoes of the pyramids

I presume battery's only after felt accidentally a stick of metal jar top , a short circuit occur between the metal Collar & the coal stick immerged in the grape or lemon juice !Creating a less intense spark similar to electrical discharge comparable to lightning !

As all discoveries found fortuitously and a discovery produce another investigation!

Unnecessarily prolonged this assumption unwanted. All of these facts have taken indefinite time may be century .

Our ancestors make accidentally a connection between the two batteries electrode's and bring about heating of the metal part create heating of the metal piece until generate Infra-red ray waves who illuminate the darkness of the rooms and space of works , until discharging our archaic battery ! This target was very essential!

Building the world of deaf in construction of pyramids!

This found a long life of thousand years with no improvement until Greek civilization.

Else with the exodus of People of Israel, when Moses leading the people of Israel.

A Prophecy came to Moses to save Tabernacle safe when he deposed the 10 commandments tablet. He remembers the storage of energy mysteries in Egypt & Try storing electricity and using that maybe hundreds of year before!

This is a question I use asking at professional conference before Engineers lecture at:

Do you knows who who's the First electrical engineer?

You are exempt giving me answer!

The first Engineer Electrician was Moses! He got the inspiration how building a Capacitor (Condenser) stores Electrical energy for making the tabernacle untouchable ,fear of electric shock ,and certainly death once touched the tabernacle .

As Engineer I must found a bibliographic buttress!

I fund an authentic source to my assumption, for the construction of the Tabernacle is the biblical Book of Exodus, specifically Exodus 25–31 and 35–40.

We know today Sinai desert, charged by static electricity potential raised by drought! Enable formation of forceful electrostatic field.

Moses use also protection against electroshock when he connect Tabernacle bearers to Ground by metal manacles around they hips , Protected by Grounding the peoples Carrying the Arch ( Tabernacle ) can do it in perfect safety .

It's enough clear! This was the first condenser! Yes! The arch was the first Electric Capacitor (Condenser) built by Humans in the world!

There are other Capacitors built by the wildlife! By Divinity! By Got! When was create the World and the Universe. First and simple example the Clouds around our Globe Composed by water vapor , as we know pure water are insulation ( Clouds contaminated by dust particles are Transformed into Conductor element ) Particles from everywhere !(Specially from Volcano's ) ! Clouds Contamination in perfect equilibrium avoids acid rains! Or Inverse! Conductor's clouds are of huge surface transformed into electrode (As anode or Cathode depends on particles polarity cumulate in clouds)!

When clouds meet winds they are loaded static electricity & charge ours clouds (Natural Capacitors) static electricity, When Clouds meet one the overs of positive or negative charge, we acquired a static electric discharge (Lightning) by different potential of charges! The static potential flow to the Ground .When the discharge is between the clouds and the ground or from the Ground depend on negative or positive charges between clouds and ground , even for vast distance the lightning has no problems with potential of billions Volts. (Owing by: huge surface of clouds).So if one kilometer between the two potentials we will need million volts (static) creating Long exchange (Electric Arc).

The evolution brought the Greek to give a significant name to this huge phenomenon! Greek call the phenomenon as act of divinity the Greek "Violent outburst of Zeus"

Aristotle - Teacher of Alexander the Great, notice that Amber has the characteristic of static current charge, when scrubbed! Particle of material Drawn or rejected (You remember Polarity of particle like a magnet) He calls the Phenomenon by the Name of Amber material in Greek, "ELECTRA"! Aristotle for the first time named Electra the phenomenon, "Electricity" name was given!

 

מתרבות מצרים ויוון בתקופתנו ציביליזציה אפלות וקדרות משחר כל הזמנים !ומימי קדם של התרבות וציוויליזציה לימינו אנו!

האדם שם לב לכוחות הטבע משתוללים, במיוחד אש (אשר היווה מקור של הישרדות) ובמיוחד כאשר הופיע אחרי מכת ברק או פריקת חשמל הסטטי בשמים או על פני האדמה אשר תוצאתו יצירה אש !

בימי קדם לשייך את התופעה לכוחות עליונים המביאים את זעמם של האלים דרך רעם הברק המלווה והנשמעת כתוצאה מן התופעה המטאורולוגית ,האדם חשש ממנה ומפריצת הקשת החשמלית אשר נוצרת מהתנגשות שדות חשמליים סטטיים חשמלי אשר ניקב שכבות אוויר גדולות.

לפני אלפי שנים ,קשרו את התופעה לכוח אלוהי ולא ניתן להעריך את עוצמתו , בלתי נראה, חסר ריח, חסר צבע, המתפרץ כל עוד שבני אדם חסרים לו יחס מכובד או לא מעלים קורבנות מן החי או מן האדם או מן הצומח ....

ראשי שבטים הוגה דעות מיצרים וגם עברים במצרים ,ופילוסופי ואלכימאי פרעה במצרים, לאחר שצפו בסקרנות בתופעה זאת שוב ושוב וניסו ללכוד ולהחסן מעת מן החומר המוזר הזה!

בוודאות לכבוש שליטה בידיהם אשר תביא להם עושר , במדינה שהייתה על סף רעב .ובא רק פרעה וחצרו יכלו ליהנות ממטעמי השלטון (די דומה היום).

 

בעזרת האלכימאים של פרעה ואחרי מאמצים רבים בנו את צובר האנרגיה הראשון ! לא לאנרגיה סטטית אך לזרם ישר ! שלא הבדילו ביניהם .

נבנה מחסן החשמל הראשונים !קראו לחפץ המוזר מנורת "דנדאהרה " ותמונתה הונצחה על ציורי הקיר בפירמידות .

הארכיאולוג במצרים מצאו בחפירות מכלים בשם "כנופיה" מעין "אמפורה" " Amphora "  בהם המצרים השתמשו כמיכל החסנה גם למזון וגם למשקה ,וגם לחניתה של קרביים השייכים למומיות של אנשים עשירים וחשובים במילים אחרות השייכים לנומנקלטורה המצרית .

הם יצרו מקור אור כי היו זקוקים לו על מנת להאיר ולא ללכלך את הציורים בפיח של הלפידים .

מקור אור אשר יאיר את עבודתם של האומנים השונים בפיסול וציורים ,וכמובן כתיבת הירוגליפים.

הם מצאו עוד שימוש בהם בחפירות כמו מקור אשר יאיר על עמלם המאוד עדין ומדויק ,וצורך פחות חמצן מן האוויר הדל בין קו וכו' ! מפני החושך אשר שרר ומהלפידים שלא עזרו כי היו נכבים מרוב דלות החמצן במחילות הפירמידות , נשב את תשומת ליבכם שלא נתגלו סימני עשן משמעותיים שנוצר עקב שימוש בלפידים בהם השתמשו בשמן רגיל או שמן אדמה (נפט גולמי) המשחררים כידוע פיח רב !

 לשחזר את הסוללה הפרימיטיבית שהמציאו המצרים ,אנחנו רק צריכים רפרודוקציה, באמצעות ניסוי וטעייה! של העשיריות אשר התגלו בחפירות הארכאולוגיות .

אנחנו צריכים מיכל מבודד (אמפורה מחרס ) , מקל מפוחם המיוצר על ידי ,גזע עץ שרוף השקוע בתוך מיץ לימון או מיץ ענבים , קולר ברזל או נחושת, לעגינה ולהרה יוצרים סוללה ארכאית זה !

אבל כל האלכימאים והוגי הדעות הללו לא ידעו שהם יצרו את הסוללה בעלת קיבולת הגבוהה יחסית הראשונה

כל עוד היה מספיק חומצת לימון שתאפשר זרימת אלקטרונים בין הקטודה לאנודה של הסוללה גזע העץ השרוף וקולר העיגון של הסוללה !

קיבולת הסוללה נמדדת ביחידה שנקרא אמפר / שעה !

מכשיר הקסם מתחיל את חייו כאשר על סוללה נפלה או הונחה מתכת בתעות (כל המצאה בתעות ) רק במקרה על מיכל, ויצרה קצר בין מקל המפוחם למתכת המהדק אוזני הרמה מנחושת או ברזל ויצר קשט חשמלית!

נוצרו במקום המפגש רעש וניצוצות הדומים לברק (קצר) שנגרמו על ידי הנפילה של האובייקט על מקל הפחם בחומצה (מיץ פרי) ! וגם נוצר רעש הדומה לרעם הברק אך מופחת מזה ! והדבר עורר את מחשבת האלכימאים לקשר בין הכוח זה לכוח הברק .

כמו כל התגליות בימינו ,התגליות החשובות מתגלות במקרא !

אבותינו שחזרו גם הנפילה של המתכת ,עשו חיבור בין האלקטרודות (האנודה//הקטודה) של הסוללה וגרמו לחימום של חלק המתכתי עד להלבנתה של ממתכת אשר חיברה בין שני הקטבים , עד ליצירת אור מהלבנתה של המתכת , וגלי אינפרה אדומים אשר האירו את חלל החדר , ברור שהסוללה לא אחזיקה מעמד זמן ארוך אך מה זה לפרה מחיר של סוללה , הסוללות היו מוחלות לעיתים קרובות ,כל פעם שהסוללה התרוקנה.

 

היעד היה חיוני מאוד בעיניהם של מנהיגי הדת המקומיים ! הרי לא היה דבר חשוב מעולם המוות אצל המצרים העתיקים ! בבניה פירמידות לאל עלי האדמה "פרעהו ".

לסוללה הזאת היו חיים ארוכים ללא שיפור .עד התרבות היוונית, וכך לא היה ביציאת מצרים עם ישראל, משה הוביל כידוע את הרעיון המונותאיסטי ,משה שחרר לא רק את עם ישראל ,אך עמים אחרים שהתפצלו ממנו , מציפורני פראו,

בעם ישראל היו גם אומנים וגם אנשים חכמים ולא רק עבדים משוחררים רבים .

לאחר קבלת עשרת הדיברות בהר סיני ,הייתה דאגה למשה ,איך לשמור על המטען היקר והקדוש שנמסר לו בידי השם בעצמו ?

משה התלבט עמוקות לאחר שיחזור לוחות הברית בפעם השנייה , חשב ,הכיצד לשמור על יסוד היסודות של התרבות האנושית ? לאורך זמן בלתי מוגבל ? בדרך לארץ המובטחת מכל מיני גורמים , וונדלים ,פושעים, גנבים, רוצחים שבהם נשמרו גרעיני תרבות מצריים ,הנבואה באה אליו לשמור ולהציל את המשכן כיצד להבטיח אותו עד לסוף כל הזמנים .וכאן רוח הקודש באה לעזרתו !

וזהוה החלק העיקרי של המסמך שלפניכם !

בהרצאות שנתתי במשך הקריירה שלי ,זאת השאלה שאני מנסה לשאול מהנדסי בכנסים מקצועיים :

האם הנכם יודעים מי הוא מהנדס החשמל הראשון?

והייתי ממשיך ואומר , הנכם צריכים לתת לי כל תשובה, הנכם רשאים לא להסכים איתי !

המהנדס החשמל הראשון היה משה !

הוא קבל את ההשראה של איך לבנות אוגר "קבל CAPACITOR OR CONDENSER" המסוגל לאגור אנרגיה חשמלית על מנת להפוך את המשכן היקר והקדוש בעיני עם ישראל ובידי שלושת הדתות המונותאיסטיות, בזמנו העבריים אשר יצאו ממצרים התחייבו לקבל את הדברים כפי שהם באמרה..( נעשה ונקבל ) ! כאשר קיבלו את עשרת הדיברות כחוקת נצח ,ואחרים ומלווים אותם כהמלצה בלבד !

כמהנדס, אני חייב למצוא תומכות ביבליוגראפיות לנושא שיש כאן בהשארה !

וכרגיל המקור ליהודים האמין ביותר הקיים הוא הספר תורה שרובו נרשם ביד משה. !

אך היות משה גאון ביחס לשאר בני עמו ! משה כתב את התורה כפרדיגמה ושלכולם תהיה גישה והבנה בנושא !

לא נשכח כי פרדיגמה משמשת לתת דוגמא למדע הניתנת להבנה על ידי פשוטי העם !

מעטים עד היום זכו לחוכמה כשל משה לדעתי ביהדות הם נספרים על כף יד אחד או שתים .

עתה לאימות מקור הפרטים על המשכן , אני התייחס לפסוקי התנ"ך , והוא הספר המקראי של יציאת מצרים, במיוחד שמות 25-31 ו 35-40.

ועכשיו להצדקת הנושא מבחינה מדעית ,

אנחנו יודעים היום כי במדבר הסיני ,שדה אלקטרוסטטי אינטנסיבי אך לא הומוגני עם אזורים מסוימים חזקים ואחרים חלשים (חזק מאוד) השדה הזה נטען על ידי גרגירי אבק הנישאים ברוחות באביר יבש וחם, זה יוצר פוטנציאל סטטי מעל הפוטנציאל הסטטי הסובב אותנו כהיום שלא נשכח שההיווצרות של שדה אלקטרוסטטי זה כהנחה נגרמה ברגלי שש מאות נפש אשר צעדו ברגל (וגם מספר עגלות ובהמות גם אשר הרימו לא מעט אבק בהליכתם ) .טיפוח קירבה מידית של המשכן שנישא יחד במרכזו התהלוכה כדי להגן עליו מפגע חיצונית לעם ישראל .

משה גם בשימוש בטכניקה לא מובנת וכמעט מסתורין כמובן שבני ישראל ובצדק (כי איש לא הבין זאת גם בימינו ) שייחו את מעשה לק" בה

 

למשה התעוררה בעיה חמורה של בטחון ,והוא היה חייב בזמנו ליצור הגנה לארון הקודש ולסבלים הנושאים את המטען הקדוש ביותר אשר נוצר מאצבע האלוהים עשרת הדברות ,

לשמירת עשרת הדברות משה נזכר בתכונות החשמליות והוציא לפועל מערכת המסוגלת להגן על המשא הקדוש והיקר היקר .

כאשר הרעיון היה באיום בהתחשמלות לכל המפר שמירת מרחק מן התיבה הקדושה .

לפי מפרט המבנה שבספר התורה היה זה קבל שבתוכו הונחו עשרת הדיברות !ולזה אני נותן את אישורי כמהנדס חשמל !

הוא חיבר לתחתית הקבל או ארון הקודש ,המשכן, שרשראות מתכת לפני הסבלים ואשר היו מונחות מקבילות לאלונקות הנשיאה שלארון זה , השרשראות היו סביב מותניהם של הסבלים והקצה נוגעה ונגרר באדמה ,כך יצר ארקה להגנת הסבלים. מוגנים על ידי התחברות לפוטנציאל כדור הארץ והשוואת פוטנציאל וזה היה קרוב מלפני שלושת אלפים וחמש מאות שנים .

היום , זה די ברור! היה זה הקבל (קונדנסטור) הראשון ! כן! המשכן היה המהנדס הראשון שבנה קבל !

ישנם גם קבלים אחרים שנוצרו על ידי הטבע ! על ידי אלוהים ! והיו קבלים טבעיים גם !

הדוגמא הראשונה של קבלים טבעי היא העננים אשר נוצרו כהדי מים מהדי קיטור או מאידויי מי הימים ,אך מים טהורים הנם בידוד מוחלט בעלי התנגדות חשמלית גבוה מאוד , ידוע שהדי קיטור שאספו בקרבם חלקיקי אבק (גם זה בתהליך אלקטרו סטטי) הופכים למוליכי חשמל וצוברי חשמל בעצמם על ידי חלקיקי האבק המפרים את איזון הבידוד האלקטרוסטטי בענן עצמו ) חלקיקים ממקורות עשן ארובות תחנות כוח של מפעלים מכל הסוגים ואף מפעלים מטלורגיים והרי געש . משחררים חלקיקי ברזל וחלקיקי פחמן וגופרית ועוד אין סוף חומרים שונים ומשונים מפרי איזון ! אך בכל אופן קיים איזון ,האיזון המושלם , מונע גשם חומצי! או בסיס !

פני השטח עננים הוא ענק ומכיל את רוב חלקיקי אבק ההופך לאלקטרודות כל פני הענן !

כשהעננים פוגשים ענן אחר בעל מטען נגדי ,חיובי או שלילי, נוצר קצר ופורק את החשמל הסטטי שנוצר על פני שתי העננים שקיבלו את הפוטנציאל החיובי או השלילי ביחס לאדמה !

מטען שלילי תמיד נמשך לאדמה בפריקתו וכאשר המטען די גדול שהוא מסוגל לפרוץ את שכוות האוויר עד לאדמה ! וכאשר המטען שלילי בענן תנועת הברק מלמטה למעלה . דרך שטף האלקטרונים הפורצים ממקור שלילי למקור חיובי .

כאשר האנרגיה המשתחררת לתוך הקרקע הפוטנציאל של הברק איננו מוגבל ,ומתחו יגיעה למיליארדי וולט. (בשל השטח הגדול של פני הענן). לכן, אם קילומטר המרחק בין ענן לאדמה ,זה יצריך פוטנציאל של מאה מיליון וולט (סטטי) על מנת ליצור חילוף יונים (ליצור קשת חשמלית ) בין הפוטנציאלים השונים והמנוגדים (אנו יודעים מבדיקות אשר נעשו במעבדות) שעל מנת לפרוץ סנטימטר אוויר בתנאים רגילים בלחץ אטמוספרי של פני הים , ובלחות רגילה ממוצעת ידרשו לנו כאלף וולט ! לכן פריצת ברק במרחק של קילומטר דרוש מאה מיליון וולט ! ולא פחות זרם אשר יימדד בקילו אמפרים ! וזה משחרר אנרגיה אדירה אשר תימדד לפי משך זמן הפריקה ! לכן כאשר נשמע הרעם אנו יודעים שאנרגיה אדירה פרצה את שכבות האוויר .

מעל אלף חמש מאות שנים אחרי משה ואקסודוס ,האבולוציה יוונית בעזרת אריסטו מורה של אלכסנדר הגדול הובילה ונתנה שם בעל משמעות לתופעה ענקית זה !

היוונים ראו את התופעה כאקט של אלוהים נקרא "התפרצות כעס אלימה של זאוס"

 אריסטו – מורה אלכסנדר הבחין שלאימבר יש תכונה מאוד אופיינית שלאחר שפשוף לחומר אחר נוצרת יכולת למשוך אליו או לדחות חלקיקי חומרים אחרים .

לתופעה הזאת קרא בשם החומר ביוונית " אימבר" ELECTRA מאז ועד היום השם נשמר ומכסה את כל תופעות החשמליות ,אריסטו נתן את השם לתופעה אך לא חקר וקידם אותה משמעותית . כאשר משה עשה זאת אלף וחמש מאות שנה לפניו !

יהושע

 

 

 

 

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28/07/2017

Un rêve étrange sur la générosité

IMG_1322.JPGLors de mon séjour à la Havane, un rêve étrange m'est arrivé mais la suite du rêve fut bien plus mystérieuse encore.

Dans ce rêve, une femme âgée d'une extrême pauvreté se tenait devant moi, le visage anguleux, des cheveux gris retenus en queue de cheval. Sa vieille chemise déchirée laissait entr'apercevoir une poitrine décharnée à la peau collée aux os longs et fins, des  seins desséchés pendaient tristement pareils  à deux grandes larmes sur un corps chétif, de grands yeux sombres mais chargés d'une intensité exceptionnelle me fixaient.

Elle logeait dans ce qui pouvait ressembler à un carton, derrière elle, un amas de choses usagées. Je l'interpelle et lui dis que si elle passait la nuit sous son carton, elle aurait  de fortes chances de mourir. Je lui propose de lui acheter une paire de gants, elle décline mon offre en me désignant une paire de gants de ski dans le tas d'habits. Puis j'ouvre mon porte-monnaie,  hésite un instant entre lui donner une pièce de monnaie ou un billet de 10 frs ou de 20 frs. Après quelque hésitation, je lui tends une pièce de cinq francs, en guise de remerciement, elle me lance un clin d'oeil auquel je tente de donner un sens, puis m'éloigne. Aussitôt, des regrets me submergent et une réflexion sur la générosité et l'empathie se met en branle. Le don donne les ailes de l'ange, il est un acte sacré qui doit être plein et entier, sans hésitation aucune. La voix de la conscience? Le reste du rêve n'est plus qu'une longue contemplation sur la générosité et son sens, donner c'est autant recevoir.


Le lendemain, en réalité, après le petit-déjeûner, je sors dans les rues de la Havane, une vieille femme exactement comme celle de mon rêve me demande de l'aider en me priant de lui acheter un journal. Je reste stupéfaite devant la ressemblance avec celle qui est venue hanter ma nuit. J'ouvre à nouveau mon porte-monnaie et lui donne le plus gros billet d'argent, la vieille petite dame reste bouche bée, elle insiste pour me donner tout son paquet de journaux. Puis, désemparée, elle s'approche de moi et m'embrasse, elle me lance un dernier clin d'oeil identique à celui lancé par sa jumelle dans mon rêve.

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26/07/2017

Var - Dans le rougoiement des flammes

IMG_1315.JPGPrès de la Sainte Victoire, dans la nuit, à 23h00,  on peut observer aux jumelles, le rougoiement vif des flammes hautes de trois ou quatre mètres sur une étendue de  deux kilomètres. Un feu que l'on devine ravager la nature; le monstre de feu a tout brûlé sur son passage, toute la journée des Canadair ont survolé la région. Le vent est tombé, enfin, après trois jours d'une extrême violence, un mistral à décorner les boeufs.

Le tuyau d'arrosage est près de la maison, prêt à l'usage, l'incendie paraît loin mais il suffirait que le vent se lève à nouveau pour imaginer le monstre se réveiller et envoyer ses petits dévorer la garrigue, braises incandescentes. 

Je surveille de mon balcon l'évolution des feux  que je repère au loin depuis le début des incendies.  La Croix Balmer, le Lubéron, Bormes Les Mimosas. J'ai passé le mot d'ordre à la maisonnée  sur un ton un brin autoritaire : " On ne sort pas de la maison quoiqu'il arrive, on mouille les draps, on les pose devant les portes pour empêcher la fumée qui asphyxie, on éloigne la voiture pleine d'essence". Je lis de l'incrédulité dans les regards et rappelle la  tragédie de la famille de Martin Gray , en 1970,  une épouse et quatre enfants rattrapés par les flammes alors qu'ils pensaient fuir en voiture. On croit s'échapper en fuyant et nous voilà encerclés par les flammes, devant, derrièe, impossible d'échapper à l'enfer du feu.

Parfois, une légère brise transporte  l'odeur âcre du feu, elle vous chatouille le nez de façon désagréable. Dans l'obscurité,  au loin, le drame se joue et d'imaginer des hommes et des femmes lutter encore une fois toute la nuit durant contre le caprice du feu et du vent qui dansent leur macabre sarabande. 

 Allez ! Je reprends  mon poste d'observation avec mes jumelles et surveille le monstre de feu qui s'agite là-bas au loin et se contorsionne dans tous les sens, on ne sait jamais quand, ni où il frappera et comment, le vent semble à nouveau souffler, le feu est plus rougoyant qu'avant mais ne paraît pas s'être étendu.

Au loin, les cloches de l'église du village sonnent minuit!  

 

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23/07/2017

Le voyage d'Andrea et le venin de scorpion bleu

IMG_1300.JPGHavane - Assise dans le bus pour la plage de Santa Maria, une journée magnifique de lecture et de solitude couleur bleu horizon s'annonce. Une jeune fille s'assied à mes côtés, plus légère qu'un papillon, elle s'est glissée sans bruit, furtivement. A peine âgée de 20 ans, de type indien à la peau mate, des yeux noirs, des pommettes à peine saillantes, les cheveux d'un noir de jais légèrement ondulés, elle porte une petite robe à fleurs aux fines bretelles et arbore une casquette rouge.

Le bus à peine démarré, elle s'adresse à moi en espagnol:
"Buenos dias, señora. Vous connaissez les plages de Santa Maria?"
- Oui, lui répondis-je.
- C'est la première fois que je vais au bord de la mer, est-ce que je peux rester avec vous, señora ? me demanda-t-elle timidement.
- Vous savez nager?
- Si señora. Ne vous inquiétez pas, je nage parfaitement.
J'imaginai déjà ma solitude solaire brisée par cette présence inopinée. Puis je me consolai aussitôt en me convainquant que ce serait une bonne pratique de l'espagnol ponctuée de señora à toutes les phrases.
"Porque no! Restez avec moi si vous voulez", lui répondis-je sans enthousiasme.
Puis elle me dit s'appeler Andrea et venir de Bogota et que c'était le premier voyage de sa vie à l'étranger et même hors de sa ville natale. Elle avait si peur, une peur immense de partir seule. Mais à l'idée qu'elle le faisait pour son grand-père malade diminuait cet affreux sentiment.
"L'amour a été plus fort que la peur!" conclut-elle.
Ma curiosité allait en s'accroissant et je commençai à regarder cette jeune fille avec un intérêt nouveau et une réelle attention.
- Quel est le lien entre votre grand-père et votre voyage à Cuba?
- Señora, le venin de scorpion bleu ! me répondit-elle en expliquant que le venin ne guérissait pas mais ralentissait la propagation des cellules cancéreuses et que le médecin avait diagnostiqué un cancer de l'oesophage, il y a trois mois, à son grand-père adoré. Réparateur d'appareils ménagers dans un petit atelier de Bogota et âgé de 70 ans, tous le voulaient voir vivre encore quelques années de plus et craignaient l'apparition de métastases.
Ce traitement largement répandu à Cuba pour lutter contre le cancer  et quasi gratuit pour les Cubains représentait une fortune pour cette famille colombienne de condition modeste et qui n'avait jamais eu les moyens de quitter Bogota pour la côte pacifique colombienne. Le prix à payer pour ce traitement représentait une véritable fortune, tous avaient mis la main à la poche pour sauver le grand-père, cette dépense considérable représentait environ l'équivalent de 1600 frs pour 10 échantillons de venin de scorpion bleu qui prolongeraient la vie de quelques années et auxquels il fallait ajouter le prix du voyage de la jeune fille, à Cuba et le logement pour trois jours dans une famille cubaine. Le grand-père devrait ensuite mettre cinq gouttes du venin sacré par jour sous la langue, garder quelques minutes le précieux liquide et l'avaler courageusement et cela durant un an et demi.
- Et pourquoi vous a-t-on choisi vous pour ce voyage et pas quelqu'un d'autre? Demandé-je à brûle-   pourpoint, la voyant si menue et si inexpérimentée, n'y connaissant rien aux voyages.
- Parce que j'étais la seule à posséder un passeport dans ma famille, señora. Il y a un an, j'avais projeté de me rendre en Allemagne y apprendre la langue mais le visa m'a été refusé. Maintenant, je suis à l'université, à la faculté des sciences pour devenir laborantine en chimie, me dit-elle en souriant.
Elle repartait le jour même, le soir, ce qui lui laissait encore le temps de voir l'océan. Arrivées à la plage, je l'ai vue s'ébahir devant l'étendue bleue, nous avons loué un parasol pour deux et pris nos chaises longues côte à côte. Elle me demanda de la prendre en photos pour montrer les clichés à ses parents. Elle éclaboussait l'eau de ses mains joyeuses riant aux éclats et criait "La olas", les vagues. Ô mon dieu que l'eau est salée disait-elle en riant. Mais pourquoi y at-il des différences de couleurs dans la mer? S'interrogeait-elle.
A mon tour, il me paraissait redécouvrir la mer et je la regardais avec les yeux du premier jour, à travers ce nouveau contact de Andrea avec le Pacifique. Cette petite jeune fille frêle avait fini par m'émouvoir et je me prêtai volontiers à toutes ces demandes de prises de vue. Dans l'eau, sur le sable, dans les vagues, de dos. Puis avant de quitter la plage, de son index, elle écrivit sur le sable "A ma famille que j'aime" et elle prit une dernière photo. Elle m'offrit pour me remercier de l'avoir accompagnée,  du maïs grillé, puis une mangue découpée par des mains expertes sur la plage.
De retour à la Havane,  elle m'accompagna à l'hôtel pour accéder à la wifi depuis le patio, je lui offris mes cartes de navigation pour internet pour qu'elle puisse confirmer son vol retour du soir et prévenir ses parents.
Je l'entendis heureuse, leur dire, j'ai les médicaments! Tout va bien! Et entendre des exclamations joyeuses à l'autre bout, avec des remerciements à tous les saints. 
Puis nous bûmes un mojito à la santé de l'abuelo!

              Longue vie au grand-père soigné au venin de scorpion bleu.

 

Articles 

Quand le scorpion pique le cancer

http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/30/q...

http://world-docphytoplus.com/venin-de-scorpionneurologie...

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03/07/2017

Les chants de la mémoire

images.jpgUne belle histoire qui vient de m'être contée et tout à l'honneur du travail de Oliver Sachs et sa recherche neurologique sur la musicothérapie et les bienfaits de la musique sur les personnes atteintes d'Alzheimer.

La maman de * Akane est gravement atteinte de la maladie de  Alzheimer au point de ne plus se souvenir de ses enfants. Elle vit à Kyoto, elle quitte souvent la maison et s'égare, elle prend le taxi pour retourner sur les lieux de son enfance à des milliers de kilomètres de là, dans un autre pays où elle vivait alors quand elle était petite. Souvent, il faut se rendre au poste de police pour déclarer sa disparition et cela plusieurs fois par mois. Au Japon, on est très gêné de devoir faire appel aux forces de l'ordre parce c'est un aveu d'échec sur l'étroite surveillance qui aurait dû être faite. Mais plus encore, cette vieille dame âgée de 93 ans, fait nouveau, se met à fredonner des airs, jour et nuit. Ses deux fils épuisés décident de l'envoyer dans une maison spécialisée pour personnes âgées atteintes de ce mal si répandu, au Japon.
Mais voilà non seulement elle chante, mais ses chansons lui rappellent le temps où elle était enseignante et en entrant dans le home, elle croit être revenue à ses classes d'antan où elle enseignait,  à l'école primaire. Chaque jour, elle réunit sa classe de personnes âgées et les fait répéter  en pensant que ce sont ses jeunes élèves d'autrefois. Tous en chœur, ils chantent, heureux de trouver quelqu'un qui se souvient de si vieux refrains oubliés de tous.
La vieille dame prend aussi le personnel soignant pour ses élèves et les traite comme tels. Elle a transformé son home en classe d'école où tous chantent tous les jours. Et maintenant, c'est du bonheur qui se lit sur le visage de la dame, elle se sent tellement heureuse, elle se sent revivre. Toute sa mémoire sur sa période d'enseignement revient à la surface et émerge de ce chaos d'une mémoire devenue si friable et cela grâce aux chants et elle se voit renaître depuis.
Sa mémoire fracassée est revenue sur une période de sa vie de manière claire et précise quand tout le reste s'est effacé. Même ses enfants sont devenus ses élèves.
Et c'est une femme devenue heureuse que ses enfants découvrent aujourd'hui quand bien même si parfois elle ne sait plus qui ils sont précisément.

 

Alive inside – Vivants à l'intérieur, un documentaire à ne pas manquer sur le travail de Oliver Sachs.
https://www.youtube.com/watch?v=IaB5Egej0TQ


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24/06/2017

Du traitement du corps de l’ennemi- L’espion Eli Cohen

EliCohen.jpgDans un billet précédent "Une leçon grecque quant au traitement du corps de l’ennemi" je rappelai l’usage chez les Grecs antiques de rendre le corps de l’ennemi à ses proches.

Jusqu’à ce jour, la veuve Nadia Cohen, épouse de feu l’agent Eli Cohen, considéré comme le plus brillant agent du Mossad à la mémoire photographique unique et aux « rendements exceptionnels », implore au gouvernement syrien de pouvoir récupérer la dépouille  de son époux, père de leurs trois enfants. 

Né à Alexandrie en 1924, d’un père d’origine syrienne, Eli Cohen sera chassé en 1957 juste après la crise de Suez par Nasser avec l’expulsion de tous les autres juifs. Il rejoint sa famille déjà installée en Israël.

Durant son armée, Il travaille comme analyste dans les services de renseignements et, postule pour le Mossad, sa candidature est rejetée. Blessé dans son orgueil, il travaillera alors pour un cabinet d’assurances de Tel Aviv et se marie avec Nadia, d’origine irakienne. 

En 1960, il est engagé comme espion au sein de la Branche des Renseignements de l’armée israélienne. Un an plus tard, il est envoyé en Argentine, qui compte une grande communauté arabe, pour y façonner sa couverture de marchand arabe syrien, antiquaire, spécialisé dans l’import-export. Pour parfaire sa légende de riche vendeur de meubles et de tables de jeux damascènes, il nomme des contacts à Münich et Zürich pour faire transiter ses meubles par l’Europe et fait miroiter aux industriels et commerçants syriens son réseau international, alors qu’en réalité, il s’agit des agents du Mossad avec qui il peut correspondre et communiquer sous couvert de commerce.

Nommé Kamel Amin Taabat avec un nouvel arbre généalogique, le juif orthodoxe devient musulman, il doit passer de l’accent égyptien à l’accent syrien. D’un naturel chaleureux, là où il passe, chacun veut devenir son ami ; il est aimé par tous, il est décrit comme jeune et séduisant au "sourire désarmant". Sous cette fausse identité, sans statut de diplomate, Eli Cohen, l’infiltré se créé un réseau et rencontre notamment l’attaché militaire syrien à Buenos Aires. Quelques mois plus tard, Eli-Taabat «revient» à Damas et gagne progressivement la confiance de plusieurs militaires et dignitaires syriens. Il infiltre les milieux bassistes et devient incontournable. Sa couverture est parfaite même pour son épouse Nadia pour qui il est commerçant amené à beaucoup voyagé pour ses affaires. 

Installé dans un appartement au dernier étage, proche du QG militaire syrien, il peut y installer une antenne pour son émetteur miniature et suivre tous les mouvements de l'armée. Chaque matin, à 8h30, il envoie un message radio aux services de renseignements israéliens.

Proche du Ministre qui deviendra président, Hafez El Assad dont il est le confident, Eli Cohen dit Kamel Amin Taabat est pressenti pour un poste d’adjoint du Ministre de la défense syrien. Ses bonnes manières, son statut de riche commerçant, sa capacité à parler plusieurs langues (Arabe, Hébreu, Français, Italien, Allemand, Anglais, Espagnol) l’aident à tisser un réseau dense au plus haut des sphères stratégiques. Des pilotes l’emmènent se promener en avion au-dessus du Golan et qui lui permettront d’envoyer des informations précises sur le plateau. Il transmettra le nom des pilotes syriens. Sa mémoire prodigieuse et surtout photographique en fait un espion redoutable. Il transmet des détails sur l’emplacement des fortifications, la position des bunkers et des bases de tirs syriens qui seront utilisés lors de la Guerre des Six Jours durant laquelle, la Syrie perdra le plateau du Golan grâce aux renseignements de l’espion.

Les Syriens, comprennent peu à peu qu’un espion transmet des informations. Début janvier 1965, il est démasqué par des spécialistes égyptiens du contre-espionnage ayant localisé, grâce à un nouveau système de radiogoniométrie d’origine soviétique, les ondes radio de messages chiffrés en morse émises depuis le poste émetteur miniature dans son appartement. Un appartement où se trouvait toute la panoplie du parfait espion : rasoir électrique dont le fil servait d'antenne, des codes de transmission écrits à l'encre sympathique, des modes d'emploi d'explosif dissimulés dans des savons Camay, un fouet électrique pour y cacher l'émetteur miniature, cachets d'aspirine en réalité   pilules de cyanure, cigares truffés de dynamite.

Eli Cohen est arrêté le 24 janvier 1965, au moment où il transmet des messages secrets à Israël. Dans son dernier message codé, il annonce à ses homologues israéliens qu’il est démasqué. Le Mossad se rend compte que la frappe « du pianiste » n’est plus la sienne, sa façon de frapper sur l’émetteur avait une signature. Il est ensuite torturé, jugé à huis clos en Syrie, et condamné pour trahison à la peine capitale par pendaison.

En dépit des interventions de plusieurs  chefs d’État européens et du pape Paul VI, Eli Cohen est pendu sur la place des Martyrs, au centre de la ville de Damas le 18 mai 1965, à 3h35 du matin sous l’œil de milliers de Syriens. Au pied de l’échafaud, un vieux rabbin prie pour lui. Le condamné refuse au bourreau, le géant Abbu- Salim de le laisser mettre un capuchon sur la tête. Deux minutes après, il est déclaré mort.

A la fin de la Guerre des Six Jours, malgré de nombreux efforts, Damas refuse de transférer le corps d’Eli Cohen.

Depuis, les autorités syriennes ont toujours refusé de renvoyer la dépouille de Cohen à sa famille pour qu’il soit enterré en Israël. Les demandes de sa famille sont encore aujourd’hui ignorées par le gouvernement syrien, même Poutine a appuyé cette requête.

Or, il reste encore des zones d’ombres à élucider sur cet espion qui lors de son dernier passage en Israël avait fait savoir au Mossad qu’il avait besoin de mettre fin à sa mission, exceptionnellement longue. Malgré cela, elle sera prolongée.  C'est un homme affaibli et épuisé, fragile psychologiquement  qui repartait à Damas, devenu nerveux et imprudent.  L'objectif final était-il qu'il se fasse prendre? Pour jeter le trouble en Syrie, où tout le monde se méfierait alors de tout le monde dorénavant puisque les plus hautes sphères avaient été infiltrées ? Le système syrien serait alors totalement désorganisé et devenu incohérent, mis à genoux  et prêt à être attaqué ?  Eli Cohen a-t-il été sacrifié par le Mossad ? 

Lorsqu’il se trouvera en Israël, après quatre ans à l’étranger, d'octobre et novembre 1964, pour la naissance de leur troisième enfant, il a lancé des appels de détresse. Nadia découvre un homme épuisé et nerveux,  au bord de l’effondrement. La veuve Nadia Cohen reprochera toujours au Mossad de n’avoir pas mis fin à sa mission et renvoyé un homme devenu incapable de prudence. Dans une dernière lettre écrite de sa cellule, d'une main tremblante, peu avant son exécution, il dira : * " Ma chère Nadia, ma chère famille, .... Je te supplie, chère Nadia, de ne pas passer ton temps à pleurer à propos de ce qui doit être considéré comme du passé. .... N'oublie pas de prier pour l'âme de mon regretté père et la mienne."

Il est souvent comparé à Richard Sorge, l’espion russe qui avait annoncé l’attaque des troupes de Hitler contre l’URSS en juin 1941.

 

Vidéo diffusée sur le Facebook "Syrian Art Treasures" et qui montre  l'exécution d'Eli Cohen  et dont les images sont reconnues comme authentiques.  On la voit apparaître sur les réseaux pour la première fois postée,  le 10 septembre 2016.


https://www.facebook.com/search/top/?q=syrian%20art%20tre...








 

Netflix va co-produire avec Canal+ une série sur Eli Cohen, intitulée« The Spy " , produit par Alain Goldman (La môme) et réalisée par Gideon Raff (Homeland) .

 

 

* La dernière lettre de Eli Cohen avant son exécution 

« A ma chère épouse Nadia et à mes chers parents,

Je vous écris ces derniers mots, quelques minutes avant ma fin, en vous suppliant de rester toujours en bons termes entre vous. Chère Nadia, je te demande de me pardonner et de prendre soin de toi et de nos enfants. Occupe toi bien d'eux, élève les avec une éducation complète et ne les prive ni de ta présence ni de rien.

Je te prie aussi de rester toujours en contact étroit avec mes parents.

Tu peux te remarier afin de ne pas priver les enfants d'un père, je t'en donne la totale liberté.

Je te supplie, chère Nadia, de ne pas passer ton temps à pleurer à propos de ce qui doit être considéré comme du passé. Occupe toi surtout de toi en regardant vers un meilleur futur. Mes derniers baisers à toi, aux enfants Sophie, Irit, Shaoul, à nos familles.... N'oublie pas de prier pour l'âme de mon regretté père et la mienne.

Recevez tous mes derniers baisers et ma bénédiction. Eli Cohen, le 15 mai 1965. »

15:22 | Tags : eli cohen, the spy | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

10/06/2017

Les Réverbères de la mémoire – Franz Werfel

Unknown-1.jpegRaconter pour se souvenir et se souvenir pour ne plus oublier, les écrivains sont les réverbères de la mémoire. 

En revenant de Damas en 1930, Franz Werfel qui accomplit son second voyage au Moyen-Orient et accompagné d’Alma Mahler est ému à la vue des orphelins arméniens qu’il voit travailler dans la plus grande fabrique de tapis de la ville.

Des images d’adolescents squelettiques, des fantômes échappés « du néant de la déportation » quinze ans plus tôt, hantent depuis ce voyage , les nuits de l’écrivain. Il s’attelle alors à ce qui deviendra un chef-d’œuvre historique. Une fresque qui retrace la résistance de 5000 Arméniens qui pour échapper à la déportation se sont réfugiés dans le massif du Musa Dagh (la montagne de Moïse), au Nord-Ouest de la Syrie ottomane, au Nord d’Antioche. Après avoir esquivé les attaques répétées de l’armée ottomane, ils seront sauvés par la flotte française et évacués vers Port-Saïd, en Egypte.

Une œuvre difficile à lire, car contrairement à Franz Werfel visionnaire, juif de Prague et ami de Franz Kafka qui la publie en novembre 1933, le lecteur connaît déjà le second génocide perpétré par les nazis et ne peut s’empêcher cette double lecture. Elie Wiezel dans la préface de l’œuvre rééditée en 1986, souligne l’intuition artistique ou la mémoire historique de l’écrivain, l’une liée à l’autre, le vocabulaire et la mécanisme de l’Holocauste avant l’Holocauste sont déjà décrits. Ce roman préfigure l’avenir dans un terrible pressentiment de l’auteur.

Les 40 Jours du Musag Dagh, à la demande des Turcs, a été interdit par Hitler et brûlé au cours d’autodafés. Franz Werfel sera exclu de l’Académie des arts. Une œuvre sur la résistance qui circulera pourtant dans les camps de concentration nazis.

 

La résistance de cinq villages arméniens basée sur un fait historique. 

Avec 120 fusils modernes et autant de vieux fusils à pierre et de pistolets, les Arméniens menés par l’un des chefs arméniens, Pierre Dimlakian, lutteront jusqu’au bout pour protéger  hommes, femmes, enfants, et vieillards.  Ils résisteront en réalité 53 jours (juillet-septembre 1915) . Du sommet de la montagne où ils se sont réfugiés,  encerclés de toutes parts par l’armée turque, ils faisaient des signes désespérés avec un drapeau de la Croix-Rouge et un autre drapeau sur lequel ils avaient peint une croix immense, et ce jusqu’à ce que l’équipage du Guichen, vaisseau français, les remarquera. Pierre Dimlakian ramené sur le navire Desaix par baleinière,  insiste sur leur situation d’extrême urgence. Il ne leur reste, aux insurgés que 48h de munitions alors que les turcs avancent à toute vitesse et exigent soit la reddition dans les 24h soit le massacre.

L’amiral Dartige du Fournet en charge de faire appliquer le blocus de la côte syrienne, et sans réponse de Paris après son télégramme de demande de visa d’évacuation, - une réponse ne viendra que trois mois plus tard « Où est le Mont Moïse? » - et après un refus de Chypre d’accueillir les fugitifs, donne l’ordre immédiat d’évacuer tous les Arméniens vers Port-Saïd où les Egyptiens les acceptent.

Dans ses mémoires l’amiral raconte le sauvetage des Arméniens qui se déroulera du 5 au 14 septembre 1915. Ce jour-là, un 12 septembre, par une houle haute de deux mètres et des conditions de mer difficiles  : « il y avait là de pauvres bébés enveloppés dans des serviettes éponges qu’on se passait de main en main à travers le ressac, petits Moïses vraiment sauvés des eaux et qui ne sauront jamais à quels dangers ils ont réchappé. »

Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’à Genève, on saura aussi faire preuve de courage et permettre l’installation d’un Mémorial Arménien au Parc Trembley qui actuellement butte contre un carré de gazon que les riverains craignent de voir disparaître au profit de l’œuvre de Melik Ohanian, en mémoire du premier génocide du XXème siècle.

Prions pour l’élévation et la grandeur d’âme de quelques esprits chagrins.

  

Les résistants arméniens du Musa Dagh 

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  AMIRAL DARTIGE DU FOURNET

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LE CROISEUR CUIRASSE DESAIX 

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Source :

Sauvetage de 4092 Arméniens par la Marine Nationale Française 5 au 14 septembre 1915

Plage du Ras el Mina au pied du Musa Dagh in Imprescriptible. fr 

 

Franz Werfel - Les 40 jours du Musa Dagh chez Albin Michel- 1936- Réédition  2015- 952 pages 

10:24 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/05/2017

Les Réverbères de la mémoire (4) – Roland Godel

Unknown-1.jpegSur les traces de la mémoire arménienne en attendant les Réverbères de la mémoire au Parc Trembley, nous nous laissons éclairer par la lumière des écrivains qui continuent à cultiver cette mémoire sans cesse menacée par le déni et l’indifférence.

Après Koumrouyan Harry, voici un autre Genevois, Roland Godel et son roman « Dans les Yeux d’Anouch».  Un roman qui se lit d’une traite, qu’on ne lâche plus et qui a reçu le prix Gulli du Roman Jeunesse en 2015 ; une œuvre écrite pour les jeunes lecteurs et qui s’adresse en réalité à tous.

Planent dans l’œuvre, les souvenirs de la grand-maman Méliné Papazian qui habitait au cinquième étage, cette magnifique « Amy » solaire a marqué l’enfance de l’auteur par « ses plats orientaux qu’elle cuisinait avec amour pour toute sa famille, et par son rire qui lui faisait monter les larmes aux yeux » . Le petit-fils parviendra à la persuader d’écrire, et de témoigner en fait de ce qu’elle a vécu lors de sa propre déportation et celle de sa famille.

De ses petits feuillets couverts de sa petite écriture nerveuse foisonnant de détails et précis, naîtra le matériau brut du roman.

La rafle de 1915 nous revient racontée sous un angle toujours nouveau ; cette année qui verra les cinq sixièmes de la population arménienne éliminés et reconnue comme le premier génocide du XXème siècle. Dans les yeux d’Anouch, c’est le futur des gens qu’elle regarde, apparaissent tantôt un feu d’artifice de belles images , un lac doré, des fleurs, tantôt des formes étranges et menaçantes, des corps, éparpillés sur un immense terrain, dénudés. Au-delà d’une histoire d’amour naissant entre deux adolescents sur fond de tragédie, c’est le récit insupportable de la déportation arménienne et des proches que l’on voit mourir sous ses yeux, abattus, affamés, épuisés.

Et si Anouch devait continuer à regarder dans les yeux de Turquie, qu’y verrait-elle ? Sombre présage, sans doute, un pays rampant, dans l'impossibilité de se construire sur l’amoncellement des cadavres arméniens ignorés. Voir dans les yeux de ce pays, l’ombre immense d’un génocide, poids dans l’inconscient collectif et qui rend toute dynamique saine au-dessus de ses forces, tant cette énergie est concentrée à enfouir le passé et le contenir de toutes parts. 

A notre tour de protéger cette mémoire et de s’assurer de ne point sombrer dans une indifférence traîtresse. Se souvenir pour ne jamais plus oublier et ne plus oublier pour ne pas recommencer la barbarie.

En attendant, on voit des pétitions et des recours naître contre l’installation de neuf réverbères, œuvre de Mélik Ohanian, au Parc Trembley, à Genève et de se demander avec surprise et surtout effroi, quels sont les enjeux de ce qui pèse dans la balance ? D’une part, la mémoire arménienne et le génocide de plus d’un million d’Arméniens et d’autre part, le confort de quelques riverains qui craignent entre autres griefs,  la disparition d’un bout de gazon.

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Né à Genève, Roland Godel a grandi auprès de plusieurs univers de langues et de cultures - de l'Allemagne à l'Arménie, en passant par la Suisse et, plus tard, la Grèce.

Il a durant 16 ans exercé la profession de journaliste, puis il est passé de l'autre côté du miroir en devenant chargé de communication pour l'Etat de Genève. Un changement de cap où il s’est mis à écrire pour la jeunesse.

Roland Godel- Dans les yeux d’Anouche- Gallimard Jeunesse 2015- 208 pages

 

Prochain auteur - Franz Werfel - les 40 jours du Musa Dagh

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01/05/2017

Ces Colombiens, descendants d’esclaves aux traditions africaines

DIASPORA.jpgCartagena/Colombie - « C’est la boxe Madame qui a amené l’électricité et l’eau dans le village de San Basilio de Palenque ». Mon interlocuteur très bien renseigné sur les différents groupes ethniques du pays pour avoir conduit des camions dans toute la Colombie durant plus de 20 ans,  est ravi de me raconter l’histoire du boxeur Kid Pambelé.  Dans son enthousiasme, il lâche les mains de son volant pour imiter les coups de poing, la voiture dévie de la route, nous avons failli tomber dans un fossé.

C’est le boxeur Antonio Cervantes dit Kid Pambelé au sommet de sa gloire après avoir reçu le titre de champion en 1972 qui amènera la lumière au sens propre et figuré sur sa communauté palenque, lui-même originaire du village. Le roi des rings qui connaîtra après la gloire la descente aux enfers, drogue, alcool, aura réussi au moins une mission; celle de faire connaître sa communauté palenque, descendants d’esclaves .

Environ 4'000 habitants vivent dans ce village Palenque de San Basilio , situé à 70 kilomètres de Cartagena, situé dans les contreforts des Montes de Maria, au sud est de Cartagena, premier port négrier de la Couronne espagnole. Fondé par un roi africain Benkos Bioho, d’origine du Congo ou de l’Angola, saisi par les Portugais, revendu à des Espagnols, transporté en Colombie, ce village faisait partie de la série de villages fortifiés par les esclaves fugitifs cherchant refuge et fondé au XVIIème siècle.

 En 1713, les esclaves seront libérés et le décret hispanique leur accordera des terres. Palenque est un terme qui désignait toute structure politique animée par des noirs ou des marrons (esclaves africains en fuite) qui s’ organisaient de façon autonome.

Habitée principalement par des Afro-colombiens, descendants directs d’esclaves africains amenés par les Espagnols, on peut entendre parler le palenquero ou le suto, seule langue créole qui mixte du bantou, de l’espagnol et du portugais. L’organisation sociale est basée sur l’appartenance au kuagro qui crée entre les membres du groupe un ensemble de droits et de devoirs. Comme en Afrique, l’igname et le manioc sont présents dans les plats quotidiens.

La musique palenque y règne en maître, à tel point qu’en 2008, on voit apparaître un studio d’enregistrement dont deux CD sortiront avec le documentaire « Jende ri Palenge ». Lors des rites funéraires, on retrouve les rythmes africains comme le Lumbalu qui représente un dernier adieu, chanté et dansé et qui ouvre la voie au monde des morts.

3c8a4caef3d066f70da46641417f1532.jpgOn peut voir les femmes dans leur magnifique costume coloré et que l’on reconnaît à Cuba aussi, porter leurs fruits sur la tête et vendre dans les ruelles de Cartagena.

Ce coin d’Afrique en Colombie reconnu par l’UNESCO comme « Patrimoine oral et immatériel de l’humanité » en 2008 appartient entièrement à cette culture afro-colombienne qui on l’espère saura, elle aussi,  trouver sa place dans cette nouvelle ère de paix, en Colombie.

 

 

 

A lire 

Les droits spécifiques des minorités ethniques et culturelles dans l’Accord de paix entre les FARC-EP et le Gouvernement colombien du 24 août 2016

Droits des minorités (Colombie)

https://revdh.revues.org/2526

 

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26/04/2017

Monserrate, le chemin de croix

1912970758.JPGBogota - Me proposer le Cerro Montserrate un vendredi saint aurait dû me mettre la puce à l'oreille.  Situé à 3152 mètres, il est l'équivalent du Salève pour les Genevois mais avec une basilique au sommet, la basilique du Señor de Monserrate.
On peut y monter soit en téléphérique, soit en funiculaire, dans tous les cas deux heures d'attente, au minimum, pour ce jour-là.  Des milliers de gens se bousculent, achètent des bougies, des chapelets, des statuettes, il s'agit d'un véritable pèlerinage, sous la pluie.
Dans la longue file, j'observe le lendemain de mon arrivée, les bogoteños, les jeunes filles à peine âgées de 16 ans et déjà mères, - il paraît qu'elles croient se réaliser comme femmes en enfantant – la petite indienne qui le visage impassible, un poncho coloré sur les épaules et mesure à peine 1m40,  dépasse la queue en regardant droit devant elle comme si elle était seule, sourde et aveugle, malgré les récriminations, elle avance, coûte que coûte, déjà en lien direct avec les saints. Des clins d'œil malicieux d'hommes joyeux, un dernier petit péché avant le pèlerinage à la basilique.
On m'offre une bougie à trois couleurs, pour l'amour, la santé et la richesse. Arrivés au sommet,  avancer tient du miracle, des enfants hurlent, des chiens aboient, des femmes tiennent désespérément leur enfant par la main afin de ne pas les perdre dans la foule. Impossible de s'approcher de l'autel. Le curé s'essouffle dans un micro grésillant "silencio, silencio por favor ", sa voix est absorbée par le flux constant, les bousculades. Il est vain de croire allumer  la bougie reçue.
On décide alors de redescendre la montagne à pied par les petits sentiers, pour éviter à nouveau deux heures d'attente. Mais la foule est aussi dense, inutile d'essayer de regarder où on met les pieds, on n'y voit rien, de la boue épaisse et glissante sous les chaussures alourdissent nos pas, il faudra trois heures d'effort intense pour parvenir en bas.  Des policiers observent le spectacle de cette rivière humaine, des enfants sur les épaules pleurent. Une femme enceinte a trébuché, les ambulanciers se préparent à l'emmener mais se frayer un passage est un véritable gymkhana  tant le flux est compact. La police montée exhibe ses chevaux, magnifiques pur sang,  agacés par cette masse en mouvement;  je sens les longs cils du cheval me caresser la joue, incapable de m'en écarter, son haleine chaude sur mon visage me donne le vertige.
Je sens déjà les cloques me brûler les pieds, les joues en feu, à cela s'ajoute le décalage horaire, six heures en moins n'arrange rien. On me félicite pour toute ma peine, c'est bon, le péché s'exhale, il sort par tous les pores, il suinte. Enfin, je comprends qu'il s'agit d'un pèlerinage, moi qui pensai faire une promenade du type montée au Salève.
Nous faisions partie des 77'000 personnes à gravir et descendre le Montserrate.

Un vendredi saint qui avait toutes les allures de l'enfer.

 

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