19/07/2016

Papeterie d'art, de l'art pour plaire

IMG_9494[1].jpgRéaliser son rêve est un moment magique, lorsqu'entre ses mains,  on tient enfin l'ouvrage écrit, corrigé, accompagné d'illustrations, imprimé sur du papier fabrication artisanale et l'objet d'art est là dans toute sa  force et sa splendeur.  

A Pérouges, ancien village de tisserands de chanvre, aux ruelles médiévales pavées, passage obligé des marchands, autrefois,  qui naviguaient entre  Lyon et Genève, je suis venue donner un coup de pouce, pour aider à relier "Rêveries chamanes" mon dernier-né, avec cette  maladresse déconcertante qui me caractérise.  Le chas de l'aiguille n'a jamais été aussi minuscule et le file aussi gros, puis passer le fil de coton entre les pages et nouer le nœud au milieu du livre exige une certaine dextérité, je songe qu'il est plus facile de versifier.

Dans cet atelier tout de pierre et de bois, dont les presses datent elles aussi du Moyen-Âge, les gestes ancestraux se perpétuent;  triage, délissage de tissus, chiffons broyés dans des piles hollandaises puis placés dans des cuves; vieux instruments récupérés en Europe auprès de particuliers  et qui ne se fabriquent naturellement plus. Une odeur particulière embaume dans l'atelier, tissu et colle mélangés, pour éviter l'effet buvard, le papie est encollé, le tamis laisse passer le jus et retient la pâte homogène, amas blanc encore humide qui séché deviendra une feuille aux bords à barbe, dentelées et dont l'aspect brut rehausse le côté fabrication artisanale.

IMG_9587[1].jpgLe couple Pasdeloup , Bruno un jeune trentenaire et son épouse Laurence , ont décidé de se lancer dans la papeterie artisanale. Pari réussi, ils en vivent et se réjouissent d'avoir suivi leur passion et leur envie, il fallait oser se mettre à leur compte et choisir un métier d'art pour lequel, ils ne sont plus que dix en France. Leur atelier  ne désemplit pas, des curieux, des touristes, - le village médiévale en recense plus de 300'000 par an - , mais avant tout, les Pasdeloup insistent,  ça doit rester une entreprise artisanale qui honore ses mandats.  Bravo aux jeunes entrepreneurs !

Artistes, écrivains, peintres font appel à la papeterie d'art où les feuilles fabriquées à la main, une par une, en chanvre et en lin et qui délicatement suspendues par des pincettes en bois, mettront entre un jour et une semaine en hiver à sécher, redonnant au temps ce goût de la chose bien faite, car l'éloge de la lenteur s'applique merveilleusement à l'art qui s'en nourrit abondamment.

IMG_9536[1].jpgQuant à moi, loin des impressions par centaines, loin de l'anonymat du livre solitaire derrière une vitrine, loin du bruit effrayant des Salons du Livre , je réalise un tirage d'une cinquantaine d'œuvres que j'offre au compte-goutte, mais déjà des commandes affluent annonciatrices du  second tirage sans doute numéroté de 1 à 100.

Les écrivains redeviennent eux aussi des artisans que les éditeurs ont fini par épuiser, que la mise en vitrine attristent, que les séances de lecture dans les librairies sur fond de bruit agacent   et qui incitent à s'interroger mais pour qui et pourquoi écrire ? Pour La plus grande masse possible ? Pour un maximum de lecteurs ? Pour La plus grande visibilité? Pour la caisse enregistreuse ?

 

Quant à moi, je préfère la proximité, être en lien avec ceux qui tiennent votre livre entre les mains et qui avancent prudemment pour oser, après moult hésitations, oser, enfin, vous poser une question qui les taraude depuis longtemps  et avoir le temps d'y réfléchir et peut-être même de pouvoir y répondre :

C'est sans doute pour cela que l'on écrit, pour être étroitement  en lien avec les autres  

 

Rendez-vous le 18 septembre de 10h à 18h

Jardins de Loëx dans une yourte traditionnelle

Présentation de Rêveries chamanes et rencontre avec l'illustratrice Gloria Antezana,

 Les papetiers seront aussi invités à présenter leur travail

Mais encore , au menu , impressions de voyage et mes rencontres avec les chamanes de Mongolie

 

 

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Crédit photos Julia Chraïti-Martin 

18:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/07/2016

Amilcar Cabral - Lettres à Maria Helena

1038933.jpgIl y a quelques jours, je reçus un email  écrit en portugais m'invitant à une conférence intitulée " Cartas de Amílcar Cabral a Maria Helena ." En lisant le nom du grand indépendantiste africain,  une boîte aux souvenirs s'ouvrit et dont tous les fantômes ressurgirent; Aimé Césaire, Franz Fanon, Lumumba, Sankara, Cheikh Anta Diop, Kwamé N'Krumah. Pêle-mêle des visages, des luttes, des visions d'une Afrique libre et indépendante, des écrits remarquable; souvenirs d'une  belle énergie libératrice courant sur l'Afrique pareille à un lion puissant.

En 2016, que reste-t-il de tous ces combats ? Comment s'est transformé ce terreau de résistance ? A quoi ressemble,  de nos jours,  la poursuite de la lutte pour assurer la vraie indépendance africaine qui a pris la forme étrange de continuation d'une colonisation mais  cette fois entièrement économique;  hydre aux formes multiples, incessantes métamorphoses de la bête immonde qui sous ses aspects les plus inattendus et les plus cyniques peut afficher jusque de la condescendance, dans un souci de coopération et de développement…., par esprit de solidarité internationale, … pour des droits démocratiques. Le monstre polyforme ne cesse de se glisser sous le corps africain, néanmoins, il continue à le dévorer de l'intérieur sans bruit, il l'aspire goulûment dans un silence nécrophile.

L'ingénieur- agronome cap-verdien, né en 1924 à Bafata en Guinée portugaise,  renommée Guinée Bissau, hérault et héros de l'indépendance, leader du parti africain de l'indépendance de Guinée et Cap Vert (PAIGC)  fit ses études à Lisbonne d'agronomie,   jusqu'en 1952 et mena bataille ensuite auprès des paysans africains en vue de leur mobilisation, il parvint aussi de  faire en sorte que les ethnies jusque-là ennemies firent alliance pour un combat commun; la lutte pour la liberté.
Lisbonne devait absolument faire taire cet indépendandiste, surnommé le "Che" – qu'il rencontrera du reste avec Fidel Castro - et dont l'influence grandissante menaçait ses intérêts coloniaux en Guinée Bissau et au Cap Vert. Dans une tentative avortée d'épauler "son frère portugais" en renversant Sékou Touré et en capturant Cabral, alors en Europe de l'Est, les Français ratent leur cible lors de" l'Opération Mer verte" en novembre 1970   et pilonnent, dans la nuit, la maison du voisin de Cabral , touchant ses trois filles dont une aura la tête détachée par l'obus. Mission lamentablement ratée ! Les services de renseignement étaient déjà mal renseignés.

Il rencontrera sa première épouse Maria Helena de Athayde Vilhena Rodrigues, lors de ses études à l’Institut d’Agronomie du Portugal. Une longue correspondance s'ensuivra et qui montre la longue carrière d'un homme engagé, ses hésitations, ses pensées les plus profondes et les plus intimes. L'autre face d'un homme.  Une amie, à Dakar,  se souvient d'avoir rencontré chez elle, cousin de sa mère cap-verdienne, en la personne d'Amilcar Cabral, un  homme doux et si cultivé.

Mais que lui dirait-on, aujourd'hui, à cet homme assassiné devant chez lui, le 20 janvier 1973, à Conakry ? Que le mouvement d'indépendance n'a pas terminé son travail et que le pire ennemi vient de l'intérieur; une vraie gangrène, c'est la corruption à tous les échelons qui livre le pays tout entier à ses ennemis et sans résistance.

Le visage hideux de l'ennemi, Cabral, et qui menace l'Afrique encore plus dangereusement:   LA CORRUPTION !

Le lion africain est mort, vive le lion !

 

22 juillet à 18h

Université Uni-Mail

Sala MR 280

Boulevard du Pont d'Arve 40

 

Avec Lettres de Amilcar Cabral a Maria Helena, est également prévu le lancement du livre Sans limites du poète Filinto Elisio par l'Association culturelle Luso-suisse Laços et Rosa de Porcelana.

Pour les francophones, un petit effort, on écoutera en Portugais le tout et on demandera à son voisin de traduire ce qui se dit. Le responsable de l'association lusophone m'a garanti que tout le monde se comprendra, car tous feront un effort.

 

 

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08:33 Publié dans Associations, Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

10/07/2016

Bains des Pâquis, des Portugais, des Brésiliens, moi et Marguerite

IMG_0747.JPG7h30 - Panama sur la tête, l'oeuvre de Marguerite Yourcenar sous le bras "L'oeuvre au noir", serviette de bain sur l'autre, d'un pas nonchalant et serein je me dirige vers les  Bains des Pâquis m'enivrer du spectacle qu'offre la baie et profiter d'un plongeon matinal au milieu des canards qui barbotent dans cette eau fraîche et limpide. 

Or, c'est un tout autre spectacle qui s'offre à moi. Deux bandes rangées, Portugal contre Brésil, un fan zone improvisée, encore bourrée, sous l'effet d'un mauvais vin et d'un mauvais rhum. Une brésilienne au short noir trop court dont les chairs abondantes légèrement flétries débordent généreusement, les cheveux frisés teints, fausse blonde oxygénée et bouteille à la main, insulte de sa voix rauque des matins qui déchantent, un Portugais. Celui-ci lui répond en portugais du Portugal et ils s'incendient mutuellement.  Puis, le jeune homme menace de frapper. Les groupes se forment, on s'attend à ce que ça dégénère en bataille généralisée. Les gardiens les retiennent. Puis la femme parvient à courir comme une folle vers l'homme pour lui fracasser sa bouteille sur la tête. Lui menace. Le mari de la femme au teint  blanc translucide qui montre que lui carbure encore à autre chose que de l'alcool, avec sa voix pâteuse essaie d'intervenir tant bien que mal et légèrement au ralenti. 

IMG_0743.JPGJ'hésite à m'asseoir car dans ce tohu-bohu, mieux vaut plutôt être prête à courir. Discrètement, je prends quelques photos, une jeune femme ivre fonce sur moi et me menace de son index, à deux doigts de me frapper.  Je me plains de ne pouvoir lire mon livre tranquillement et n'ayant jamais eu de télévision et ne m'intéressant pas spécialement au foot, face à l'hystérie de la Brésilienne et du Portugais qui atteint son paroxysme, je me renseigne naïvement: il y a un match prévu Brésil-Portugal ? Pas du tout me rétorque-t-on, c'est France-Portugal.  La Brésilienne aurait  dit au Portugais, que la France allait gagner et que les Portugais étaient trop nuls et qu'ils allaient perdre forcément .  Le sang de l'autre n'a fait qu'un tour, il se mit alors  à vociférer et  menacer de la frapper, elle et ses amis.

Hamid l'homme en charge de l'entretien et qui nettoie au jet les lieux, les arrose abondamment pour essayer de leur rafraîchir la tête ébouillantée par les degrés éthyliques. Les spectateurs de cette scène singulière s'esclaffent.  Un gardien qui travaille aux Bains des Pâquis depuis 25 ans, se plaint qu'en moins d'un an, c'est devenu pire que jamais, il n'avait jamais vu ça auparavant.  Mais il faut le reconnaître, les gardiens ont bien fait leur job évitant le pire des débordements et le scénario d'un remake d'un West Side story, quand les bandes s'affrontent dans les rues. 

 

 

IMG_0759.JPGLa police finit par débarquer et tente de comprendre pour autant qu'il y ait quelque chose à comprendre tant les bagarreurs semblent tous encore sous l'effet de l'alcool. La main d'un des policiers enserre le bras d'un des protagonistes et le tire tranquillement vers la sortie des Bains. A moins d'un mètre, j'ai senti l'étau calme et résolu annonciateur de fin de bataille. La Brésilienne d'une voix criarde et haute, encore sous l'effet de l'excitation, essaie en portugais de leur expliquer ce qui s'est passé, toujours la bouteille à la main, quasiment vide et dont il ne reste qu'un misérable fond.

Agacée , mon bouquin à la main, j'interpelle le responsable des lieux qui m'explique "Mais, Madame, il faut s'ouvrir au monde!"- Au secours Marguerite, si ça c'est le monde ! Littérature contre football, je m'interroge et "Si le football rendait con?" 

Tout est redevenu calme- en moins de 5 minutes- l'intervention des forces de l'ordre a calmé les esprits surchauffés par une nuit trop longue. 

 

Enfin, je plonge la tête dans mon bouquin : "Excuse-moi Marguerite pour le retard, c'est le bruit et la fureur du monde, tu le sais mieux que moi; les gens bêtes aiment le bruit, et,  les sages le silence ": 

"Dans le ciel les signes de la fin du temps. Mais la couleur rouge à l'occident pâlissait; un crépuscule de plus tournait au gris, puis au noir, et les démolisseurs fatigués redescendaient à l'intérieur de leurs taudis, pour se coucher et dormir."

 

 

 

 

 

 

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06/07/2016

Câlins made in China


IMG_0669.JPGHier, sur la plaine de Plainpalais, côté rondeau,  un groupe de cyclistes chinois attire l'attention. Devant eux, un jeune homme blond, genre baroudeur, s'exprime dans leur langue. Je m'approche, d'un naturel très curieux,  et demande ce qui se passe. Vladimir, notre traducteur improvisé, me dit qu'il s'agit de Chinois originaires de la région de Pékin qui font un tour à vélo en Europe et que voilà maintenant 45 jours qu'ils voyagent.

Enthousiaste, je me mêle à la conversation et pose des questions. Ils réalisent, un tour en Europe en brandissant un drapeau "Free Hug" "Câlin gratuit". Cinq retraités chinois hilares qui découvrent le monde. Toutefois, pour trois d'entre eux,  le vélo a été volé. Je demande : "A Genève?" - comme un seul homme, ils secouent la tête rapidement en s'indignant semblant dire qu'en Suisse, ce genre de chose est impossible à envisager, que ce ne serait qu'injustice d'accuser ce si bon pays qu'ils paraissent tenir en haute estime. Ils seraient étonnés de savoir que Genève n'est pas plus épargnée.

 

 

IMG_0667.JPGEn mimant le fait qu'ils dormaient, une des femmes exagère la triste mine pour montrer qu'elle désapprouve, un d'eux insiste que c'était un  "Huey-hen" en Italie, en montrant son bras pour désigner que c'était une personne de couleur, soudain, devant nous passe un jeune d'homme d'origine africaine et il le désigne, en faisant de grands bruits.  Nous tous observons le jeune qui passe, le pauvre se demande pourquoi une vingtaine d'yeux sont posés sur lui. Vladimir qui a téléchargé un dictionnaire français-chinois sur son portable cherche le mot pour dire que c'est raciste et que ce n'est pas bien de s'exprimer ainsi.  Une autre dame chinoise renchérit et fait remarquer qu'on ne peut pas parler comme ça, ici, en Europe.  J'ai en mémoire la dernière pub chinoise raciste qui a fait le tour du monde sur une marque de lessive. La rencontre des peuples est aussi un apprentissage. 

L'agitation passée, on leur demande quel était leur métier. Vladimir comprend "Réparateurs", je les observe les yeux écarquillés en songeant à ce qu'auraient-ils pu tous ensemble réparer. Le traducteur se ravise en cherchant dans son dictionnaire - Ah! Non! Désolé, ça veut dire fonctionnaires.

 

 

IMG_0676.JPGIls sont invités à tous loger chez un compatriote qui vit au Bouchet et qui en riant dit que ça coûte cher à nourrir tout ce monde.  Ils repartent en nous saluant et en applaudissant Vladimir, le traducteur, qui a appris le chinois à l'Université de Genève et qui a vécu un an en Chine.

Finalement, j'ai appris trop tard qu'ils proposaient un "free hug", je ne les ai pas vus brandir leur petit drapeau du "câlin gratuit", j'aurai trouvé cela amusant.

Ils saluent en agitant rapidement la main tout le petit groupe qui s'est formé autour d'eux. Ceux dont le vélo a été subtilisé et qui comme souvenir d'avoir été , un jour cyclistes, n'ont plus que le casque sur la tête, continueront en train.  

Une rencontre au hasard d'une balade, emplie d'une admiration pour ces retraités qui découvrent le monde et qui en apprennent l'usage. 

Et si à notre tour, nous partions faire un tour à vélo en Chine en proposant un "Free hug" ?  - Quelle merveilleuse aventure, je devrai tester en Mongolie lors de mes prochaines vacances.  

 

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23/06/2016

Destins en mains

13346488_1315243181843435_1247326174700220600_n.jpgDes mains qui façonnent, pétrissent, cousent, découpent, trient, sèment, sarclent. Des mains qui font et qui défont et au bout...la Vie.
Sur les Quais Wilson du 1er au 31 juillet, un hommage aux femmes et aux hommes qui, à travers le monde, travaillent de leurs mains pour améliorer leurs conditions de vie. Des portraits magnifiques de ces faiseurs de destins y seront exposés, composés de  femmes et d'hommes de 12 pays répartis sur les trois continents : Afrique-Asie-Amérique latine.

Un projet présenté par Helvetas, une exposition en forme de carte blanche donnée à Jean-Pierre Grandjean, voyageur inlassable, épousant  les traces d'un Nicolas Bouvier et d'une Ella Maillart  et  dont l'objectif scrute intensément la force de vie. Pas de misérabilisme à travers ses images mais des instants fugitifs volés à l'instant présent en quête d' éternité ; une vie tissée d'espoir qui détricote le temps sous parfois un ciel de plomb.

J'ai croisé rapidement Jean-Pierre Grandjean lors d'un vernissage, ce qui m'a étonnée est sa capacité non seulement d'observer et immortaliser des instants, mais tandis qu'on parle au photographe, il tend l'oreille, absorbe les mots, recueille les phrases. Ses photos sont une autre façon d'écouter le murmure du monde. Une magie qui se lit d'un portrait à l'autre, une tentative de décrypter dans le chaos du monde, le bruit ténu des mains qui s'activent pour se tricoter une existence digne et décente.

 

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1 ère photo : Les mains de Zeneb Wondemagegn Takele, 32 ans, agricultrice, Wonchet,
Éthiopie, 22 juin 2015
Crédits photos : Jean-Pierre Grandjean

www.grandjean-photo.com
https://www.facebook.com/grandjean.destins.en.mains
https://www.helvetas.ch/fr/news___services/destins/

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21/06/2016

Voile noir sur Bruxelles

IMG_0427-2.JPGBruxelles - A l’aéroport de Bruxelles-Zaventem , le temps retient son souffle après l’attentat, des parties sont encore interdites d’accès au public pour cause de travaux, une odeur étrange et surannée faite d’un mélange de fer et de feu plane dans l’air.

Visages fermés dans le métro, soldats déployés dans toutes les zones sensibles, un silence épais où chacun murmure et observe un sac ouvert, un ordinateur oublié quelques secondes sur un siège et tout de suite, la tension est palpable. Des sirènes dans toute la ville vrillent les oreilles. Des gyrophares soudain s'allument sur le toit de plusieurs voitures banalisées qui filent à toute vitesse vers un même endroit désigné par quelqu'un. Une frénésie tentaculaire touche la ville, chacun le ressent de façon sournoise et ceci crée une profonde  sensation d'être constamment sur le  qui-vive.  

Sur la ligne de métro de Maelbeek entre les stations Arts-Loi et Schumann, des jeunes filles sont assises à côté de moi, âgées entre 15 et 18 ans à peine, tout de noir vêtues, portant un voile intégral, une d’entre elles exhibe un masque médical, est-ce pour remplacer le niqab qui couvre le visage en forme de provocation ? Elles parlent fort, des garçons les accompagnent dont certains portent la barbe,  et l’une d’elles se fait insulter par un des jeunes de son groupe; petit, sec et nerveux, d'une nervosité quasi maladive et  qui ne cesse de s'agiter sur son siège,  le visage contracté,  dévoré de tics et de haine: »T’es conne !Tu comprends rien ! Mais t’es ......conne ! Euh! Euh! t’es vraiment....conne ! Il cherche d'autres mots, en vain, son vocabulaire est  très limité.  La fille ne bronche pas, ni  les autres du reste . Les insultes glissent sur le voile. La fille encaisse, en un silence assourdissant.

 

IMG_0424.JPGJ’observe ce groupe, assurément tous nés en Belgique, enfants de la troisième génération sans doute, ce sont bien des belges malgré les apparences, ils sont fiers et sûrs d’eux tout en soulignant leur différence qu'ils affichent pareille à un étendard. Les gens les observent et dans leur regard de l’incrédulité. Comment est-ce possible ?

Une volonté de non-intégration affichée, un parler qui montre le vide abyssal de têtes vides remplies à la hâte. Force est de constater, durant des années, patiemment, systématiquement,   un travail de sape, des prédicateurs dangereux aux prêches radicales, une lente dérive de jeunes des quartiers pauvres laissés en proie, livrés au wahhabisme et au salafisme et qui s’étend dorénavant sous nos yeux dans tout son éclat et dans tout son cynisme.

Le groupe sort du métro, nous sommes en plein centre de Bruxelles, sur une ligne très fréquentée. On reste interpellé . Mais que s’est-il passé ? Combien d'entre eux  deviendront de la chair à canon en Syrie et en Europe  et qui feront autant de victimes ? A qui profite le crime ? A qui profite le crime.....qui manipule......qui tire les ficelles.......qui orchestre.......qui profite de cette déstabilisation de l'Europe....qui sauvera l'Europe  ?

 

 

 

 

29/05/2016

Couleurs en symphonie

La musique et les couleurs s’entrelacent et s’épousent pour former un tout poétique. Lorsque nous écoutons des musiques, il en naît parfois des tableaux ou ce sont les oeuvres qui créent de la musique. Sous le pinceau du peintre une fluidité chromatique, larges mouvements qui suivent le rythme d’une musique tzigane ou d’une valse.

Un tempo sombre et chaud qui laisse courir le pinceau légèrement « feulant » sur une toile qui se plaît à confondre le rouge et le noir. A chaque couleur sa musique.

 Un exercice musico-pictural auquel vous invite le peintre Jacques Strauss. Une exploration au cœur de l’inspiration qui saisit le visiteur pour qui l’atelier s’offre dans ses douces odeurs de peinture fraîche, les murs recouverts de tableaux qui invitent au voyage de l’imaginaire . Moment rare de lieux qui deviennent des exceptions. Quoi de plus magique que l’atelier du peintre. 



ATELIER DU PEINTRE JACQUES STRAUSS

SAMEDI ET DIMANCHE 4 ET 5 JUIN  2016

DE 11H à 20H NON STOP  (entrée libre)

1163 ROUTE DE BONNAZ

74250 FILLINGES 

21:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/05/2016

Breaking the silence – Quand des soldats israéliens brisent le silence

1397180_1066991616656414_3372520417994083168_o.jpgL'association «Breaking the silence» créée en 2004 par un groupe d'anciens soldats déployés à Hébron (Cisjordanie) et qui dénonce les exactions commises par l'armée est sommée de livrer le nom d'un soldat qui a témoigné sous couvert d'anonymat et qui met en lumières les conditions de l'occupation.
Le Procureur général veut le nom d'un des soldats qui a témoigné sur la conduite de l'Opération Bordure Protectrice de l'été 2014. L'association pour sa part, juge la demande inacceptable et dénonce une tentative d'entraver son action :"Rompre le silence".
L'affaire doit être examinée dimanche 22 mai par la cour de Petah Tikva, une juridiction civile spécialisée dans les atteintes à la sécurité de l'État.

«Les règles d'engagement transmises aux soldats furent les plus permissives jamais portées à notre connaissance», y affirment les responsables de l'ONG, qui dénoncent «une politique de tirs indiscriminés» qui fera 2'000 morts lors des 50 jours d'occupation de Gaza et accusent l'armée d'avoir agi en violation de son propre code d'éthique. Une partie de la droite israélienne reproche à l'organisme de jeter le discrédit sur l'armée, voire de participer au boycott d'Israël.


9f8b4b646488605e73e0436c8c8f9f7d351904af.jpgYehuda Shaul, a été un de ces soldats entre 2001 et 2004. Après des études dans le lycée talmudique d’une colonie juive de Cisjordanie, il a servi trois ans dans le 50e bataillon de la Brigade Nahal. Porte-parole de l'association, il dénonce «une campagne d'une violence jamais atteinte pour nous faire taire une bonne fois pour toutes» et insiste sur le fait qu'il est impossible de livrer des noms : «Nous avons refusé, car la protection des soldats qui acceptent de témoigner sur leur expérience dans les rangs de l'armée est au cœur de notre activité - tout comme le minutieux travail de vérification auquel nous nous livrons avant de publier leurs témoignages."
Cette pression a pour but d'ostraciser des soldats qui ne font que témoigner de ce qu'ils ont vu et qui décourageront d'autres à révéler ce dont ils ont été témoins. Des témoignages choquants et qui montrent que des soldats à qui on exige de commettre des choses ignobles peuvent être aussi traumatisés que leur victime :

Breaking the Silence demande la mise en place d'une commission d'enquête indépendante pour investiguer sur une variété d'actions menées  par les militaires lors de l'Opération Bordure Protectrice en 2014. Bilan sur 50 jours de pilonnage systématique qui ont entraîné la mort de 2'140 victimes palestiniennes dont 500 enfants et plus de 10'000 blessés. 

Des témoignages par centaines :

"Pourquoi devais-tu lui tirer encore dessus ? il était déjà mort!"

"tu mets la pointe du fusil entre les dents et tu tires"
"Nous avons tué des policiers qui n'étaient pas armés!"
"Il fallait tirer sur des gens qui allaient rechercher le corps de leurs morts"

D'autres témoignages  :

http://www.breakingthesilence.org.il

http://www.breakingthesilence.org.il/testimonies/database

https://www.facebook.com/BreakingTheSilenceIsrael/

 This is how we fought in Gaza 2014


 

22 MAI 2016

La cour de Petah Tikva, une juridiction civile spécialisée dans les atteintes à la sécurité de l'État, a accordé un report d'audience au procureur général fixé, le 18 juillet 2016.  Breaking the Silence est satisfait de ce report qui permettra de réfléchir au rôle et au processus de détérioration dont l'association est devenue le symbole. 


Yuli Novak, executive director of Breaking the Silence said :
"In these difficult days where we hear warnings that Israel is showing 'sparks or signs of fascism.' we would specifically expect that the State Attorney carry out it's role as the gatekeeper for the rule of law and democracy, to ensure the rights of soldiers to free speech and to speak about what they did in the territories. But most of all, they should certainly not be taking part in an incitement campaign or in the attempts to shut down Breaking the Silence that have taken place in the past few months.
We're very glad for the extension given by the Court, and hope that the State Attorney will take this time to reflect and contemplate their role in this process of deterioration in which Breaking the Silence has become the symbol.
We believe in the justice system and that it will stand firm against these attempts, and will enable the soldiers, just as it has for the past 12 years, to have their voices heard and to break their silence.
We stand firm on the promise we made to each and every one of our 1,000 + testifiers that we would not reveal their identities and we will do everything in our power in order to stand by this commitment - to defend them and not to abandon them. Thank you."

 

 

Source Breaking the Silence 

https://www.facebook.com/BreakingTheSilenceIsrael/videos/...

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11/05/2016

Aéroport Ben Gourion- "Viens manger un couscous à la maison !"

savoureux-couscous-pays-L-_jahme.jpgLorsque vous envoyez un message si laconique à une de vos connaissances: "Viens manger un couscous à la maison!", vous êtes loin de vous douter que votre invitation tombe entre les mains de la police israélienne, en plein interrogatoire et qu'il ressemble carrément à un message codé.

Mon invitée partie en mission avec des ressortissants de 13 autres pays du Conseil œcuménique des Églises , s'est retrouvée en détention pendant plus de 61 heures assorties de 9 heures d'interrogatoire. Alors, vous imaginez bien que mon couscous tombait à l'eau,  tandis que d'autres donnaient du grain à moudre.

Surprise de ne recevoir aucune réponse durant quatre  jours et à mon grand étonnement, j'ai fini par entendre une petite voix au bout du fil qui s'excusait de n'avoir pas pu répondre à mon invitation  et pour cause.

Le couscous s'est transformé en filet de féra à la Vallée de Joux, à écouter les détails de l'incarcération et comment le steward de Easy Jet à l'aéroport de Ben Gourion  s'est écrié face aux deux renvoyées en Suisse accompagnées de gardes   : Ô mon dieu !  Des déportées !

La délégation du COE qui venait  participer en Israël à une réunion du Groupe de travail du Conseil œcuménique des Églises de Genève exige des excuses. Les  représentants d'Églises membres et du personnel du COE venaient participer à une consultation à Beit Jala, en Cisjordanie, sur les changements climatiques et l'écologie, à l'invitation des Églises membres du COE dans la région, hôtes de la réunion.
Le COE, par la voix de son secrétaire général, le pasteur norvégien Olave Fikse Tweit, a écrit à l’ambassadeur israélien à l'ONU à Genève pour exiger des excuses.

 

Communiqué du 9 mai

https://www.oikoumene.org/fr/resources/documents/general-...

 

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28/04/2016

Enfants de pauvres : enfants volés, enfants exploités, enfants oubliés

NMA-Child-Migrants-girls-scrubbing-havilah_web.jpgParfois il ne faut pas avoir peur des mots, les enfants pauvres anglais placés dans des institutions entre 1920 et 1967 ont bien été déportés au Canada, en Australie, ou en Afrique du Sud. 130'000 bambins pas plus hauts que trois pommes pour la plupart , filles et garçons placés dans des institutions publiques, surtout  religieuses, où ils furent victimes de mauvais traitements, accompagnés d'abus sexuels. Un scandale caché durant des années, il aura fallu attendre 2010 pour que le Royaume Uni accepte de lever le voile sur une période sombre de son histoire et s'en excuse. On trompait les parents pauvres en leur faisant croire que leurs enfants avaient été placés dans des familles riches. Les mères célibataires se voyaient retirer leur enfant pour  le faire rejoindre, par la suite,  des programmes de "migrant children" en vue de peupler de souche blanche ces différents pays.

Que dire des enfants autrefois  placés dans des fermes en Suisse, destins tragiques d'enfant exploités et maltraités comme ailleurs. Souvenez-vous du film "Kinder der Landstrasse", (Les enfants de la Grand-Route, - nom de l'oeuvre d'entraide créée par Pro Juventute et soutenue par les autorités) témoigne de ces  enfants qui par centaines et Roms principalement ont été placés dans des fermes et des institutions par la Pro Juventute entre 1926 et 1973, en vue de les "sédentariser". Episode peu glorieux de cette institution qui l'a reconnu du reste et le reconnaître véritablement aurait dû entraîner la disparition du ledit organisme.

La Suisse a commencé un travail de mémoire douloureux et de réparation et l'a bien compris; pas de justice sans réparation. On ne peut que féliciter la volonté de faire toute la lumière sur ce sombre passé et en assumer les erreurs. Les victimes ont effectivement besoin de réparation pour parvenir à tourner cette  page sordide de l'histoire suisse.

 A l'heure où on tente de réparer, de reconnaître, encore sous d'autres formes, d'autres enfants,  ailleurs,  continuent d'être victimes du trafic humain. Une amie spécialiste des droits de l'enfant travaillant à New-York, me disait comment l'adoption représentait un véritable et odieux trafic humain, pour mémoire l'Arche de Noé, -  et comment il fallait expliquer aux grandes stars qui adoptent des enfants et se pavanent devant les caméras  que souvent et malheureusement les enfants qu'ils ont adoptés avaient des parents, mais que ces parents-là était pauvres et n'auraient jamais souhaité l'adoption de leurs enfants quand bien même les parents adoptifs étaient riches et qu'il aurait été préférable qu'avec leur argent ils soutiennent plutôt les parents, moins intéressant pour l'effet paillettes.  Que dire de cette star récemment qui devant les caméras embarque un enfant syrien sous les yeux de son frère qu'elle laisse derrière, au milieu du chaos.

Autant d'exemples qui laissent songeurs. Des institutions qui sous prétexte de charité participent à un véritable trafic d'enfants, et de rappeler que ce sont aussi des institutions "charitables et bienveillantes" qui ont permis de déporter ces milliers d'orphelins et d'enfants pauvres vers l'Australie. 

 Mais encore, on peut s'interroger sur la protection des enfants pauvres et orphelins. Le cadre légal ne les protège pas suffisamment. Le rôle des institutions de "bienfaisance" qui souvent participent à une forme de trafic d'enfants devraient être soumises à un contrôle drastique.

Et se souvenir que l'enfant orphelin ou et l'enfant pauvre ont droit à notre protection la plus absolue et à notre respect le plus entier, il s'agit de les aimer et de les soutenir, pas de les exploiter. Aujourd'hui, dans de nombreux pays comme en Inde et en Indonésie, on opte d'aider les familles précaires  à élever leurs enfants plutôt que de les leur arracher pour les "exporter" en Europe. 

Saviez-vous que les pauvres eux aussi aimaient leurs enfants ?

Liens suisses

Enfants placés les dossiers de la honte

http://www.rts.ch/emissions/temps-present/justice-crimina...

Enfants placés : La Suisse doit-elle payer

http://www.infrarouge.ch/ir/2073-soiree-speciale-%ABenfan...

Coup de projecteur : scandale d'enfants placés.

http://www.letemps.ch/suisse/2014/10/29/coup-projecteur-bbc-scandale-enfants-places

 

SERIE DE PHOTOS LES ENFANTS DE GRANDE-BRETAGNE  OUBLIES  EN AUSTRALIE

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