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08/04/2018

Alléluia, les Réverbères de la Mémoire sont là !

2225092882.jpegHauts et élancés, dans leur forme majestueuse, les Réverbères de la Mémoire de Melik Ohanian sont déjà installés au Parc Trembley et seront inaugurés,  le vendredi 13 avril. Pour finir ma série sur un poète ou auteur par Réverbère, neuf au total, je clôture avec un invité et pas des moindres – Serge Venturini- poète philosophe, traducteur arménien-français, passeur de cultures et  qui nous présente le poète résistant : Missak Manouchian.

 

 

manouchian1.jpgMissak Manouchian ne nous est connu que par l'ignoble et infamante affiche rouge, placardée à Paris au printemps 1944 et stigmatisant les 23 résistants du FTP-MOI (Main d'œuvre Ouvrière Immigrée). Cette affiche tirée à 15 000 exemplaires voulait dresser la France contre les juifs (douze étaient juifs), et en fait tous des étrangers. Le groupe Manouchian fut l'un des fers de lance de la résistance, il fut l'honneur de la France.

Louis Aragon en fit un poème-symbole, en empruntant d'ailleurs beaucoup à la dernière lettre de Manouchian à sa femme Mélinée.

 

Tout avait la couleur uniforme du givre

À la fin février pour vos derniers moments

Et c'est alors que l'un de vous dit calmement

 

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre

Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

 

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent

Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses

Quand tout sera fini plus tard en Erivan

 

Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le cœur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant... (Louis Aragon)

Qui était Missak Manouchian ? Qui se cachait derrière ce front étendu, sourcils épais, ces yeux noirs et profonds pleins de défis, ce nez puissant, cette bouche hardie aux lèvres fermes, ce menton expressif, cette vigoureuse figure taillée à la serpe, cet énergique visage massif tout pétri de tensions saillantes ? Homme au cou large, visage à la peau mate qui me fait penser à celui de l’homme d’Orihuela, Miguel Hernández mort en 1942 ; faciès de terre, de fils de paysans endurcis qui auraient tant plu sans doute au sculpteur Camille Claudel.

Un homme fier d’un seul bloc —, un hardi dur à cuire, un inflexible résolu ; à la fois un insurgé, un stratège, un militant ouvrier, un poète et surtout, — un homme rude et chaleureux. Un homme d’abord, un humain sans haine. Ses derniers mots à Mélinée le prouvent, s’il faut encore des preuves.

Son itinéraire a été celui d’un errant entre le génocideur turc et le bourreau nazi, d’un orphelin déchiré certes, mais sans cesse entreprenant, intrépide et déterminé, et ceci dès l’enfance, en raison du génocide arménien perpétré par le gouvernement des Jeunes-Turcs en 1915. Si son dernier regard s’est tourné vers l’Arménie car il était Arménien, il mourut pour son pays d’accueil, en vrai patriote. « Bonheur à ceux qui vont nous survivre, a-t-il écrit, et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. »

Même si « la mort n’éblouit pas les yeux des partisans », je le vois, je l’entends crier, ce 21 février à midi, au Mont Valérien, à l’ultime instant de quitter ce monde, avec ses camarades : « Vive la France ! » La France était selon Missak la « Terre de la Révolution et de la Liberté. »

Suite ..................................................

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/manouchian....

 

Biographie fugitive de Serge Venturini

Serge Venturini n’est pas homme ou poète à s’épancher sur ses repères biographiques. Certes son sang corse ne fait pas qu’un tour, et sa passion pour les lettres arméniennes et russes éclate vite au grand jour.

Aussi il sera juste cité ici par ces quelques lignes.
Il est né à Paris le 12 octobre 1955, d'une mère de Figline di Prato dans la province de Florence et d'un père de Rutali, du Nebbiu, en Haute-Corse.
Etudes supérieures à Paris, Jussieu Paris VII.
Longs séjours au Liban, au Maroc, en Arménie, en Russie et en Pologne.
Professeur de Lettres dans le Val-d'Oise depuis 1996, date de son retour en France après quelques séjours à l'étranger.
Comme un frère en fureur, Alain Suied, il fut un «enfant-poète», et tôt reconnu par André du Bouchet, Yves Bonnefoy. A nous de le reconnaître maintenant car il est « plus qu’une lumière blanche comme la page », il est une voix qui éclaire, lucide, solaire, buisson ardent.

 Gil Pressnitzer

 

 

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30/03/2018

Lee Bae – Les 50 nuances de charbon

large_1497992964.jpg24 mars 2018 - Saint-Paul-de-Vence- Fondation Maeght

Une cinquantaine de personnes s’agglutinent devant l’entrée de la Fondation pour le vernissage de l’artiste coréen Lee Bae et parmi elles quelques Coréens. Je m’approche de l’artiste et l’interpelle en anglais, puis constatant qu’il parle parfaitement le français, je le félicite dans cette langue sur son œuvre et lui demande comment prononcer son nom correctement: 

- Libé comme libération,  lâche-t-il,  un brin pince-sans-rire. Il se tient droit et demeure parfaitement serein face à l'agitation qui l'entoure comme si c'est un autre qui était l'objet de toute cette attention; un vague sourire sur les lèvres, d'un calme olympien, trônant au-dessus de la mêlée.

 Derrière nous deux personnes disent à haute voix:

- Ah ! Il y a beaucoup de Chinois.

- Mais non répond un autre, ce sont des Coréens et tu n’as pas intérêt à confondre, ils se sont fait la guerre.

- Je ne vois aucune différence, lui rétorque l’autre, on pourrait croire des Japonais.

- C'est encore pire, ne dis plus rien !

Je parle un peu plus fort pour couvrir de ma voix ces aberrations.

Pour ma part, je lui raconte notre rapport culturel au noir et notre appréhension face à cette couleur qui n’entraîne que des expressions négatives comme  : broyer du noir, travailler au noir*, l'humour noir, et de rappeler la chanson de Johnny « Noir, c’est noir. Il n’y a plus d’espoir… » 

Mais Lee Bae, lui, a décidé de faire du noir une couleur de lumière et montre les centaines de couleurs du charbon et d’énumérer : des noirs froids, des noirs chauds, des noirs un peu gris comme la cendre, des noirs brillants comme le métal, des noirs mats, le noir n’est pas seulement une couleur mais une profondeur.

1-8.jpgLee Bae décline le charbon sous toutes ses formes, après de grands tableaux, plus loin on peut apercevoir des fagots de troncs calcinés pendant quinze jours comme une céramique à plus de mille degrés puis refroidis durant quinze autre jours et ramenés de Cheongdo d’où est originaire le peintre sud-coréen. C’est la rencontre des pins de Corée et des pins de Saint-Paul de Vence, selon lui.

Dehors, dans la cour où les sculptures immenses de Giacometti se profilent longues et filiformes, un couple prend des photos ; l’homme arborant un pantalon rouge pétard, imite la démarche de la statue et Madame le photographie. Elle même est vêtue de rose, des chaussures à la tête, ça va du rose bonbon, au rose framboise, en passant par du fuchsia. Ils portent tous deux des lunettes d’intello, rondes. Je me dis qu’une démarche artistique reste toujours un effort pour les gens qui ne sont pas artistes. Tandis que sur le toit au-dessus de leur tête,  un banc est installé et invite ceux qui savent voler à s’y asseoir.

L’artiste m’annonce que son catalogue paraîtra le 6 avril et je l’invite à passer au Carrousel du Louvres - à Paris où il habite aussi, lui qui fait des allers-retours entre la Corée et la France - , où j’aiderai un artiste peintre à exposer ses laques et me prépare déjà à entendre quelques « absconsités » et cela sur trois jours, je me réjouis d’écrire quelques billets sur mon passage au  Louvres, à fin mai.

 

*L’origine de l'expression  travailler au noir : À une certaine période du Moyen Âge les artisans exerçaient sur la place publique et y vendaient leurs produits. Les professions étaient très réglementées, il était interdit de travailler après la tombée de la nuit. Ceux qui transgressaient la règle travaillaient donc "au noir", c'est-à-dire à la nuit tombée.

 

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21/03/2018

La pizza connectée

Un exemple de la surveillance numérique  pêché sur le net et qui mérite le détour :

 

Allô, Giovanni Pizza ?

HI HI HI.jpg- Non Monsieur, c'est Google Pizza.

- Ah je me suis trompé de numéro ?

- Non Monsieur, Google a racheté la pizzeria.

- Ok, prenez ma commande donc

- Bien Monsieur, vous prenez comme d'habitude ?

- Comme d'habitude ? Mais vous me connaissez ?

- Compte tenu de votre numéro de téléphone qui s'affiche ici, vous avez commandé ces 12 dernières fois une pizza 3 fromages avec supplément chorizo.

- Ok, c'est exact....

- Puis je vous suggérer de prendre cette fois la pizza avec fenouil, tomate et une salade ?

- Non vraiment, j'ai horreur des légumes.

- Mais votre cholestérol n'est pas brillant....

- Comment vous le savez ?!

- Par vos emails et historique Chrome, nous avons vos résultats de test sanguins de ces 7 dernières années.

- Ok...mais je ne veux pas de cette pizza, je prends des médicaments pour traiter mon cholestérol.

- Vous ne prenez pas votre traitement suffisamment régulièrement, l'achat de la dernière boîte de 30 comprimés habituels date d'il y a 4 mois à la pharmacie Robert au 2 rue Saint Martin.

- J'en ai acheté d'autres depuis dans une autre pharmacie.

- Cela n'est pas indiqué sur votre relevé de carte bancaire.

- J'ai payé en espèces !

- Mais cela n'est pas indiqué sur votre relevé de compte bancaire, aucun retrait en espèces.

- J'ai d'autres sources de revenus ailleurs !

- Cela ne figure pas sur votre dernière déclaration d'impôts, ou alors c'est que vous avez des revenus illégaux non déclarés ?

 

- Bon, vous me livrez ma pizza ou bien je vais ailleurs ?

 

- Certainement, monsieur, toujours à votre service, nos remarques sont uniquement destinées à vous être agréable. Pour quelle heure doit- on la livrer ?

- Mon épouse revient de chez sa mère au Mans et rentre vers 19 heures. Disons 20 heures serait idéal.

- Puis je me permettre une suggestion, avec votre accord bien sûr ?

- Je vous écoute.

- Votre épouse ne pourra sans doute pas être à 19 heures chez vous. Il est 18 heures et elle vient d'effectuer l'achat d'une Rolex dans une bijouterie de la Baule, il y a 6 minutes.

- Comment êtes-vous au courant ?

- Elle a effectué le paiement par carte sur son compte bancaire personnel numéroté en Suisse. Elle a d'ailleurs réglé sa note d'hôtel

4 étoiles, en chambre double pour 3 jours ainsi que des repas dans des restaurants étoilés pendant la même durée, toujours avec la même carte.

- Puis je connaître la somme débitée ?

- Non monsieur, nous respectons avant tout la vie privée des gens, nous n'avons pas le droit de dévoiler ce genre de renseignements.

- ÇA SUFFIT ! J'en ai ras le cul de Google, Facebook, Twitter, ... je me barre sur une île déserte SANS internet, SANS téléphone et SURTOUT personne pour m'espionner !!!

- Je comprends monsieur...mais vous devez donc refaire faire votre passeport dans ce cas car la date d'expiration est dépassée depuis 5 ans et 4 jours.

 

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17/03/2018

« Vous m’avez rendu toute ma dignité »

uk35lu-HC.jpgFait étrange, j’ai toujours aimé raconté des récits fabuleux à des inconnus pour tester la puissance de l’histoire que je m’apprête à écrire. Je teste les mécanismes, identifie l’instant où les gens vibrent, à quel moment ils posent des questions, puis lorsqu’ils hésitent et finalement sont émus, puis silence….un ange passe !

Le dernier exercice en date était avec un Malien. Je lui raconte l’épopée incroyable de l’esclave Benko Bioho,  né vers la fin du XVIIe siècle et tombé dans les filets portugais en Guinée-Bissau. Il  est alors emmené pour le commerce transatlantique avec des milliers d’autres vers la  Colombie. Arrivé dans ces terres inconnues, il résiste, puis se rebelle, s’enfuit avec d’autres marrons et crée une armée de résistants réfugiés dans les Montes de Maria. Reconnu comme chef du palenque par les Espagnols qui demandent la trêve, ils sont reconnus libres, ce qui ne les empêchera pas de pendre Benko Bioho après l’avoir écartelé sur la place publique quelques années plus tard.

 

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Je lui raconte l’esclavage africain dont on parle si peu, ce deuxième génocide survenu après le massacre des Indiens d’Amérique; le plus grand holocauste de l’histoire de l'humanité avec 100 millions de personnes exterminées ou mortes de maladies importées par les colons.

 

Quant aux Africains, 55 millions d’entre eux seront kidnappés dont plus de la moitié noyés en mer ou morts pendant le trajet. Encore un génocide à peine effleuré, un de plus frappé d’amnésie.

Mais imaginez, en ce temps-là, faire disparaître 55 millions de jeunes, femmes et hommes de l’Afrique ce que ça pouvait impliquer ? demandé-je , à mon interlocuteur . Mais imaginez des villages entiers vidés de leurs habitants et ce pendant des siècles. Des larmes, des cris, des angoisses, une désolation face à ces absences et constater qui a perdu un fils qui a perdu une mère, un oncle, un père, enlevés pour qui sait où.

Et il ne faut pas se leurrer ou l'oublier,  les esclaves ont résisté et quelle résistance, insisté-je . Tiens ! Pour exemple, au cours du XVIIIe siècle, celui qu’on surnomma la Capitaine Tomba qui s’opposa à la traite des siens en brûlant les huttes avant l’arrivée des Blancs et en s’attaquant aux négriers. Pris en capture et embarqué sur un navire anglais, il est décrit par le négrier John Leadstine, surnommé le « Vieux Pirate » , chef de la foire aux esclaves en Sierra Leone comme  : « Grand et fort, l’air à la fois sévère et hardi » , si hardi qu’il organise son évasion sur le navire Robert. Lors de la traversée qui doit l’amener en Jamaïque, il attaque des marins qui en plus grand nombre ont le dessus, le captif se fait torturer tandis que l’esclave qui l’a aidé est « hissée par les pouces, fouettée et dépecée, les autres esclaves seront forcés de manger son cœur et son foie » . Le capitaine Tomba dont la valeur marchande était élevée compte tenu de se force exceptionnelle ne sera pas condamné à mort mais débarqué et vendu en Jamaïque après avoir été puni et torturé. Une résistance très détaillée qu’on retrouve dans le journal de bord du Capitaine Harding, impressionné par cette capacité de rébellion voire même admiratif.

Non ! Ils n’ont pas été ces moutons qu’on imagine emmenés à l’abattoir, il y a eu des résistances incroyables. On craignait les connaissances en herboristerie des esclaves qui savaient non seulement se soigner avec des poisons mais empoisonner et savoir si les victimes allaient mourir, en quelques heures, en quelques jours ou en quelques mois.

On craignait la magie des femmes capables d’ensorceler et qui menaient une résistance qui leur était propre;  il leur fut interdit d’utiliser des breuvages et de les vendre. Ils étaient craints par leurs maîtres, ces esclaves capables de se soulever et de s’organiser pour s’enfuir.

Non, assurément ils n’ont pas été ce qu’on voulait faire croire durant des siècles, des objets que l’on déplace, ils ont été des humains qui se sont battus au prix de leur vie et pour leur liberté, des êtres qui ont su s'organiser et mener des actes de bravoure.

Le Malien , à la fin du récit, me remercie en me disant très ému : vous m’avez à moi et à mes enfants rendu toute notre dignité ! Je compte vraiment  sur vous pour l’écrire l’histoire de cet esclave magnifique : Benko Bioho !

 Attablée, ce matin, devant l'histoire de cet esclave rebelle, Benko Bioho,  je songe à offrir ce récit à ce Malien inconnu et qui avait tant besoin de dignité comme tous les Africains vivant en Europe et à qui ont a fait oublier la plus grande injustice !

L’esclavage de 55 millions d’entre eux. Il n'y a pas d'histoire sans mémoire et se souvenir c'est participer à rendre la dignité perdue aux victimes.

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10/03/2018

Les Réverbères de la mémoire – Yéghiché Tcharents (8)

2012968554.jpegRaconter pour se souvenir et se souvenir pour ne plus oublier;  les écrivains et les poètes sont les réverbères de la mémoire. Mais plus encore, les poètes sont le bruissement de l’âme d’un peuple;  une métaphore qui sied parfaitement à celui qui est considéré comme le plus grand des poètes arméniens : Yéghiché Tcharents (1897-1937).

Le héraut de la nouvelle nation arménienne créée en 1920 fut témoin du génocide de son peuple alors enrôlé dans les unités de volontaires arméniennes qui combattaient sur le front du Caucase aux côtés des armées russes, en 1915. Celui qui croyait dans les valeurs communistes bonnes pour cette jeune nation, finira par comprendre que Staline n’est qu’un dictateur et un oppresseur. La seule voie de salut devient pour le poète, le nationalisme et surtout lorsqu’il voit la Russie passer des accords avec la Turquie au détriment des Arméniens.

 Un désenchantement qui se traduira par l’urgence de s’unir : 

« Ô peuple arménien, ton seul espoir de salut réside dans ton unité ». Staline n’apprécie plus les vers du poète et malgré son :  « le nom de Staline se lève comme l’ombre du soleil au-dessus de l’Océan » le poète n’arrivera plus à lever les soupçons qui pèsent sur lui, considéré dorénavant comme l’ennemi de la révolution, taxé de terroriste et de nationaliste. Le système répressif s’acharnera sur lui.

Des vers nostalgiques qui redonnent un espoir nouveau au peuple arménien et l’invitent à revenir aux sources de sa mémoire collective :

De ma douce Arménie, j’aime la parole à saveur de soleil,

De notre lyre aux sons de deuil, j’aime la corde aux sanglots,

L’étincelant parfum de nos roses, - pareilles au soleil,

Et des filles de *Naïri, j’aime la danse pudique et

gracieuse.

*Naïri, lieu de légende et nom poétique de l’ancienne Arménie transformé en paradis perdu du poète.

 

Un poète, victime des purges et dont la fin tragique laisse entr’apercevoir ce qu’il a subi dans les geôles soviétiques d’Erevan: « un cadavre vivant qu’on dirait déchiqueté par des bêtes fauves » et dans sa cellule crasseuse, l’amoureux du verbe ensoleillé sombrera dans la pire des noirceurs. Mort en martyr, ses vers l’ont rendu immortel.

220px-Jeghische_Tscharenz.jpg

 

J'ai proposé une démarche poétique pour soutenir l'installation des Réverbères de la mémoire qui consiste à présenter, un écrivain ou un poète par Réverbère dans le cadre de l'installation des neuf Réverbères de la mémoire qui auraient dû prendre place dans le Parc de Trembley, à Genève et oeuvre de l'artiste Melik Ohanian.

Et se demander, que savons-nous du génocide arménien?  Que connaissons-nous de  la culture arménienne, que savons-nous de ses écrivains et de ses poètes ? Un travail de déni sur le génocide semble avoir totalement occulté ce que nous devrions tous connaître, à savoir l'histoire d'un peuple et sa mémoire qui est devenue nôtre car je ne souhaite pas contribuer à l'amnésie générale et je m'y oppose par ces billets sur "les Réverbères de la mémoire", chacun résiste avec ses armes qui sont les siennes, pour moi,  les mots ! Et je ne me laisserai pas impressionner par les menaces, bien au contraire!

 

Les autres écrivains déjà présentés dans le cadre de cette performance poétique :

Valérie Toranian (1)

Harry Koumrouyan (2)

Hrant Dink (3)

Roland Godel (4)

Franz Werfel (5)

Zabel Essayan (6)

Parouïr Sévak (7)

Yéghiché Tcharents (8)

(9) surprise en début avril

 

 

 

 

 

 

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03/03/2018

Les Réverbères de la mémoire – Parouïr Sévak "Que la lumière soit !" (7)

2023765398.jpegLes écrivains sont les Réverbères de la mémoire et les poètes , la lumière qui illumine nos âmes. Que la lumière soit ! de Parouïk Sévak est le poète arménien d’à-propos  sur la levée de quelques boucliers épars contre l'installation de l'oeuvre de Melik Ohanian dans le Parc Trembley, à Genève, en mémoire du génocide arménien.

 Un amoureux des livres qui dès l’enfance devient chef de bande pour aller les voler dans les bibliothèques scolaires ou les acheter de village en village. La lecture de Tourgueniev "Premier Amour "le lance dans l’écriture . Tcharents, le poète arménien, le convertit définitivement à la poésie.

Mais qu’est-ce un poète? Le souffle du temps assurément, mais « le poète n’est pas un météore tombé du ciel, mais un minéral sorti des profondeurs de la terre. Non pas comparable à la pluie, mais à l’eau minérale jaillie des profondeurs, que les générations anciennes nommaient des eaux chaudes. De sorte que sa composition chimique est faite de la totalité des êtres contenus dans telle race ou tel peuple. Donc la poésie n’est pas comparable non plus à une suite de textes ; c’est une circulation sanguine, partant du cœur du poète et se dirigeant vers la tête et les autres terminaisons, ayant la même composition que le sang, de même nature que lui, avec les mêmes élévations, les mêmes baisses que la pression artérielle, qui sont inhérentes à sa race ou à son peuple. »

Et de rappeler qu’écrire pour un public est la voie la plus illusoire de la création.

 

Joyeuse lumière

Lumière ! Lumière joyeuse !
Lumière non du soir

Ni du soleil couchant

Mais joyeuse, être juste,

Lumière d’aurore aux pieds de rosée.

 

…La nature à genoux sur ses jambes se dresse,

A peine terminés les offices nocturnes.

A pas lents l’Aube se rapproche

Pareille au sacristain vigilant

Éteignant ou mouchant

Toutes sortes de lampes ou de lanternes.

Alors le soleil monte

Sublime comme un prêtre.

Les ombres émincées, couchées et paresseuses,

Se mettant, semble-t-il, à s’auto-digérer,

S’amenuisent, maigrissent,

Puis se tendent,

S’élancent

Comme une danseuse à peau sombre.

L’aurore poursuit la frappe de ses monnaies pourpres,

De tous les trous étroits brassant avec ampleur

Le Soleil lui-même, le Juste ;

Et l’on entend alors cet air simple et multiple

Qui présida jadis aux naissances des dieux :
« Lumière !Lumière joyeuse !... »

 

………………………………………………………..

 

Naissance le 24 janvier 1924 à Chanaghchi (Arménie), décès le 17 juin 1971 dans un accident de voiture près du mont Ararat, heurté par un camion.

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Extraits « Que La lumière soit !« de Parouïr Sévak , trad. de l’arménien par Donikian

 

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24/02/2018

Les Réverbères de la mémoire – Zabel Essayan (6)

2023765398.jpegRaconter pour se souvenir et se souvenir pour ne plus oublier;  les écrivains sont les réverbères de la mémoire.  En attendant l’œuvre « Les Réverbères de la mémoire » de Melik Ohanian qui consiste en neuf réverbères plantés dans le parc Trembley, à Genève,  et sujet à de multiples plaintes, pétitions, oppositions qui ont en freiné l’installation artistique, je présente pour chacun d’eux un écrivain et pas des moindres, aujourd’hui, Zabel Essayan.

Romancière, journaliste, née à Scutari (quartier de Constantinople) en 1878, elle témoignera dans le menu, à travers son œuvre « Dans les ruines » , du massacre d’avril 1909, en Cilicie. Enrôlée par la Croix-Rouge trois mois après le pogrom, elle se rend dans ce qui n’est plus que ruines, folie, et misère dans la ville d’Adana.

Au scalpel, de façon méthodique, elle met le doigt sur le mal;  une population turque fanatisée qui tuera en quelques jours plus de 30'000 arméniens, en Cilicie. L’impuissance, les atrocités, l’incompréhension, elle décrit l’agonie d’un peuple. C’est avec rigueur et sans ménagement qu’elle peint le tableau du désastre, et pour se faire, elle trempe sa plume dans un sang d’encre;  elle décrit et parfois s’effondre devant l’image impitoyable des veuves et mères devenues folles et des orphelins rachitiques. Sa pudeur éprouvée entre les lignes;  certains  silences qui en disent plus long que les mots dans "un pays où le soleil a cessé de briller pour tous."

Zabel Essayan rappelle que l’écrivain ne peut qu’être engagé, ou il n’est pas. Le devoir de raconter, de laisser des traces pour rappeler aux générations futures les formes que prennent les chemins de l’horreur et s’en méfier. Mythe, mensonge, préjugé, elle démonte les mécanismes de la « Bête » immonde qui s’était donné pour mission d’éradiquer toute trace d’Arménien sur leur propre terre, à savoir celle de l’empire ottoman.

Cette terre qui est aussi la sienne et qu’elle décrit admirablement dans son autobiographie «  les Jardins de Silidhar « : «dans le lointain s’étendait le ruban bleu et étincelant du Bosphore. Au-delà encore, c’était Constantinople dont la silhouette, rose le matin, prenait des teintes dorées…l'immense parc que formaient les  Jardins de Silidhar se transformait en flamboyante roseraie. » Ce peintre des couleurs dont la palette n'offrira plus que du gris et du noir et dont la noirceur même restera insuffisante pour raconter ce qu’elle a vu, de ses propres yeux.

Or, elle continuera à prôner la tolérance celle-là même  enseignée par son père ; "il n’y a pas au monde de mauvais peuple, il n'y a que de bonnes et de mauvaises gens."

 

Zabel Essayan mériterait carrément deux réverbères à son nom au Parc Trembley, mère de tous les écrivains engagés, chroniqueuse avant l’heure, celle qui a su raconter l’inénarrable……………….

Prise dans les filets des purges staliniennes quelques années plus tard, arrêtée par la Tcheka*, elle mourra après plus de six ans d’incarcération, alors malade tandis qu'elle est déportée vers la Transcaucasie, en 1943.

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 *Commission spéciale panrusse de lutte contre la contre-révolution et le sabotage créée en décembre 1917, à Pétrograd. 

 

 

 Prochain billet Parouïr Sévak (7), puis Yéghiché Tcharents (8) le plus grand poète arménien mort en détention en 1937. Un poète ou écrivain par réverbère en attendant les neuf réverbères du Parc Trembley. 

 

 

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03/02/2018

La plus grosse bombe de Unabomber – Son manifeste « La société industrielle et son futur »

1484047109327425.jpgLe temps donnerait-il raison à Ted Kaczynski (photo, Ted en prison,1999) lorsqu’on voit notre dépendance aux nouvelles technologies dévoreuses de liberté, lorsqu’on voit de jeunes enfants rivés sur leur portable et qui ne savent plus à quoi ressemble la nature, un arbre, une fleur, jouer dehors, et même lever la tête pour communiquer avec leurs proches devient difficile. A quoi ressemblera l’avenir de ceux qui ne voient aujourd’hui, le monde qu’à 10 cm, devenue leur seule vision de l’univers qui les entoure. Quel futur,  lorsqu’on voit apparaître tous les jours de nouvelles   addictions liberticides de toutes sortes émerger et en lien avec les nouvelles technologies ?

Le docteur en mathématiques lanceur de colis piégés et arrêté en 1996 après dix-huit ans d’enquête à 50 millions de dollars,  a-t-il été ce visionnaire génial qui avait compris que le monde industrialo-technologique ne pouvait pas être compatible avec nos libertés; contrôlés, dépendants, esclaves d’un système que nous sommes devenus. La seule façon de s’en sortir, entre autres, serait de déconsommer et accepter une révolution qui sera assurément douloureuse pour tous, le prix à payer pour redevenir des hommes et des femmes libres.

Sa croisade transformée « en révolution contre la technologie » fera des morts et des blessés, parmi ses cibles,  professeurs d’université, patron de compagnie, vendeurs d’ordinateurs, mais sans doute, il est auteur de moins de victimes que ceux qu’ils visent et qui continuent à mettre des vies en danger avec pesticides, centrales nucléaires, produits cancérigènes, essais chimiques et qui tuent en masse et en silence  et surtout, en toute impunité. A la différence de lui, eux servent le système et son monde industrialo-technologique donc ils sont au-dessus de toute loi puisque la loi, elle aussi sert le système dominant. On n’a jamais vu ni condamnation ni emprisonnement, à perpétuité , après des morts victimes d'émanations chimiques, pour ne citer que Tchernobyl ou Fukushima.

Celui qu’on a nommé Unabomber a réussi à faire publier son manifeste à travers les media américains, seule condition pour arrêter de fabriquer et envoyer des colis piégés. Publié par le New York Times et le Washington Post en septembre 1995, sur huit pages, les 35'000 mots écrits par celui considéré comme le plus fascinant terroriste des Etats-Unis, seront lus par toute l’Amérique, et c’est sans doute-là, sa plus grosse bombe; un manifeste sans concession qui dénonce en réalité la technologie tueuse de liberté. Le tirage du New York Times atteindra un million et demi d’exemplaires, un million pour le Washington Post, du jamais vu.

Un fou ? Un visionnaire ? Le tribunal de Sacramento hésitera lors du jugement devant cet homme à l’intelligence hors du commun qui se tiendra devant lui, âgé de 55 ans et qui vivait depuis 25 ans en ermite dans le Montana, dans une cabane fabriquée par ses soins. Ce docteur en mathématiques qui a obtenu des prix d’excellence et qui a aussi subi un lavage de cerveau durant deux ans dans le cadre d’une expérimentation à l’Université de Harvard lorsqu’il était jeune étudiant. Les avocats de la défense essaient de s’appuyer sur ce triste épisode de sa vie d'étudiant pour le faire déclarer fou, mais il refuse cette stratégie de défense qui conclurait à la folie, parce qu’alors toute sa théorie prônée dans le manifeste tomberait du coup et c’est la seule qu’il veut défendre même contre sa propre liberté - Prévenir le monde entier du danger !

« Vivre comme un sauvage ou mourir » et il a vécu dès 1971, un vrai retour aux sources, sans eau, sans électricité, vivant de chasse et de légumes de son potager, mais sept ans plus tard, rejoint par le modernisme et son lot de nuisances, il fabriquera son premier colis piégé, révolté par le monde industriel qui le pourchasse et dérange sa tranquillité d'homme des forêts. En lisant son manifeste, « La société industrielle et son futur «  rédigé à la première personne du pluriel « nous » pour le Freedom Club dont il est le seul membre, force est de constater qu’il n’y aucune trace de folie, mais une pensée rationnelle et logique qui analyse sans pitié et sans concession, le monde dans lequel on vit avec ses pièges et ses illusions. Comment s’en sortir ? Il prône la révolution entière et mondiale, même s’il faudra en souffrir, parce que le changement ébranle et dérange nos habitudes, déconsommer sera difficile mais salutaire pour l’humanité entière.

 

Condamné à quatre fois la perpétuité et 30 ans, le génie visionnaire pourtant est lu et toujours davantage dans le monde. Sa théorie continue à intéresser les mouvements écologiques et faire des émules parmi les nostalgiques du retour aux sources qui trouvent dans les pages du Manifeste comme un écho à leur angoisse d’un monde qui ne cesse sous prétexte de liberté de nous rendre toujours plus dépendants. Mais qu’ils se rassurent, ces angoissés pourront bénéficier d’aide à la gestion du stress pour mieux supporter la pression du système.

Et continuer à s'interroger:  quel monde laisse-t-on à nos enfants, petits-enfants et à toutes les générations à venir ? Dans quel état se trouve notre planète? Quelle responsabilité ? Quel engagement pour le futur ?

Et se souvenir « Traitez la terre, la nature et les animaux comme il se doit; elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous a été prêtée par vos enfants. »

 

Une lecture du Manifeste en  232 points qui mérite le détour et qui feront souffrir quelques gauchistes.

Industrial Society and its future


https://www.washingtonpost.com/wp-srv/national/longterm/u...

 

Le texte intégral en français traduit de l’anglais américain par Jean-Charles Vidal.

http://editions-hache.com/essais/pdf/kaczynski1.pdf

 

Netflix a également sorti en 2017, une série bien documentée - Manhunt : Unabomber

 

 

14:05 | Tags : unabomber, ted kaczynski | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | |

25/01/2018

Président ex-pâquisard sur le banc des corrompus - Lenín Moreno

foto 17085877726_930bcd4804_z.jpgMon invité pour des questions de sécurité préfère garder l' anonymat - Dénoncer la corruption en Equateur vous envoie direct en cellule. C'est le vice-président qui en fait la triste expérience, le 13 décembre 2017. Une audience publique et contraire à la loi a condamné à six ans de prison le vice-président de l’Equateur, Jorge Glas (en photo à gauche). Tout cela sur fond d'agitation politique en Amérique latine marquée par des coups d’Etat corrompus montés et dirigés par les puissances étrangères, les multinationales et les bourgeoisies de la région. Un cocktail malheureusement très connu et prémédité, chronique d’une mort annoncée pour Glas qui subit la détention arbitraire, les fausses accusations, les témoins corrompus, les menaces sur sa famille.

Condamné sans tenir compte du principe fondamental de la légalité des délits et des peines ainsi que du droit international, le vice-président du pays latino-américain a été mis en prison ferme. Selon le Tribunal Suprême de Justice, le deuxième du gouvernement aurait commis le délit de délinquance organisée et association illicite dans le scandale Odebrecht en Equateur.

Le cas du vice-président a tout pour être considéré comme une persécution politique menée par Lenín Moreno, actuel président du pays et opposant de l’ex-président, Rafael Correa. Glas, homme fort de la ligne politique du corréisme a été le premier homme du pays à avertir publiquement que le président de la république cédait le contrôle des entreprises électriques de l’Etat à une des familles les plus corrompues de l’Equateur, les Bucaram. Le 2 aout 2017, il dénonce formellement des irrégularités dans la gestion présidentielle qui produisent des réactions au sein du gouvernement, du système judiciaire et médiatique. En réponse, Glas est accusé par ces secteurs de délinquance organisée et association illicite sans preuves aucunes. D’un autre côté et sans que la constitution lui en donne le pouvoir et du coup la violant, Moreno relève de ses fonctions le vice-président deux jours après via un décret de loi.

Le système judiciaire ouvre une enquête remplie de nombreuses irrégularités à son encontre. Le Tribunal Suprême de Justice le condamne à six ans de prison ferme en se basant sur des fausses preuves. Santos Odebrecht, responsable de la firme Odebrecht en Equateur et condamné pour corruption, accuse Glas d’avoir reçu des pots-de-vin de sa part sans faits avérés. Il est protégé sous accord par les bureaux du procureurs brésiliens et équatoriens et ne peut donc être interrogé par la défense du vice-président. Plus de 70 personnes ont témoigné dans le cas du vice-président, néanmoins aucune d'entre elles a affirmé avoir des liens directs ou indirects avec lui. Alors de se demander, comment peut-il exister d’association illicite dans ce cas ? Il n'y a personne.

L’apparition d’une clé USB est aussi une des preuves utilisées contre Glas. Par contre, l’expert judiciaire chargé d’analyser cette pièce de conviction dit qu’elle n’est pas une source fiable et ne détient aucun document lié à Odebrecht ; la personne qui a présenté la pièce dit avoir jeté l'ordinateur qui renfermait  l’élément. L’expert est donc sanctionné par la cour. Encore plus étonnant, les experts judiciaires ont été pris par la suite comme témoins par le fiscal Baca chargé du cas pour accuser Jorge Glas. La défense n'a pas été autorisée à questionner les procédures du fisc ainsi que celles des juges du Tribunal Pénal de la Cour Nationale. Des appellations ont été interposées, mais elles ont toutes été rejetées. Il faut rappeler que Baca est également sous enquête judiciaire pour détournement de fonds. Actuellement, la justice prépare encore contre Glas une accusation pour vol pouvant le condamner à 41 ans de prison.

Les Equatoriens sont malmenés par la justice, entièrement sous la coupe du Président, et appuyée par les médias aussi sous tutelle prompte à falsifier les informations pour servir le premier du pays. Ils s’affrontent avec un modus operandi politique orchestré par les Etats-Unis et les plus hauts cercles sociaux de la corruption latino-américaine. L’exemple peut être perçu dans le cas de l’ex-président Lula da Silva au Brésil condamné cette semaine à 12 ans de prison dans le cadre d’une chasse aux sorcières qui pousse des millions de brésiliens dans les rues soutenant da Silva.

De son côté, la famille du vice-président équatorien est aussi victime d’espionnage, répression étatique et judiciaire. Elle demande à ce que cette chasse aux sorcières cesse et demande également à ce que justice soit faite : Jorge Glas, prisonnier politique doit être libéré immédiatement.

Des zones d'ombre et des questions demeurent : que cherche donc l’actuel président équatorien qui pourtant bien qu'ayant vécu de 2013 à 2016 dans la capitale des droits de l’homme, à Genève, est le premier à ne pas les respecter ? A quels intérêts répond-il ? Pourquoi cet ex-pâquisard aisé de la société équatorienne cherche-t-il par une consultation populaire illégitime à s’approprier les pouvoirs judiciaires et exécutifs mettant ainsi en péril la démocratie en Equateur ? Equatoriens, latino-américains et bien au-delà dans le monde, tous se posent la même question.

 @Photo Jorge Glas

Version espagnole

 

Mi invitado por razones de seguridad prefiere permanecer en el anonimato:

 

Un corrupto que habitó Ginebra en el banco de los acusadores – Lenín Moreno

 

3262730199.jpgDenunciar la corrupción en Ecuador lo envía directamente a la cárcel. Es el vicepresidente de dicho país quien realiza la triste experiencia el 13 de diciembre de 2017. Una audiencia pública y contraria a la ley condenada a seis años de prisión el vicepresidente de Ecuador, Jorge Glas (en la foto de la izquierda). Todo esto en el contexto de la agitación política en América Latina marcada por golpes de Estado corruptos creados y dirigidos por potencias extranjeras, multinacionales y burguesías de la región. Un cóctel tristemente conocido y premeditado que narra la muerte de una crónica anunciada para Glas que está sujeto a detención arbitraria, acusaciones falsas, testigos corruptos y amenazas a su familia.

Condenado sin tomar en cuenta el principio fundamental de la legalidad de los crímenes y las penas, así como el derecho internacional, el vicepresidente del país latinoamericano fue encarcelado. Según la Corte Suprema de Justicia, el segundo del gobierno cometió presuntamente el delito de crimen organizado y asociación ilegal en el escándalo Odebrecht en Ecuador.

El caso del vicepresidente tiene todo para ser considerado como una persecución política liderada por Lenín Moreno, actual presidente del país y opositor al ex presidente, Rafael Correa. Glas, hombre fuerte de la línea política del correismo, fue el primer hombre en el país en advertir públicamente que el presidente de la república estaba entregando el control de las compañías eléctricas del Estado a una de las familias más corruptas de Ecuador, los Bucaram. El 2 de agosto de 2017, él denuncia formalmente las irregularidades en la gestión presidencial que producen reacciones dentro del gobierno, el sistema judicial y los medios de comunicación. En respuesta, Glas es acusado por estos sectores de crimen organizado y asociación ilícita sin evidencia alguna. Por otro lado, y sin que la constitución le otorgue el poder, Moreno releva de sus funciones al vicepresidente dos días después mediante un decreto de ley. El presidente viola así la carta magna ecuatoriana.

El sistema judicial abre una investigación llena de irregularidades en su contra. La Corte Suprema de Justicia lo sentencia a seis años de prisión sobre la base de pruebas falsas. Santos Odebrecht, jefe de la firma Odebrecht en Ecuador y condenado por corrupción, acusa a Glas de recibir sobornos de él sin ningún hecho probado. Está protegido por acuerdo de las fiscalías brasileña y ecuatoriana lo que lo protege de ser interrogado por la defensa del vicepresidente. Más de 70 personas testificaron en el caso de Jorge Glas, pero ninguno de ellos afirmó tener vínculos directos o indirectos con él. Entonces, surge una pregunta, ¿cómo puede haber una asociación ilegal en este caso si los miembros de la asociación no se conocen entre sí?

La apariencia de una llave USB es también una de las pruebas utilizadas contra Glas. No obstante, el experto forense responsable de analizar esta prueba de convicción dice que no es una fuente confiable y que no posee ningún documento relacionado con Odebrecht; la persona que introdujo como prueba el elemento informático dijo haber tirado la computadora que contenía las informaciones encontradas en esta última. El experto forense es por consiguiente sancionado por el tribunal. Aún más sorprendente es el hecho de que los peritos judiciales fueron tomados como testigos por el fiscal Baca encargado de investigar y acusar a Jorge Glas. No se permitió a la defensa cuestionar los procedimientos de las autoridades fiscales, así como los de los jueces del Tribunal Penal de la Corte Nacional. Las apelaciones se interpusieron, pero todas fueron rechazadas. Debe recordarse que el fiscal Baca también está bajo investigación judicial por malversación de fondos. Actualmente, los tribunales están preparando otro cargo más contra Glas por robo, lo que podría condenarlo a 41 años de prisión.

Los ecuatorianos son así maltratados por la justicia nacional, completamente bajo el control del presidente quien es apoyado por los medios de comunicación, también bajo la tutela que los incita a falsificar la información para servir al presidente de la república. De tal forma, el pueblo choca con un modus operandi político orquestado por los Estados Unidos y los círculos sociales más altos de la corrupción latinoamericana. El ejemplo se puede ver en el caso del ex presidente Lula da Silva en Brasil condenado esta semana a 12 años de prisión como parte de una cacería de brujas que ha impulsado a millones de brasileños a tomarse las calles que apoyan a da Silva.

Por su parte, la familia del vicepresidente ecuatoriano también es víctima de espionaje, represión estatal y judicial. Exige que cese esta caza de brujas y también que se haga justicia: Jorge Glas, prisionero político, debe ser liberado de inmediato.

Varias son las sombras que aquí surgen: ¿que busca el actual presidente ecuatoriano quien viviendo del 2013 al 2016 en la capital de los derechos humanos (Ginebra), es el primero en irrespetarlos? ¿A qué intereses responde? ¿Porqué este ex habitante ginebrino de la alta sociedad ecuatoriana busca una consulta popular ilegitima y apropiarse de los poderes judiciales y ejecutivos el 4 de febrero, poniendo así en peligro la democracia en Ecuador? Ecuatorianos, latinoamericanos y muchos más pueblos en el mundo se hacen las mismas preguntas.

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13/01/2018

Louis Ferdinand Céline, bagatelles pour un cochon

celine.jpegMoi je suis un raffiné….authentiquement raffiné …..j’enculagaille la moumouche…beaucoup de vaseline…encore plus de patience…Eléphant encugule fourmi.

De dur dans des durs…j’endure….passion ravageuse dans une jambe de danseuse…Ferdinand te voilà avec un nouveau vice ! Tu veux lutiner les étoiles ? Avec ta tête de satyre. Forcené, raidi, crispé, qu'ils ont écrit tous, dans une très volontaire obstination à créer le scandale verbal... Monsieur Céline nous dégoûte, nous fatigue, sans nous étonner... Un sous-Zola sans essor... Un pauvre imbécile maniaque de la vulgarité gratuite... une grossièreté plate et funèbre... M. Céline est un plagiaire des graffiti d'édicules... rien n'est plus artificiel, plus vain que sa perpétuelle recherche de l'ignoble... même un fou s'en serait lassé... M. Céline n'est même pas fou... Cet hystérique est un malin... Il spécule sur toute la niaiserie, la jobardise des esthètes... factice, tordu au possible son style est un écurement, une perversion, une outrance affligeante et morne. Aucune lueur dans cet égout !... pas la moindre accalmie... la moindre fleurette poétique... Il faut être un snob "tout en bronze" pour résister à deux pages de cette lecture forcenée... Il faut plaindre de tout cœur,….il nous faut parcourir de telles étendues d’ordures.

Ferdinand !... Mais attention ! pas d'ordures ! Tous les prétextes seront valables pour t'éliminer ! Ta presse est détestable... tu es vénal... perfide, faux, puant, retors, vulgaire, sourd et médisant !.

Voilà ce qu’on dirait pour ma pomme ... ce foutu vociférant. Et puis qu'il crève au plus vite!..."Aurez-vous la bonté de me mettre ?... la colonisation de vos fesses, ces enculages infini de mouches, dévorer l’adorable étron, s’en foutre à bite que veux-tu, l’avoir dans le cul, tambouriner ces pauvres merdes, le vermicule tombé du cul, saluer la chute du papier de ces faux étrons, on prend bite ou chandelle dans la douche ? Du beurre au cul,  du myriakilogrammique en chiasse, idolâtrer la merde, crever de trouille dans le fond du froc, avec ces bites surprenantes s’enculer sur votre martyr, avec mille baïonnettes dans le cul, défécatoires, qu’ils aillent tous se faire carrer derrière la murailles, les stercophages.

Tendez vos fesses ! Enculailleur irrésolu poitrineux. 

 "Gardez- vous bien d'acheter un seul livre de ce cochon ! Vous êtes prévenus ! Vous auriez tout à regretter ! Votre argent ! Votre temps !"

Céline se connaissait mieux qu’on le connaît, taraudé par le "inferiority-complex", envieux et jaloux, à en devenir fou. Son texte "Bagatelles pour un massacre" a quelque chose de diarrhéique; de l'écoulement ininterrompu, sans retenue, à l'odeur fétide, un texte qui sort bien de ce qu’il adorait de façon hystérique : le trou du cul.

Il ne nous reste plus qu'à  tirer la chasse d'eau pour quitter cet univers fécal, ouvrir grand les fenêtres et dégager cette puanteur pestilentielle qui vous salit jusqu'au tréfonds de l'âme.

 

"Du ! Dumenkopf ! wirst du nimmer doch Sozial denken ?" 

 

Pour ma part, je suis contre la censure, qu'on nous laisse en toute liberté juger de cette oeuvre immonde "Bagatelles pour un massacre" truffée de fautes d'orthographe et tenter de comprendre comment un écrivain peut tomber si bas. Excusez-moi ! si profond.

 

 

Extraits du texte Bagatelles pour un massacre.

 

 

 

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